Après la défaite de Sarkozy : vers un juin 1936 européen

Par Mis en ligne le 07 mai 2012

ATTAC se réjouit de la défaite de Nicolas Sarkozy, qui pour­rait repré­sen­ter la pre­mière défaite poli­tique en Europe pour les tenants de l’hyperaustérité. Elle sanc­tionne l’arrogance d’un pré­sident au ser­vice d’une oli­gar­chie insa­tiable. Elle exprime la résis­tance popu­laire aux poli­tiques d’austérité, qui s’est mani­fes­tée en France par le grand mou­ve­ment de 2010 contre la réforme des retraites. Elle sus­cite l’espoir des peuples d’Europe du Sud, confron­tés aux ter­ribles ravages des poli­tiques de la « Troïka », Commission euro­péenne, BCE et FMI. Surtout qu’au même moment se des­sine une percée his­to­rique de la gauche de résis­tance aux élec­tions légis­la­tives en Grèce, avec une chute des deux partis de gou­ver­ne­ment qui ont mené aux plans d’austérité et à la débâcle du pays.

Mais si le sou­la­ge­ment est grand, l’espoir est fra­gile. La pres­sion des mar­chés finan­ciers va monter dans les semaines qui viennent pour contraindre François Hollande à rati­fier le Pacte bud­gé­taire imposé par Angela Merkel et Nicolas Sarkozy, avec en guise de « rené­go­cia­tion » quelques vagues décla­ra­tions et mesu­rettes euro­péennes sur la crois­sance. Ce nou­veau traité qui inter­dit les défi­cits publics et impose une aus­té­rité sans limite, dou­blée d’un pro­duc­ti­visme aveugle qui met à mal la nature, le tra­vail et le tra­vailleur, va pour­tant enfon­cer l’Europe dans la dépres­sion.

La social-démo­cra­tie fran­çaise et euro­péenne n’a pas encore pris la mesure des rup­tures néces­saires pour inver­ser la ten­dance. Pourtant les forces pro­gres­sistes n’ont aucun droit à l’erreur. En cas d’échec en France, la droite et l’extrême droite, dont les conver­gences xéno­phobes et auto­ri­taires s’affirment aujourd’hui sans ambigüité, ramas­se­ront la mise de la décep­tion et du déses­poir.

Il y a un moyen, et un seul, pour les citoyens d’empêcher cela : la mobi­li­sa­tion sociale, l’intervention directe dans les affaires de la cité. A l’image de juin 1936, mais dans une dyna­mique d’emblée euro­péenne, nous pou­vons impo­ser nos exi­gences pour répondre aux urgences sociales, éco­lo­giques et démo­cra­tiques mises à mal par les poli­tiques actuelles. Renforçons nos syn­di­cats, nos asso­cia­tions, nos partis pro­gres­sistes ; occu­pons les places, les espaces publics ; impo­sons un débat démo­cra­tique sur les poli­tiques éco­no­miques et sociales, en par­ti­cu­lier au plan euro­péen, avec un réfé­ren­dum sur le Pacte bud­gé­taire. Les 18 et 19 mai nous serons des dizaines de mil­liers à Francfort, à l’appel des mou­ve­ments sociaux alle­mands, pour dire à la Banque cen­trale euro­péenne : stop à l’austérité, oui à la soli­da­rité !

Attac France (Association pour la Taxation des Transactions finan­cière et l’Aide aux Citoyens)

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