Appel de Gaza pour une riposte mondiale face aux assassinats des membres de la Flottille de la liberté

Mis en ligne le 03 juin 2010

mardi 1er juin 2010

Nous, la société civile pales­ti­nienne de Gaza et des mili­tants des orga­ni­sa­tions inter­na­tio­nales, fai­sons un appel à la com­mu­nauté inter­na­tio­nale et à la société civile pour faire pres­sion sur leurs gou­ver­ne­ments et sur Israël pour faire cesser les enlè­ve­ments et les attaques israé­liennes contre la Flottille de la liberté pour Gaza.

Nous lan­çons aussi cet appel pour ini­tier une réponse mon­diale visant à tenir Israël res­pon­sable de l’assassinat des civils étran­gers en haute mer et de pira­te­rie illé­gale contre des navires civils trans­por­tant de l’aide huma­ni­taire pour Gaza.

Nous saluons le cou­rage de tous ceux qui ont orga­nisé cette aide et nous deman­dons le pas­sage en toute sécu­rité vers la bande de Gaza pour les 750 per­sonnes cou­ra­geuses de 40 pays dif­fé­rents dont 35 poli­ti­ciens inter­na­tio­naux qui visaient à briser le blocus israélo-égyp­tien. Nous offrons nos plus sin­cères condo­léances aux familles et aux amis qui ont perdu des êtres chers dans l’attaque.

En navi­guant direc­te­ment vers Gaza, en dehors des eaux israé­liennes, avec une car­gai­son inter­dit par Israël, telles que les 10.000 tonnes de jouets, de cahiers, de cho­co­lat, de pâtes ali­men­taires et de four­ni­tures médi­cales impor­tantes, la flot­tille exerce un droit inter­na­tio­nal dans le res­pect de l’article 33 de la Convention de Genève qui sti­pule clai­re­ment que la puni­tion col­lec­tive est un crime contre l’humanité.

La dureté de la fer­me­ture par Israël de la bande de Gaza a été bien docu­men­tée par tous les groupes huma­ni­taires et plus récem­ment par Amnesty International dans leur rap­port annuel sur les droits humains, rap­port qui concluait que le siège a « aggravé la crise huma­ni­taire en cours. Le chô­mage de masse, l’extrême pau­vreté, l’insécurité ali­men­taire et hausse des prix ali­men­taires cau­sées par des pénu­ries laissent les quatre cin­quièmes des habi­tants de Gaza dépendre de l’aide huma­ni­taire. »

Le champ d’application du blocus et les décla­ra­tions faites par des res­pon­sables israé­liens ont montré qu’il était imposé comme une forme de puni­tion col­lec­tive aux habi­tants de Gaza, une vio­la­tion fla­grante du droit inter­na­tio­nal. « L’Organisation des Nations Unies a indi­qué à plu­sieurs reprises que seule­ment une frac­tion de l’aide néces­saire entre dans la bande en raison de ce qu’elle appelle le siège médié­val, et John Ging, le direc­teur de l’UNRWA, a affirmé ouver­te­ment la néces­sité que la Flottille par­vienne à entrer dans la bande de Gaza. La nou­velle ministre des Affaires étran­gères de l’Union euro­péenne, Catherine Ashton, a sim­ple­ment réitéré son appel pour l’ouverture immé­diate, sou­te­nue et incon­di­tion­nelle des points de pas­sage pour per­mettre le flux de l’aide huma­ni­taire, des mar­chan­dises com­mer­ciales et des per­sonnes à des­ti­na­tion et en pro­ve­nance de Gaza.

La popu­la­tion de Gaza n’est pas formée de per­sonnes dépen­dantes, mais l’autosuffisance des per­sonnes font ce qu’elles peuvent main­te­nir une cer­taine dignité dans la vie, à la suite de cette dévas­ta­tion colos­sale qui les prive tant des pre­mières néces­si­tés de la vie que de leurs aspi­ra­tions mini­males pour l’avenir.

Nous, de Gaza, vous appe­lons à mani­fes­ter et à sou­te­nir les hommes et femmes de cou­rage de la flot­tille dont plu­sieurs ont été assas­si­nés durant leur mis­sion d’aide huma­ni­taire. Nous insis­tons sur la rup­ture des rela­tions diplo­ma­tiques avec Israël, les procès pour crimes de guerre et la pro­tec­tion inter­na­tio­nale des civils de Gaza. Nous vous deman­dons de vous joindre au boy­cott inter­na­tio­nal crois­sant, de dés­in­ves­tis­se­ment et de sanc­tions face à un pays qui prouve encore une vio­lence incon­tes­tée. Nous vous appe­lons à joindre la masse de plus en plus cri­tique du monde entier dans l’engagement pour que les Palestiniens aient les mêmes droits que tout autre peuple, pour que le siège soit levé, pour que l’occupation prenne fin et que les 6 mil­lions de réfu­giés pales­ti­niens aient fina­le­ment jus­tice.

(Traduction PTAG)

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