Discours de Françoise David

Appel à propos des élections fédérales

Par Mis en ligne le 02 avril 2011

Je veux vous dire un mot sim­ple­ment sur un enjeu qui nous confronte tout de suite, ici et main­te­nant. Il s’adonne que notre congrès, ce n’était pas fran­che­ment prévu, se tient en même temps que sont déclen­chées des élec­tions fédé­rales. Et cela nous touche, ne l’oublions pas.

Je veux lancer ici, solen­nel­le­ment un appel, à nos conci­toyennes, à nos conci­toyens du Québec pour que l’on indique ceci aux Conservateurs de Stephen Harper. Il n’y a pas de place ici pour un parti dont les orien­ta­tions vont tota­le­ment à l’encontre de valeurs lar­ge­ment par­ta­gées par la col­lec­ti­vité qué­bé­coise. (Applaudissements).

Ces valeurs là ne sont pas seule­ment celles de Québec soli­daire. Je suis convaincu qu’elles sont par­ta­gées très lar­ge­ment – la jus­tice sociale, l’égalité entre les femmes et les hommes, le déve­lop­pe­ment d’un Québec vert, le res­pect des droits humains fon­da­men­taux, la soli­da­rité inter­na­tio­nale, la démo­cra­tie, la défense de la culture et de la langue fran­çaise.

Ce gou­ver­ne­ment, le gou­ver­ne­ment Harper tout mino­ri­taire qu’il ait été, est allé beau­coup plus loin que ces pré­dé­ces­seurs en met­tant en oeuvre des poli­tiques de droite ins­pi­rés direc­te­ment par les Républicains et le Tea Party des États-Unis d’Amérique. Nous sommes devant une droite dure, impi­toyable aux plans poli­tique, éco­no­mique, social et moral. Quelques exemples. Ça va être impor­tant de s’en rap­pe­ler pour aller parler avec les gens. On a cette année le plus gros budget jamais adopté au niveau de la défense natio­nale 20 mil­liards de dol­lars dont une partie vient de nos impôts ici au Québec. Alors qu’au Québec, nous n’avons pas décidé d’aller en Afghanistan, on a encore moins décidé que nous vou­lions pro­té­ger la mis­sion en Afghanistan. Deuxièmement, c’est le gou­ver­ne­ment de l’obsession sécu­ri­taire, et au nom de cela, ce gou­ver­ne­ment ne res­pecte même pas les droits humains fon­da­ments de ce qu’il appelle les pré­su­més ter­ro­ristes qui sous le coup des cer­ti­fi­cats de sécu­rité. Emprisonnement sans procès. Ils n’ont pas de défense pleine et entière de la part de leurs avo­cats. Les gens ne savent même pas de quoi ils sont accu­sés. Leurs avo­cats non plus. C’est ce gou­ver­ne­ment qui fait ça. Fermeture rigide et inhu­maine de l’accueil des réfu­giés. Le Canada est main­te­nant est un des pays au monde qui pro­por­tion­nel­le­ment à sa richesse accueille le moins de réfu­giés dans le monde.

Refus obs­ti­nés du Canada, du gou­ver­ne­ment Harper, de rem­plir nos obli­ga­tions natio­nales et inter­na­tio­nales en matière d’environnement alors que les signaux d’alarme se mul­ti­plient sur la pla­nète en matière de chan­ge­ment cli­ma­tique et cela a des impacts impor­tants non seule­ment sur la nature mais sur les êtres humains.

Ce gou­ver­ne­ment nie aussi les droits des femmes. On sait très bien qu’il s’est orga­nisé pour qu’un projet de loi privé se rende jusqu’en troi­sième lec­ture. On est quelques uns et quelques unes à avoir eu chaud. Finalement ce n’est pas passé. C’était un projet de loi qui visait à nous faire recu­ler de façon impor­tante en matière d’avortement. Attention, ça pour­rait reve­nir. Vous savez aussi que ce gou­ver­ne­ment qui dit vou­loir aider les mères et les enfants dans les pays du tiers-monde refuse de sou­te­nir des orga­nismes qui font la pro­mo­tion de la contra­cep­tion et de l’avortement. Ce gou­ver­ne­ment opère des coupes sévères dans les groupes de femmes et je vous dis aujourd’hui que la Fédération des femmes du Québec est en danger finan­cier.

Ce gou­ver­ne­ment cri­mi­na­lise les jeunes délin­quants. Or au Québec, nous avons choisi depuis long­temps de les réha­bi­li­ter. Ce gou­ver­ne­ment construit des pri­sons alors qu’il y a moins de cri­mi­na­lité au Canada et que cet argent ser­vi­rait de façon inté­res­sante à construire des loge­ments sociaux pour tout le monde et en par­ti­cu­lier pour les peuples autoch­tones vivant dans des réserves dans des condi­tions inac­cep­tables. (Applaudissements) Ce gou­ver­ne­ment a fait des coupes épou­van­tables dans la culture et ces coupes fait mal aux artistes par­ti­cu­liè­re­ment à celles et ceux de la relève. Je n’ai aucune hési­ta­tion à dire que l’on est devant un gou­ver­ne­ment d’ignorants. (Applaudissements)

Finalement, ce gou­ver­ne­ment mino­ri­taire a-t-il été a opéré com­bien de fois des dénis de démo­cra­tie. Rappelez-vous à ce qui est arrivé à l’organisme dont le nom est jus­te­ment Droits et démo­cra­tie. C’est un gou­ver­ne­ment qui raconte des men­songes au par­le­ment et qui opère un manque absolu de trans­pa­rence. À l’heure où le Québec tout entier s’inquiète et réclame de ses poli­ti­ciens une éthique exem­plaire, nous ne pou­vons tolé­rer un gou­ver­ne­ment conser­va­teur qui même mino­ri­taire se com­porte en auto­crate. Il faut alors se deman­der qu’est-ce qui arri­ve­rait s’il deve­nait majo­ri­taire.

Mon appel s’adresse non seule­ment aux membres de Québec soli­daire mais à toutes les élec­trices et à tous les élec­teurs du Québec. Franchement, on ne peut pas, on ne doit pas Voter conser­va­teur. (Applaudissements)

Vous savez, les gens le savent, d’autres choix sont pos­sibles. Il y a d’autres partis. Il y a d’autres can­di­dates et can­di­dats. Dans cer­tains cas des can­di­dats pro­gres­sistes, pré­oc­cu­pés des droits des femmes et des mino­ri­tés, de même que de l’environnement, des can­di­da­tures proches des besoins et des pré­oc­cu­pa­tions des gens, dans les villes, dans les régions, par­tout. Des can­di­da­tures qui font avan­cer le Québec, qui s’opposent aux délires guer­riers des Conservateurs et sou­tiennent la soli­da­rité entre les peuples. Voilà le seul choix pos­sible et c’est le choix de Québec soli­daire. (Applaudissements)

Vous avez donc com­pris mes amis que l’on a du tra­vail à faire durant cette cam­pagne élec­to­rale fédé­rale. Ne serait-ce que par­tout où l’on se trouve d’aller parler avec les gens d’expliquer ce que je viens d’expliquer. On a par­fois la mémoire courte. On a oublié des petits bouts de la gou­ver­nance de ce gou­ver­ne­ment et il faut le rap­pe­ler. Non aux Conservateurs. Il n’y a d’autres choix pos­sibles. Faites vos choix mais pas celui là.

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