Alliances électorales avec le PQ, pas question !

C’est un membre que QS très en colère qui vous écrit sur le coup de la nouvelle. Le ton de ma lettre est fort peu aimable mais il est à la mesure de ma colère. Je suis tellement déçu d’apprendre ce matin que QS considère, même très timidement, la possibilité d’une alliance tacite ou ouverte avec le PQ afin de battre Charest et/ou de gagner quelques sièges de plus à l’assemblée nationale.

Cela fait depuis 1975, donc un an avant l’élection du PQ, que je suis syndicaliste, socialiste et indépendantiste et ça fait 37 ans que je me fais servir la même soupe par les péquistes : « hors du PQ point de salut, les souverainistes sincères ne peuvent envisager de former un autre parti politique tant et aussi longtemps que le Québec n’est pas un pays car toute division des votes est inadmissible et fait reculer la souveraineté ». Trente sept ans c’est long avec la même soupe indigeste qui a servi à noyer tous les projets d’organisation ouvrière et populaire indépendantiste, souverainiste socialiste de toute teinte. C’est d’autant plus long qu’au fil de ces 37 ans le PQ a eu le temps de devenir un véritable parti néolibéral totalement dévoué aux politiques de libre échange et la souveraineté péquiste a perdu toute saveur sociale pour s’auto-limiter à la défense de la langue. On peut tout perdre aux mains des politiques néolibérales en autant que c’est en français qu’on recule… Pas très motivant comme politique.

QS est, de par sa formation, son existence, l’expression qu’autre chose est nécessaire, qu’une autre façon de faire de la politique est nécessaire, qu’un autre programme est nécessaire,et, l’idée de faire une alliance, ou même donner l’impression qu’on serait peut-être prêts à en faire une traduit un manque de vision de ce que ça veut faire de la politique autrement.

La Châtelaine de l’Ïle Perrot (Marois) est aux abois. Elle a choisi ouvertement et en toute connaissance de cause d’envoyer un message clair au monde patronal de droite en s’associant à la lie du néolibéralisme soit le tandem Labaume-PKP pour le crisse d’auditorium construit à nos frais et au profit de PKP. La Castafiore était même prête à perdre 5 députés piliers de son parti pour envoyer son message clair au monde des affaires et à la droite en général : dorénavant, on est en business au PQ….l’influence des groupes populaires et syndicaux au PQ c’est chose du passé…

Même pour un parti habitué à avaler des couleuvres, celle-là a très mal passé et depuis, la Reine du PQ ne cesse de voir son étoile pâlir. Du coup, comme par magie, elle s’accommode de rumeurs de possibilités d’alliance avec QS. Tiens donc…quel hasard ! La même Marois qui a écrasé sans état d’äme le Club politique des syndicalistes (Laviolette et Pierre Dubuc), dans la plus pure tradition de défense de « l’unité du parti », se trouve, spontanément, de l’ouverture, elle se fait soudainement rassembleuse…. Non mais vous fumez quoi au juste chers camarades pour mordre à une si grossière manoeuvre ?

Car dites-vous bien qu’il ne s’agit que d’une manoeuvre circonstancielle, Qs sera flushé encore plus vite que le club de Laviolette lorsque la crise interne sera passée. Quiconque entretien l’illusion que le PQ renonce à ses « droits de propriétés exclusifs sur la souveraineté » a besoin d’une douche froide…. La rumeur ne vivra pas au delà des aléas des luttes internes au PQ et, chers camarades, vous vous laissez devenir de vulgaires pions dans ce jeu interne au PQ et aux échecs, des pions c’est fait pour être sacrifiés pour sauver la reine, un point c’est tout.

Qs ne peut que perdre sa légitimité à laisser flotter de telles rumeurs car si le PQ est fréquentable alors pourquoi voter QS après tout ?

Personne n’a donc pris de notes lorsque les conservateurs ont profité du projet d’alliance des libéraux avec le NPD sous l’oeil consentant du Bloc pour s’affirmer comme les seuls « leaders ayant des principes » ?

Plus grave à mons sens est le fait que cela traduit un manque de compréhension du fait que l’électorat en a ras le bol des politiciens qui virent de bord, et/ou qui ajustent leur discours au gré du vent. On vient de perdre une crisse de belle occasion de dire qu’on est au dessus de toute cette petitesse opportuniste.

Vraiment, le parti ne se construira jamais de cette façon, ceux et celles qui entretiennent l’espoir de raccourcis viennent de se rallonger la route…. car il y a un prix à payer surtout pour les progressistes dans ces jeux maladroits.

Jean-Pierre Daubois

À titre d’information, et en précisant que mon opinion n’engage que moi et non mon organisation, je vous précise que je suis Conseiller syndical à la Fédération de la santé et des services sociaux de la CSN.