Afrique du Sud : des transports pour remédier au déséquilibre spatial et urbain

Mis en ligne le 07 juin 2010

L’apartheid en sépa­rant les races a ins­crit dans la géo­gra­phie urbaine sud-afri­caine des dés­équi­libres si forts qu’il faudra du temps et une volonté poli­tique réelle pour rec­ti­fier ce mor­cel­le­ment arbi­traire.

Les trans­ports ont été un des sec­teurs où le gou­ver­ne­ment a beau­coup investi pour la Coupe du monde, pas seule­ment pour trans­por­ter les tou­ristes du moment, mais parce que ces infra­struc­tures vont être un réel apport pour aider la popu­la­tion a mieux vivre

L’apartheid a imposé à la popu­la­tion non-blanche de vivre à la péri­phé­rie des villes dans d’immenses villes-dor­toirs. Les emplois étaient dans la ville blanche et chaque jour pour se rendre au tra­vail, l’habitant d’une town­ship devait par­cou­rir des dizaines de kilo­mètres dans des trans­ports incon­for­tables et trop chers.

Le boy­cott des trans­ports était une arme sub­tile et très effi­cace contre le régime quand les tra­vailleurs déci­daient d’aller à pied au tra­vail. En repré­sailles, le régime a laissé le sys­tème des trans­ports se dégra­der com­plè­te­ment. À la place des bus, les taxis col­lec­tifs se sont vite impo­sés comme moyens de trans­port, cer­tains chauf­feurs noirs n’hésitant pas à « fidé­li­ser » la clien­tèle par la force et à sup­pri­mer phy­si­que­ment le rival. La guerre des taxis a fourni son lot de vic­times à un sys­tème absurde.

Les énormes dif­fé­rences entre villes blanches offrant aux habi­tants toutes les infra­struc­tures néces­saires, écoles, stades, com­merces et town­ships dépour­vues de la moindre com­mo­dité n’ont pas dis­paru avec la démo­cra­tie.

L’afflux d’une popu­la­tion rurale atti­rée par le mirage de la ville a encore aug­menté la popu­la­tion vivant dans des baraques de for­tune autour des town­ships, et, dans le même temps, quelques niches de crois­sance dans les sec­teurs des ser­vices ont amé­lioré la vie des Blancs, ren­for­çant encore plus les inéga­li­tés.

Remodeler la géo­gra­phie urbaine léguée par l’apartheid est une tâche tita­nesque, mais une poli­tique qui aurait pour objec­tif l’amélioration des trans­ports pour accroître la mobi­lité de la popu­la­tion vers les emplois, les écoles, les ser­vices sociaux seraient un pas vers la réduc­tion du cli­vage social et spa­tial.

Pour la Coupe du monde des efforts consi­dé­rables ont été faits pour accueillir les visi­teurs avec la construc­tion de nou­veaux aéro­ports et du fameux train Gautrain qui doit relier l’aéroport OR Tambo au quar­tier d’affaires de Sandton à Johannesburg et à Pretoria.

La nou­velle ligne de bus rapides inter­ur­bains, le nou­veau règle­ment pour les taxis pour éli­mi­ner les véhi­cules dan­ge­reux devraient amé­lio­rer la vie des habi­tants des town­ships. La Coupe du monde va durer un mois, les infra­struc­tures rou­tières, beau­coup plus long­temps pour les Sud-afri­cains.

Plus d’informations : cosatu media moni­tor

Publié le samedi 22 mai 2010

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