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Notes de lecture
Pierre Dardot et Christian Laval, L’ombre d’Octobre. La Révolution russe et le spectre des soviets, Montréal, Lux, 2017
vendredi 12 avril 2019
No. 20 – Automne 2018

Dans leur der­nier ouvrage, Dardot et Laval nous convient à dis­si­per l’ombre que fut la révo­lu­tion russe ainsi que l’ombre qu’elle a pro­duite depuis. Pour les auteurs, l’expérience d’Octobre et ses suites his­to­riques à gauche (notam­ment par l’intermédiaire des partis com­mu­nistes) ont conduit à occul­ter d’autres révo­lu­tions, comme la révo­lu­tion mexi­caine de 1910 et la révo­lu­tion espa­gnole de 1936, et ont conduit à limi­ter les manières de penser les com­mu­nismes. À cause de l’ombre de 1917, autant la sphère des idées et du débat poli­tique que celle des pra­tiques poli­tiques se sont res­treintes à cer­taines pos­si­bi­li­tés et cer­taines direc­tions qui ne sont, en fin de compte, que des hori­zons dépas­sables.

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Penser le néolibéralisme, par Christian Laval
mercredi 11 juillet 2012
Recension / Notes de lecture

Stéphane Haber publie dans la 4e livrai­son de la RdL un « Point sur » inti­tulé « Analyser le néo­li­bé­ra­lisme aujourd’hui« , dans lequel il pro­pose un tableau cri­tique des études et débats en cours sur le néo­li­bé­ra­lisme depuis main­te­nant une ving­taine d’années. C’est l’occasion de relire l’article publié en novembre 2007 par Christian Laval dans La Revue inter­na­tio­nale des livres et des idées n° 2 à propos de Les Habits neufs de la poli­tique mon­diale de Wendy Brown et de Néo-libé­ra­lisme ver­sion fran­çaise de François Denord.

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Éducation supérieure - Culture, marchandise et résiatance
Le devenir total de capital : l’université comme lieu d’accumulation du capital humai
Chantiers théoriques
dimanche 9 février 2020
No. 8 - Automne 2012

Ainsi donc, cama­rades, si nous vou­lons remé­dier à la pénu­rie d’hommes et obte­nir que notre pays dis­pose de cadres suf­fi­sants, capables de faire pro­gres­ser la tech­nique et la mettre en action, nous devons savoir avant tout appré­cier les hommes, appré­cier les cadres, appré­cier chaque tra­vailleur pou­vant être utile

à l’œuvre com­mune. Il faut enfin com­prendre que de tous les capi­taux pré­cieux dans le monde, le plus pré­cieux et le plus déci­sif ce sont les hommes, les cadres.

Il faut com­prendre que dans les condi­tions actuelles, « les cadres décident de tout ».

Joseph Staline, L’homme, le capi­tal le plus pré­cieux, 1935.

Ce texte vise à ana­ly­ser les trans­for­ma­tions qui s’opèrent au sein des ins­ti­tu­tions uni­ver­si­taires dans le contexte de la crise struc­tu­relle dans laquelle le capi­ta­lisme est plongé depuis plus d’une qua­ran­taine d’années. Cette crise s’ins- crit au cœur même d’une des contra­dic­tions cen­trales du capi­ta­lisme qui repose sur le fait qu’en même temps que le Capital a besoin du tra­vail vivant pour se valo­ri­ser, la dyna­mique d’accumulation néces­site de rem­pla­cer le tra­vail humain par des machines. Dans ce texte, nous mon­tre­rons com­ment le Capital cherche à dépas­ser cette contra­dic­tion en modi­fiant la nature du savoir, de la connais­sance et de l’être humain, pour en faire un inves­tis­se­ment pro­duc­tif dont la ren­ta­bi­lité serait mesu­rable.

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Éducation supérieure - Culture, marchandise et résiatance
L’augmentation de l’accessibilité à l’enseignement supérieur au Québec : une démocratisation (trop) tranquille
Chantiers théoriques
vendredi 7 février 2020
No. 8 - Automne 2012, Numéros des NCS

Au cours de la mobi­li­sa­tion étu­diante contre l’augmentation des droits de sco­la­rité qui a débuté à l’hiver 2012, nom­breuses ont été les inter­ven­tions dénon­çant l’impact de cette déci­sion du gou­ver­ne­ment du Québec sur l’accessi- bilité à l’enseignement supé­rieur. Le coût des études uni­ver­si­taires – et l’endette- ment qui s’en suit – peuvent en effet décou­ra­ger plus d’un jeune à s’engager dans de longues études. Le gou­ver­ne­ment libé­ral et plu­sieurs rec­teurs répli­quaient en arguant d’un besoin de finan­ce­ment pour assu­rer la qua­lité des uni­ver­si­tés qué­bé­coises et deman­daient éga­le­ment une trans­for­ma­tion du régime de prêts et bourses en faveur des étu­diantes les moins favo­ri­sées.

À l’occasion de ces dis­cus­sions fon­da­men­tales sur le droit à l’éducation et sur son finan­ce­ment, un élé­ment semble pour­tant avoir été quelque peu exclu du débat. Sans doute parce qu’il s’agissait avant tout de défendre le statu quo, c’est- à-dire le gel des droits de sco­la­rité (bien que plu­sieurs reven­di­quaient la gra­tuité), on a peu cri­ti­qué l’état actuel de l’accessibilité à l’université. En d’autres mots, dans la lutte légi­time contre l’augmentation des droits de sco­la­rité et des frais d’inscription et en faveur de l’égalité des chances, on a peut-être trop sou­vent oublié de rap­pe­ler que, au cours des der­nières décen­nies, l’augmentation de l’ac- ces­si­bi­lité à l’enseignement supé­rieur au Québec n’a pas eu pour corol­laire une réduc­tion aussi remar­quable des inéga­li­tés sco­laires, ni des inéga­li­tés sociales. Dans cet article, après avoir rap­pelé la dis­tinc­tion entre acces­si­bi­lité et démo­cra­ti­sa­tion, nous obser­ve­rons l’évolution des inéga­li­tés sco­laires liées au genre, à la langue et aux ori­gines sociales. La per­sis­tance de cer­taines formes d’inégalités d’accès nous fait conclure à une démo­cra­ti­sa­tion un peu trop tran­quille de l’enseignement supé­rieur qué­bé­cois, notam­ment des uni­ver­si­tés. Ce constat nous per­met­tra d’avancer cer­taines pistes d’action visant à favo­ri­ser l’égalité des chances tout en inter­ro­geant les liens entre inéga­li­tés sco­laires et sociales.

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Éducation supérieure - Culture, marchandise et résiatance
Grève et tensions dans les universités et les cégeps
Introduction
lundi 3 février 2020
No. 8 - Automne 2012

La pré­pa­ra­tion de ce numéro des Nouveaux Cahiers du socia­lisme (NCS) s’est faite dans un contexte par­ti­cu­lier. Le thème du dos­sier s’est imposé au sein du col­lec­tif à l’été 2011, donc près d’une demi-année avant le déclenche- ment de ce qui devien­dra la plus longue et la plus impor­tante grève étu­diante du Québec. Mais il y a là bien loin du hasard. Le plan d’action des orga­ni­sa­tions étu­diantes, celui de l’Association pour une soli­da­rité syn­di­cale étu­diante (ASSÉ) prin­ci­pa­le­ment, com­pre­nait la pos­si­bi­lité de grève, et l’escalade des moyens de pres­sion sui­vait son cours. Sans une volte-face du gou­ver­ne­ment annu­lant la hausse annon­cée de 75 % des frais de sco­la­rité, l’organisation et la mobi­lisa- tion vers la grève la ren­daient très pro­bable. Il appa­rais­sait alors essen­tiel qu’un numéro des NCS aborde la ques­tion de l’enseignement supé­rieur. Or, les délais de pro­duc­tion d’un tel numéro ne sont pas en phase avec la tem­po­ra­lité de la lutte de sorte que l’essentiel du numéro fut pré­paré pen­dant la grève elle-même, sans que les auteures en connaissent l’issue. Plus encore, cette intro­duc­tion a été rédi­gée alors que l’inique loi spé­ciale (loi 12 issue du projet de loi 78) venait tout juste d’être adop­tée. Ainsi, les textes ici réunis ne sont pas le résul­tat de la grève. Nous avons tou­te­fois pu saisir, à défaut d’une ana­lyse appro­fon­die de cette lutte sociale, plu­sieurs rai­son­ne­ments, pen­sées et thèses qui étaient, en amont, pré­sents dans l’air du temps au moment où la grève fut orga­ni­sée et déclen­chée. À ce titre, on compte parmi les contri­bu­teurs plu­sieurs auteurs qui avaient, durant la saison pré­cé­dant la grève, lancé des ouvrages direc­te­ment per­ti­nents au sou­lève- ment étu­diant.[1] D’autres avaient publié, dans les mois et années anté­rieures, divers docu­ments de recherche d’une impor­tance immé­diate pour la lutte étu­diante[2].

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Démocratie, entre dérives et recomposition
Après le communisme : le commun et la commune
Résistances
lundi 20 janvier 2020
No. 17 - Hiver 2017

Le commun, sujet de l’heure pour une cer­taine gauche, n’est ni une idée nou­velle, ni quelque chose de pure­ment théo­rique. Au Québec, il suffit de penser à l’exemple des CLSC qui sont aujourd’hui en train de dis­pa­raître sous le coup des coupes bud­gé­taires, mais aussi et sur­tout en raison des réor­ga­ni­sa­tions du sys­tème de santé. Avant d’être inté­grées aux ins­ti­tu­tions publiques, les cli­niques popu­laires sont nées d’initiatives locales à la fois de mili­tantes et de mili­tants et de per­sonnes rési­dentes des quar­tiers ; elles ont été construites sur la base des prin­cipes d’autonomie et de démo­cra­tie, favo­ri­sant l’écoute des besoins des usa­gères et des usa­gers. Au fil du temps, mais par­ti­cu­liè­re­ment depuis l’acharnement « aus­té­ri­taire » du gou­ver­ne­ment Couillard, les CLSC sont peu à peu évidés de ce qui les fai­sait appa­raître comme un exemple qué­bé­cois de ce que Pierre Dardot et Christian Laval appellent les com­muns.

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Démocratie, entre dérives et recomposition
De l’institution au conflit : démocratie et pensée émancipatrice
Histoire et théorie

Au début du XXe siècle, la pensée qui s’intéresse à la trans­for­ma­tion sociale dans le but de l’émancipation – selon divers noms et formes et que je regroupe ici sous le terme « pensée éman­ci­pa­trice » – s’est beau­coup concen­trée sur les ques­tions entou­rant le pro­ces­sus révo­lu­tion­naire. Quel est le sujet de la révo­lu­tion ? Comment cette révo­lu­tion devra-t-elle se faire ? Faut-il opter pour la révo­lu­tion ou pour la réforme ?

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Démocratie, entre dérives et recomposition
Introduction au dossier

Démocratie : demos et kratos

La démo­cra­tie est une vieille idée qui s’est déve­lop­pée à tra­vers les luttes et les résis­tances des peuples. L’étymologie du mot (demos : peuple et kratos : pou­voir) réfère à la cité grecque, à l’agora des citoyens (sans les femmes et sans les esclaves, qui sont la majo­rité des habi­tants), où les déci­sions sont prises sur les prio­ri­tés et l’allocation des rôles et des res­pon­sa­bi­li­tés par tout un chacun. Mais l’expérience démo­cra­tique dépasse de loin le péri­mètre athé­nien. Elle découle éga­le­ment de peuples et de com­mu­nau­tés qui s’inventent des pro­ces­sus et des struc­tures par­ti­ci­pa­tives, par­fois même sans État ni struc­ture impo­sée sur et au-dessus de la société[1].

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PENSER LA GRANDE TRANSITION
Le modèle DEBOUT ! – Esquisse d’une nouvelle organisation politique
Demain et aujourd’hui, la société postcapitaliste
mercredi 11 décembre 2019
No. 21 - Hiver 2019

Dans un contexte que carac­té­rise la recon­fi­gu­ra­tion du pay­sage poli­tique qué­bé­cois, la gauche doit entre­prendre une réflexion fon­da­men­tale, non seule­ment sur ses orien­ta­tions, son dis­cours et ses tac­tiques élec­to­rales, mais sur sa forme orga­ni­sa­tion­nelle elle-même. Le pré­sent texte ne vise pas ici à cri­ti­quer Québec soli­daire (QS), ni à pro­po­ser la créa­tion d’un nou­veau parti qui le rem­pla­ce­rait, mais à esquis­ser les contours d’une nou­velle orga­ni­sa­tion poli­tique d’un genre inédit. La gauche s’est sou­vent empê­trée dans des débats oppo­sant, d’un côté, les mou­ve­ments sociaux auto­nomes, groupes popu­laires, syn­di­cats, comi­tés citoyens, coa­li­tions de la société civile, puis, de l’autre, un parti de gauche chargé de faire conver­ger les reven­di­ca­tions sociales grâce à un projet poli­tique commun de trans­for­ma­tion des ins­ti­tu­tions. Cette ten­sion entre parti et mou­ve­ments, pre­nant par­fois la forme d’un cli­vage rigide, par­fois celle d’une rela­tion dia­lec­tique com­plexe, contri­bue à lais­ser à la forme parti un carac­tère immuable et indé­pas­sable.

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PENSER LA GRANDE TRANSITION
Le commun dans la ville – Pouvoir citoyen à Pointe-Saint-Charles
Demain et aujourd’hui, la société postcapitaliste
jeudi 5 décembre 2019
No. 21 - Hiver 2019

Avec d’autres cher­cheuses et cher­cheurs enga­gés, je lutte pour rompre avec une concep­tion uni­ver­sa­liste du monde et opérer une tran­si­tion vers un vivre-ensemble « centré sur le plu­ri­vers consti­tué d’une mul­ti­pli­cité de mondes enche­vê­trés et co-consti­tu­tifs, mais dis­tincts[2] ». Dans le sillon de Dardot et Laval[3], je com­prends la révo­lu­tion comme un moment d’accélération, d’intensification et de col­lec­ti­vi­sa­tion d’une acti­vité auto­nome et auto-orga­ni­sée dans toutes les sphères de la vie éco­no­mique, sociale, poli­tique ou cultu­relle. Avec eux, je crois que le prin­cipe du commun est au cœur de ce projet révo­lu­tion­naire.

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