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INFOLETTRE des NCS

8 mars 2021
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WomenOnWeb

Luttes féministes, luttes solidaires

Chantal Ide[1]

Alors qu’on célèbre la Journée internationale des droits des femmes, force est de constater qu’il y a encore un grand nombre de luttes à mener pour arriver à l’égalité de fait entre les femmes et les hommes. Le droit et l’accès à l’avortement libre et sécuritaire sont l’une de ces luttes phares et se sont retrouvés dans l’actualité dans les derniers mois. Le 30 décembre 2020, au terme d’une lutte exemplaire menée sur trois générations, les femmes argentines ont enfin gagné ce droit fondamental. Cette victoire est très symbolique pour l’Amérique latine, souvent aux prises avec un pouvoir religieux omniprésent. Le Chili a d’ailleurs lui aussi entamé une réflexion sur la dépénalisation de l’avortement.

Ces luttes sont essentielles pour le bien-être de nombreuses femmes. En effet, même dans les pays où l’avortement est légal sous certaines conditions, ce sont les femmes les plus précarisées qui sont le plus pénalisées. Lorsque l’accès au droit à l’avortement est limité, la santé des femmes est menacée. Rappelons-nous Savita Halappanavar, décédée d’une septicémie en 2012, à qui l’on a refusé une interruption de grossesse alors qu’elle faisait une fausse couche, car l’équipe médicale craignait des poursuites. Son décès a réanimé l’indignation de nombreuses Irlandaises et Irlandais pour culminer, huit ans plus tard, avec l’abolition du 8e amendement de la constitution.

En Pologne, une nouvelle mobilisation a dû avoir lieu, car le gouvernement tentait de profiter du confinement pour restreindre encore plus l’accès à un avortement sécuritaire. C’était réellement ajouter l’insulte à l’injure ! En Pologne, un médecin peut refuser de pratiquer un avortement — en fait, il peut même refuser de prescrire des contraceptifs ! Les manifestations ont duré plusieurs jours et ont été durement réprimées par la police. La mobilisation et la solidarité devront être maintenues pour faire reculer le gouvernement de droite.
Bien que l’avortement soit légalisé au Canada depuis plusieurs années, son accessibilité est parfois limitée, que ce soit par la distance ou par le manque de subvention du service. De plus, comme ailleurs dans le monde, les gouvernements successifs tentent souvent de faire adopter des lois qui restreindraient l’accès aux interruptions de grossesse sécuritaires pour bon nombre de femmes. Il semble que de trop nombreuses personnes considèrent que les droits des femmes sont ouverts au débat.

Les groupes anti-choix constituent un lobby puissant, ici comme ailleurs, et réussissent à influencer des élu·e·s sans oublier qu’ils sont aussi très présents sur le terrain. Aux États-Unis, en Australie, en France, en Espagne, en Nouvelle-Zélande et au Canada, on déplore des tentatives de meurtre, de l’intimidation et même des attentats à la bombe. Certains d’entre eux font le piquet près des cliniques pour tenter d’intimider les personnes qui se rendent à un rendez-vous. Au Québec, ils tentent d’ailleurs de faire invalider la loi qui interdit les manifestations trop proches des cliniques d’avortement sous prétexte qu’elle brime leur liberté d’expression.

La lutte pour le droit à l’avortement est une lutte emblématique pour les femmes d’ici et d’ailleurs. Lorsque l’avortement est illégal ou trop contrôlé, les femmes de la classe ouvrière n’ont d’autres moyens que de se débrouiller seules ou entre elles, dans des circonstances souvent dangereuses pour leur intégrité, faute de moyens leur permettant de voyager dans une juridiction plus permissive. Des initiatives comme celles de Women on Web qui permettent de rendre accessibles partout dans le monde des services contraceptifs font écho à celles d’organisations féministes du début des années 70 comme le Jane Collective.

Appuyer les luttes des travailleuses dans d’autre pays, c’est aussi appuyer les travailleuses québécoises. Appuyer les luttes des femmes, c’est appuyer la classe ouvrière. Nos luttes sont les mêmes, nos besoins sont les mêmes, nos rêves sont les mêmes.

Femmes autochtones et des minorités racisées, en lutte contre la COVID-19

Chantal Ismé et Vivianne Michel[2]

Les femmes des minorités ethniques et racisées sont plus vulnérables devant les conséquences de la COVID-19, notamment parce qu’elles sont surreprésentées dans les emplois du domaine de la santé et services sociaux. En effet, « 46 % des Montréalaises ayant contracté le coronavirus (si l’on exclut les aînées en CHSLD et en résidence) sont des travailleuses de la santé – contre 19 % des hommes[3] ». Et selon Statistique Canada (2017), 80 % des personnes immigrantes faisant partie du personnel aide-infirmier, aide-soignant et préposé aux bénéficiaires au Québec sont des femmes racisées[4]. Parmi elles, on note une surreprésentation des femmes noires et philippines. La première travailleuse de la santé à mourir de la COVID-19 fut une femme philippine, Victoria Salvan, qui était une préposée aux bénéficiaires[5].

Ces femmes constituent aussi l’essentiel du personnel des services dits essentiels. On les retrouve dans les garderies restées en service, généralement mal payées. Elles sont aux caisses dans les épiceries ou les pharmacies. Souvent, il s’agit d’emplois à horaire atypique et en contact direct avec le public, ce qui présente donc plus de risques de contamination pour les travailleuses et de propagation dans leur milieu (maisons, quartiers).

Il est connu que les femmes des minorités ethniques, en particulier les femmes noires, forment en majorité des ménages monoparentaux. De plus, elles gagnent moins, occupant souvent des emplois non stables et non sécurisés du secteur informel, de sorte qu’elles ont moins de possibilités d’économiser. Leur capacité à absorber les chocs économiques comme en cette période de pandémie est donc moindre.

La réalité des femmes autochtones vient confirmer le fait que la pandémie exerce un poids disproportionné sur des pans de la population qui vivent déjà une grande précarité[6]. Elles vivent beaucoup de stress et d’anxiété : 46 % d’entre elles comparativement à 32 % d’hommes selon une enquête participative de Statistique Canada[7]. Le regroupement Femmes Autochtones du Québec (FAQ) souligne sa grande inquiétude relativement à une plus grande exposition des femmes à la violence, notamment à la violence conjugale. La nouvelle réalité de la pandémie oblige les victimes à se retrouver confinées avec leurs agresseurs sans possibilité d’accès aux services. Prises quasiment en otage, elles ne peuvent plus sortir, ni texter, ni même téléphoner.

En matière de prévalence de la COVID-19, il est difficile de connaître l’écart entre les Autochtones et le reste de la population, car les statistiques ne sont pas discriminées. Toutefois, les données recueillies par Services aux Autochtones Canada (SAC) suggèrent une légère surreprésentation des femmes autochtones qui ont reçu un résultat positif à la COVID-19 au Québec[8].

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[1] Vice-présidente du Conseil central du Montréal métropolitain-CSN.

[2] Extrait de « Autochtones et minorités ethniques ou racisées face à la COVID-19 », Nouveaux Cahiers du socialisme, n° 25, hiver 2021.

[3] Isabelle Hachey, « Inégaux devant la pandémie », La Presse, 25 août 2020.

[4] Martin Turcotte et Katherine Savage, La contribution des immigrants et des groupes de population désignés comme minorités visibles aux professions d’aide-infirmier, d’aide-soignant et de préposé aux bénéficiaires, Statistique Canada, 22 juin 2020.

[5] Roxane Trudel et Dominique Scali, « Préposée victime de la COVID-19 : “C’était l’une des meilleures” », TVA Nouvelles, 19 avril 2020.

[6] Paula Arriagada, Tara Hahmann et Vivian O’Donnell, Les Autochtones vivant en milieu urbain : vulnérabilités aux répercussions socioéconomiques de la COVID-19, Statistique Canada, 26 mai 2020.

[7] Paula Arriagada, Tara Hahmann et Vivian O’Donnell, Les Autochtones et la santé mentale durant la pandémie de COVID-19, Statistique Canada, 23 juin 2020.

[8] https://www.sac-isc.gc.ca/fra/1589895506010/1589895527965#age.

Impact de la pandémie sur notre humanité

Jeanne-Marie Rugira[1]

Ce qui me semble le plus troublant dans cette pandémie, c’est de réaliser à quel point nos dirigeants, tout comme nos systèmes de santé sont encore inscrits dans une vision binaire du monde et de la santé, dans un paradigme qui sépare le corps et l’esprit, le rationnel et le symbolique, l’économie et l’écologie. Dans ce contexte, les observateurs aguerris de nos sociétés mondialisées, patriarcales, capitalistes et néocoloniales à la racine de nos multiples crises notent avec appréhension, l’incapacité de nos contemporains à faire face à l’incertitude, à la perte des repères, comme à la précarisation croissante des populations les vulnérables partout sur la planète.

Cette pandémie donne à penser que le capitalisme tel qu’on l’a connu jusqu’à aujourd’hui ne pourra pas se perpétuer indéfiniment. En effet, la notion « d’économie » ne pourra pas indéfiniment se concentrer prioritairement sur l’augmentation des capitaux des plus riches. L’économie devra se conjuguer avec l’écologie. Cette pandémie, tout comme les autres crises dans lesquelles nous sommes déjà installés telle la crise climatique sont à la fois des problèmes économiques et relationnels. S’il y a une résolution possible, elle ne pourra qu’être relationnelle, juste et solidaire. Elle devra absolument soigner le rapport au vivant et arrêter d’être exclusivement mise au service des puissants et au prix de la vie des personnes, des communautés, des régions du monde plus vulnérables.

Nos économies extractivistes qui vident les sous-sols des pays du sud tout en exploitant les enfants et en condamnant à l’errance des communautés entières devront être évaluées sur leur contribution à la santé, au soin et au bien-être des populations, ainsi qu’à leur capacité de préserver la vie et de favoriser la cohésion sociale au sud comme au nord. Une telle économie pourrait créer des écosystèmes qui ne détruisent ni l’environnement, ni les liens et les systèmes socioculturels. S’il y a un avenir pour ce monde, il devra tenir compte de notre communauté de destin et de l’interdépendance de tous les vivants.

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[1] Jeanne-Marie Rugira est professeure au département de psychosociologie et de travail social de l’Université du Québec à Rimouski. Elle discute plus en détails du sujet avec Geneviève Talbot dans un texte paru dans le numéro 25 des NCS, « La COVID-19 et le bien-être des personnes ».
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FemismesDansLeMonde

Féminismes :
vague mondiale et nouvel internationalisme


Pauline Delage et Fanny Gallot[1]

L’ouvrage Féminismes dans le monde. 23 récits d’une révolution planétaire, coordonné par Pauline Delage et Fanny Gallot et publié aux éditions Textuel, laisse la parole à des chercheuses, journalistes ou militantes féministes d’Algérie, Argentine, Belgique, Canada, Chine, Colombie, Égypte, Équateur, Espagne, France, Inde, Irak, Italie, Maroc, Mexique, Palestine, Sénégal, République dominicaine, Roumanie, Russie, Suisse, Syrie, Thaïlande et Tunisie.

Dans ce contexte de persistance des inégalités face à l’écho du discours pour l’égalité, une nouvelle vague féministe semble envahir la planète. À la fois hétérogène et marquée par l’accélération de la circulation internationale rendue possible par les réseaux sociaux, cette quatrième vague accompagne et reconfigure les contestations sociales et écologiques d’ampleur qui surgissent partout : la cause féministe n’est plus considérée comme spécifique, elle irrigue l’ensemble de la société.

Face au pouvoir politique et au féminisme promu par et dans les institutions, les mouvements se recomposent et proposent des modes d’action et des revendications propres. Cela étant, on peut dresser certains traits communs. Depuis l’appel international des femmes argentines de 2016, de nouvelles grèves féministes sont organisées en Espagne, en Suisse, en Belgique, en Italie, etc. En incluant l’arrêt du travail domestique et des soins, cette forme d’action interroge ce qui est considéré comme « travail » d’une part, et donne un sens nouveau à l’instrument de la « grève » d’autre part. La grève met alors en lumière la contribution des femmes non seulement au travail productif, sur le marché du travail, mais aussi au travail reproductif, c’est-à-dire à l’entretien de la vie et au soin des autres, qui est mis en œuvre de manière salariée ou gratuite. Comme l’expliquent plusieurs contributions, il s’agit alors de bouleverser radicalement, le temps d’une journée, l’ordre social en collectivisant et en visibilisant des tâches souvent exercées par des femmes dans les huis clos des foyers. En restant connecté à d’autres luttes, cet élan féministe non seulement s’inscrit dans d’autres mouvements sociaux, qu’ils soient écologiques, décoloniaux, contre l’autoritarisme, mais il les renouvelle en y insérant la perspective féministe et en apportant un lot de militantes politisées. In fine, la perspective internationale fait rejaillir la question de la constitution d’un internationalisme féministe, de réseaux de solidarité et de mobilisations capables de dépasser le cadre national sans l’écarter. Développé à partir du XIXe siècle pour structurer le mouvement ouvrier à l’échelle mondiale, l’internationalisme pourrait constituer un prolongement de mobilisations féministes qui sont fragmentées tout en étant liées entre elles, tournées autour de revendications proches, mais qui sont mises à l’épreuve des contextes sociaux et politiques locaux.

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[1] Extrait d’un texte paru dans Contretemps, 22 mai 2020,
ContreVirusPatriarcat

Contre le virus du patriarcat
et du capitalisme,
le vaccin du féminisme et de la solidarit
é !

La Via Campesina[1]



Le 8 mars 2021, articulées dans notre diversité et d’une seule voix, nous affirmons Contre le virus du patriarcat et du capitalisme, le vaccin du féminisme et de la solidarité ! Et en même temps, nous soulignons le rôle fondamental des femmes rurales et de l’ensemble de la paysannerie, lesquelles se trouvent sur la ligne de front de la production d’aliments agroécologiques et sains qui supportent la vie. Elles produisent plus de 60 % de toute la production mondiale. Vingt-cinq ans après sa construction collective, la souveraineté alimentaire représente aujourd’hui notre voie concrète et durable pour surmonter les différentes crises que nous vivons. Il faut en finir avec la violence systématique du capitalisme et du patriarcat qui portent atteinte aux droits des femmes, des diversités, des enfants et de la classe travailleuse, qui les excluent même de l’accès public et gratuit à un vaccin. La vaccination devrait être considérée un droit humain fondamental comme le droit à l’alimentation. C’est ainsi que nous la défendons dans notre appel international : Pour le droit à la santé publique et gratuite pour toutes les populations !

Dans le monde, les femmes jouent un rôle politique, social et économique vital, et plus encore durant cette pandémie. Nous continuons de toucher des salaires plus bas, beaucoup d’entre nous travaillent dans le secteur informel, nous sommes précarisées et exploitées, nous sommes des migrantes, des mères célibataires, des travailleuses agricoles, des pêcheuses et des pasteures qui avons moins accès à la terre, à la technologie, aux programmes publics de santé, à la protection contre la violence, à l’éducation et à la culture. L’absence d’accès aux moyens de production, notamment la terre constitue le plus grand obstacle que nous affrontons en milieu rural. Aujourd’hui, les femmes possèdent à peine 1 % des terres et malgré cela, nous devons relever le défi de continuer d’assurer l’alimentation et les soins de nos familles et de nos communautés dans des conditions d’inégalité politique, économique et sociale.

Dans ce sens, nous exigeons aujourd’hui que les États appliquent la Déclaration des Nations unies sur les droits des paysannes et paysans et des autres personnes travaillant dans les zones rurales (UNDROP). Cet instrument reconnaît que les femmes et la paysannerie sont des « sujets de droit ». Il constitue un outil stratégique pour renforcer les luttes et les propositions des mouvements ruraux. De plus, cette déclaration établit une jurisprudence et une perspective juridique internationales pour orienter la législation et les politiques publiques locales, nationales et internationales au profit de ceux et celles qui nourrissent le monde.

Le pouvoir économique de l’agro-industrie impose son modèle d’agrobusiness dominant. Les grandes sociétés multinationales déterminent ce qui sera produit, ce que nous mangeons ainsi que les quantités et les prix de ce que nous mangeons. Ils exercent leur influence sur les gouvernements et même sur les organismes multilatéraux comme la FAO qui organise le Sommet sur les systèmes alimentaires cette année. Nous avons dénoncé ce sommet, car il vise à continuer l’accaparement d’une part toujours croissante du secteur de l’alimentation. Cette dynamique génère des profits élevés pour les grandes sociétés et des coûts énormes pour la santé des sociétés et de la planète.

Tout au long de l’histoire, nous les femmes, nous avons lutté pour devenir des actrices de transformations de la société, de mobilisation et de conscientisation. Ainsi, unies à l’ensemble de La Via Campesina, nous saluons toutes les luttes et nos sœurs et frères qui résistent en Inde, en Colombie, au Chili, au Venezuela, à Cuba, au Kurdistan, en Palestine, les zapatistes, les femmes diverses organisées dans la Marche mondiale des femmes et d’autres réseaux amis, qui participent activement aux changements dont nos sociétés ont besoin, pour la justice et la dignité des majorités.

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[1] Texte publié par La Via Campesina, 25 février 2021,

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Des nouvelles des NCS


La grande transition
de retour en mai prochain

La Grande Transition 2020 avait dû être reportée pour les raisons que l’on connaît, mais nous revenons en force cette année avec une édition en ligne qui aura lieu du jeudi 20 mai au dimanche 23 mai ! Au programme, plus de vingt panels portant sur des thèmes variés, dont l’internationalisme radical, les alternatives au capitalisme numérique, l’économie politique du handicap et la démocratisation des syndicats. Parmi les invité·e·s de nos grandes conférences, il y a notamment Holly Lewis, Asad Haider, Robert Brenner et Arlene Inouye. Le thème – Construire l’utopie – est d’autant plus nécessaire aujourd’hui, pour penser et bâtir le monde d’après.

Guillaume Tremblay-Boily

DossierCommune

Un dossier sur la Commune de Paris
sur le site des NCS

En mars 1871, les Parisiens sont montés « à l’assaut du ciel », selon l’expression consacrée. Une coalition hétérogène a pris le pouvoir en explorant pendant un peu plus de 70 jours une « alter politique » basée sur le contrôle citoyen, l’égalité entre hommes et femmes, l’inclusion de toutes les nationalités dans un projet rassembleur. La grande utopie de la Commune, disait Marx, était d’avoir tenté de mettre en place « un gouvernement de la classe ouvrière, le résultat de la lutte de la classe des producteurs contre la classe des expropriateurs, la forme politique enfin trouvée qui permettait de réaliser l'émancipation économique du travail[1] ».


Écrasée dans le sang de milliers de prolétaires par une extraordinaire coalition de toutes les classes dominantes, la Commune est restée dans la mémoire des peuples. En 1917, au moment où surgissait le pouvoir démocratique et ouvrier des soviets (avant d’être renversé par la violente contre-révolution qui s’est imposée en 1925), Lénine écrivait, « La Commune est la première tentative faite par la révolution prolétarienne pour briser la machine d’État bourgeoise; elle est la forme politique "enfin trouvée" par quoi l’on peut et l’on doit remplacer ce qui a été brisé[2] ».

Cent cinquante ans plus tard, la Commune continue d’inspirer, sous plusieurs formes et des langages divers, comme on le constate dans les expérimentations zapatistes, dans la lutte pour l’autonomie des mouvements populaires et dans la création de réseaux et de projets autogouvernés. À l’occasion du 150e anniversaire de la Commune, il y aura sur le site des NCS un dossier avec plusieurs contributions d’ici et d’ailleurs sur cette histoire extraordinaire dont l’héritage appartient aux nouvelles générations en lutte.

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[1] Marx, La guerre civile en France, 1871, http://classiques.uqac.ca/classiques/Marx_karl/guerre_civile_france/guerre_civile_france.html

[2] Lénine, L’État et la révolution, 1917, < https://www.marxists.org/francais/lenin/works/1917/08/er00t.htm>

Un nouveau comité des NCS
pour travailler
sur notre intervention numérique

Le discours dominant nous assomme et nous intimide en prévoyant la fin des livres et des revues. Ce sont des propositions insidieuses qui viennent des GAFAM et aussi de certains partisans « purs et durs » des médias numériques. Sans tomber dans ce piège, nous devons repenser et renforcer nos outils, en faisant par exemple de notre site Web un outil mieux planifié et collectivisé, axé sur l’intervention dans le cœur des débats. La mise sur pied d’un comité spécifique pourrait être une bonne chose pour rehausser nos outils, et également, pour explorer les nouvelles manières de produire de l’information (entrevues, balados, entrevues filmées, etc.). (Extrait du Document de réflexion présenté à l’Assemblée du CAP/NCS, le 30 janvier 2021). D’emblée, nous allons travailler à une meilleure intégration des outils en leur donnant un peu plus de cohérence et élaborer des stratégies dans ce sens. La cohérence permettra de mieux organiser les interactions entre nos diverses interventions numériques, de choisir des thèmes et des problématiques qui nous semblent prioritaires, en fonction d’un regard critique sur la conjoncture en général, et sur la conjoncture des mouvements populaires et de la gauche en particulier.

On commencera par une exploration critique de l’univers numérique dans notre société, des opportunités qui en découlent, de même que des risques et angles morts qui viennent avec. Parallèlement, nous pourrons avancer sur le terrain un peu plus concrètement et regarder ce qui est fait maintenant et ce qui pourrait l’être. On peut penser, notamment, à des interventions audiovisuelles qui sont de plus en plus en vogue dans les outils numériques progressistes. Enfin, nous pourrons examiner les moyens qui nous semblent nécessaires pour réaliser ces objectifs, ce qui implique de trouver d’autres personnes et de ressources, et peut-être de se concerter avec des projets d’affinité avec lesquels nous pourrions partager le travail.
Pierre Beaudet

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