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INFOLETTRE des NCS

24 juin 2021
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Est-ce que la crise est terminée ?

À la fin de 2019, on apprenait qu’un mystérieux virus était apparu à Wuhan en Chine. Après quelques mois, il attaquait la Chine, et en mars 2020, le Québec était frappé. Un an plus tard, en pleine deuxième vague, on rapportait presque 3000 nouveaux cas par jour. Depuis quelques semaines, on constate que la troisième vague a été moins forte que prévu, sans doute à cause de la vaccination massive. Est-ce vraiment terminé ? Les scientifiques sont hésitants, ils parlent d’une possible quatrième vague, impulsée par les variants de la COVID-19 qui viendraient surtout des pays où la vaccination est très limitée. Comme on le sait, les pays riches ont monopolisé plus de 80 % des vaccins. Dans les pays pauvres, les ressources sont limitées et inexistantes. Malgré les appels de l’ONU, des ONG et de plusieurs États du tiers-monde, les mégaentreprises pharmaceutiques refusent de permettre aux producteurs du sud de libérer les droits sur lesvaccins. On sait que le Brésil a maintenant atteint le cap des 500 000 décès. On meurt par milliers en Inde, au Mexique, au Pérou, en Afrique du Sud. Est-ce que cela va finir par finir ? La pause de l’été est bienvenue, elle nous permettra de préparer l’automne.

Une catastrophe naturelle ? Pas vraiment

Nos gouvernements nous ont présenté la chose comme une crise imprévisible et incontournable. Comme si les scientifiques n’avaient pas dit, depuis au moins 20 ans, que les pandémies allaient s’accélérer. Sans identifier toutes les causes, on savait que la commercialisation sans limites de l’agroalimentaire comportait des risques. On savait aussi que des populations étaient à risque, à commencer par les aîné·e·s « parqués » dans les CHSDL aux conditions douteuses. On savait que le personnel soignant restait sous-payé, surmené, bousculé dans les mégacentres de santé du docteur Barette. À l’époque de cette funeste décision, la CAQ, dans l’opposition, avait pourtant appuyé la « réforme » qui allait affaiblir tout le système et les gens qui y travaillent. Et on va prétendre qu’on a été surpris ?

La gestion autoritaire

Legault et le bon docteur Arruda ont pris le contrôle des ondes. Ils devaient tout savoir, ils ne savaient pas vraiment grand-chose. Ils ont mis l’emphase sur les mesures individuelles (distanciation, lavage des mains, port du masque) comme si la COVID allait être vaincue seulement par l’action de tout un chacun. Des entreprises dites essentielles ont continué à fonctionner, constituant souvent des foyers d’éclosion. L’aide a été distribuée à ceux qui pouvaient prouver qu’ils avaient perdu leur travail, pas aux autres, ce qui a exclu beaucoup deprécaires, sans compter les sans-papiers, les sans-abri, les exclus de toutes sortes. L’entraide communautaire a pris le relais, dans la mesure de ses possibilités. Les ultras riches du 1 % ont empoché des surprofits, en bénéficiant de l’aide de l’État et en mesure de contourner les mesures de restriction. Entretemps, les manifs étaient proscrites. Les grèves, on ne pouvait pas en faire. C’était, disait l’État, pour protéger la santé publique, mais de facto, cela a plutôt protégé la sécurité du gouvernement. Et la concentration des pouvoirs reliée à l’état d’urgence perdure.

Demain on continue

Maintenant que le déconfinement est à l’ordre du jour, on pourra préparer des mobilisations, après la pause estivale on s’entend. Il faudra réparer les dégâts, notamment la désunion qui s’est aggravée dans le mouvement syndical. Les étudiants et les étudiantes ainsi que le mouvement écologiste pourront reprendre la flamme de l’automne 2019, d’autant plus que les États vont continuer à insulter la population en feignant de faire quelque chose pour faire face aux changements climatiques (pensons à la COP 26 qui aura lieu en novembre à Glasgow en Écosse). Face à la crise du logement, il faut souligner les luttes exemplaires dans plusieurs quartiers de Montréal et en région où les organisations populaires ont réussi à en faire un enjeu central des politiques publiques. Après avoir été contraint par le pseudoconsensus national sur la lutte à la pandémie, Québec solidaire va relancer ses critiques contre la politique austéritaire qu’on nous servira à petites et à moins petites doses dès l’automne.

Des convergences

Diverses organisations populaires et syndicales se sont mises au travail pour réfléchir à une nouvelle phase de mobilisation dès l’automne. La nébuleuse écologique est entrée dans de grandes discussions sur la stratégie. Il y aura dès la fin de l’été et tout au cours de l’automne des moments de réflexion et de discussions en « vrai », face-à-face pour se parler et non à travers l’infernal monde virtuel. Les NCS seront à plusieurs de ces rendez-vous.

Une esquisse de ce qu’on entend faire à l’automne


  • À la mi-août, nous organiserons une consultation avec les membres et ami·e·s sur les priorités de l’automne, sur ce qu’on peut faire de mieux comme moyens pour renforcer le mouvement populaire.
  • En septembre, nous lançerons le numéro 26 des NCS : « L’école publique au temps du néolibéralisme : l’urgence d’agir ». L’éducation est malmenée par les États néolibéraux et leurs mercenaires des partis inféodés depuis tellement longtemps. Le numéro contient toute une série de travaux réalisés depuis plus d’un an nous permettant de comprendre l’ampleur de la tâche pour reconstruire le système scolaire, et sur ce que comptent faire les personnes et les groupes qui ont l’éducation à cœur.
  • Également en septembre, en collaboration avec plusieurs groupes, nous allons organiser des soirées thématiques sur les grands défis qui nous interpellent : la lutte écologique (évidemment), la centralité de l’éducation populaire (toujours incontournable), les batailles de nos camarades en Haïti, en Colombie et ailleurs et la place qui est occupée dans ces résistances par les importantes diasporas qui partagent notre pays. D’ailleurs, au début de 2022, sortira le numéro 27 des NCS qui portera sur l’immigration, surtout et beaucoup sur les luttes et les solidarités en cours et nécessaires pour affronter ce « maillon faible » du capitalisme globalisé.
  • Pour la première moitié de 2022, nous prévoyons participer aux convergences qui auront lieu par et pour les mouvements populaires, à la prochaine édition de la Grande Transition, au Forum social mondial, et quoi d’autre encore !

Bienvenue pour la grande corvée

Le Collectif d’action politique (CAP) qui est la structure qui soutient les NCS compte une bonne soixantaine de membres actifs qui participent d’une manière ou d’une autre à faire fonctionner un projet qui dépend essentiellement de ses composantes. Presque tout ce que nous faisons est réalisé de manière bénévole. Du soutien ponctuel de donateurs individuels et d’organisations syndicales nous permettent de nous maintenir en bon état de marche. Mais nous avons toujours besoin de plus d’implications :
  • Il y a plusieurs comités de travail qui fonctionnent dont deux qui se concentrent sur le siteInternet et les autres médias sociaux dont nous disposons. La bonne nouvelle est que ça va assez bien de ce côté, avec la croissance du nombre de personnes qui consultent le site. Nous voulons faire encore mieux et plus, donc, ceux et celles qui voudraient collaborer sont les bienvenus.
  • Chaque numéro se construit par une équipe spécifique qui compte généralement de 5 à 10 personnes (comme le numéro de septembre sur l’éducation et le numéro de février sur l’immigration). Le comité de rédaction (qui chapeaute la production des NCS) a entreprisdes consultations pour déterminer sur quoi et avec qui nous pourrons préparer des numéros ultérieurs. Parmi les idées, l’écosocialisme, les régions (notamment l’Outaouais), la révolution numérique, etc. Vous avez des idées ? Vous voulez vous joindre à l’un ou l’autre de ces comités, faites- nous signe.
  • Le grand défi transversal des NCS des prochaines années sera de rajeunir et de renouveler le collectif. Fondé il y a une quinzaine d’années par ceux qui sont maintenant des « jeunes de cœur », le temps est venu de passer la main aux prochaines générations. Ce n’est pas une opération qui peut être prise à la légère. Les obstacles pour une plus grande implication dans les NCS sont nombreux, à la fois « internes » (une certaine culture organisationnelle héritée de la gauche) et « externes » (les conditions précaires qui rendent la vie difficile à plusieurs militantes, militants, chercheuses, chercheurs qui sont en train de prendre leur élan). Nous prenons cela très au sérieux et nous prévoyons une assemblée générale spéciale en 2022 où des changements pourront exprimer cette nécessaire « grande transition ».

À la mémoire de notre camarade Alain Philoctète

Alain est décédé en mai 2020 après une dure bataille contre le cancer. Alain était sociologue, organisateur, poète, artiste peintre, éducateur; il avait été impliqué tout au long des années 1970-1980 dans la lutte contre la dictature de Duvalier en Haïti. Il fut l’un des instigateurs du Front démocratique populaire (FDP), un regroupement d’organisations de masse rassemblant des femmes et des hommes paysans, ouvriers et étudiants. Arrivé à Montréal en 2005, Alain s’impliqua dans la communauté haïtienne tant dans le secteur communautaire que dans les tentatives de rapprochement avec des camarades de la gauche haïtienne. Selon sa compagne Chantal Ismé, « Alain, portait un regard universel sur le système capitaliste mondial et bien sûr avec un accent particulier pour sa terre d’adoption le Québec. « Mon Québec à moi » disait-il avec affection. Un Québec libre et solidaire ».

On peut lire son émouvant témoignage sur le site des NCS :

À la mémoire d’Alain Philoctete

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