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INFOLETTRE des NCS

novembre 2020
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La question nationale revisitée
enjeux, statégies, convergences

NOUVEAUX CAHIERS DU SOCIALISME
No. 24 – Automne 2020

Présentation du numéro

En kiosque et en librairie à compter du 20 septembre
Dans ce numéro, vous trouverez des outils et des pistes tant pour comprendre les développements en cours et passés du capitalisme et de l’État, les enjeux les plus débattus actuellement et des éléments d’histoire, et ce, dans le but de relancer la lutte pour l’indépendance qui est et sera à l’ordre du jour, à condition que, comme l’explique Pierre Mouterde, on puisse « imaginer ce processus d’indépendance, non pas comme un désir de se replier sur soi et de se séparer du reste du monde, mais comme une volonté de nouer — sur les ruines du fédéralisme canadien dominateur — de nouveaux liens de solidarité et surtout de vie commune entre peuples et communautés qui le désireraient, le choisiraient démocratiquement : les Premières Nations, les minorités linguistiques et communautaires, etc. ».

Comme tant d’autres, nous sommes affectés par les mesures de confinement ; la revue NCS est moins accessible qu’avant. Plusieurs librairies sont en partie ou totalité fermées. Les coopératives étudiantes dans les universités et cégeps sont désertées, et les rencontres, conférences, congrès et événements qui permettaient la diffusion de la revue sont devenus virtuels ! Alors vous comprendrez qu’il est impératif de faire connaître la revue de « bouche-à-oreille », en contactant directement vos collègues, amis.e.s et connaissances. L’expérience récente démontre que la diffusion de la revue via les pages Facebook reste assez efficace. Comme plusieurs d’entre vous ont leur page personnelle, nous vous demandons d’y mettre l’annonce de la revue. Merci à l’avance !

Les prochains numéros
de la revue


Le numéro 25 (hiver 2021) portera sur l’après-pandémie, plus particulièrement les réponses, solutions de rechange et propositions pour surmonter les effets de la crise dans un sens émancipateur. Le discours dominant actuel, c’est qu’une fois la pandémie sous contrôle, le monde pourra revenir à la « normale ». Évidemment, la « normale », c’est le néolibéralisme et l’austéritarisme, la destruction de l’environnement au nom de la « croissance », le délitement des systèmes de santé, les déplacements de populations chassées par la misère et la guerre, etc. Pourtant, les constats établis par les scientifiques démontrent bien qu’il y a un lien entre la COVID-19 (et les pandémies qui sont survenues depuis quelques années) et les dérèglements graves de l’environnement malmené par le capitalisme et l’impérialisme. Ceci nous a engagés à dégager les hypothèses d’une transition autant nécessaire que souhaitée, ce qui sera donc au centre de la prochaine parution coordonnée par Carole Yerochewski, Audrey Lamothe-Laurin, Fannie Theurillat-Cloutier, Geneviève Talbot, Stéphane Chalifour, Judith Trudeau, Emanuel Guay et Donald Cuccioletta.

Le numéro suivant (26) porte sur l’éducation et paraîtra à l’automne 2021. Il apportera un éclairage spécifique à la crise prolongée qui traverse le monde de l’éducation primaire et secondaire depuis plusieurs années et qui aboutit au délabrement actuel caractérisé par des problèmes à répétition et un grave déficit éducationnel affectant toute la société. Par ailleurs, les propositions pour réparer les dégâts abondent, notamment des organisations syndicales et d’une grande partie du monde de l’éducation lui-même. Le dossier est coordonné par Flavie Achard, Jean Trudelle et Wilfried Cordeau.

Pour les numéros subséquents (à partir de l’hiver 2022), le comté de rédaction étudiera prochainement diverses propositions. Parmi les idées sur lesquelles se penchent des camarades, on compte l’immigration, les luttes urbaines, la révolution numérique, le travail et le mode de vie, la fiscalité, la négociation du secteur public. Attention, si vous avez des idées, suggestions et avis pour ces prochains numéros, prenez quelques minutes pour mettre cela sur la table, par le biais du courriel ou lors des prochaines assemblées des NCS.

Des rencontres internationales virtuelles


Faute de pouvoir se rencontrer face à face, plusieurs groupes et réseaux se sont mis à organiser des conférences et des tables rondes virtuelles. La formule Zoom est largement utilisée, avec ses hauts et ses bas, mais pour le moment, c’est une manière de garder le contact et de continuer les débats. Il y a une initiative sur laquelle nous voulons porter votre attention est celle de « Dialogue global » (https://globaldialogue.online/fr/). C’est un réseau conçu par une centaine de militantes et de militants dispersés sur les cinq continents (y compris plusieurs des NCS) qui veulent approfondir l’analyse et l’information sur les luttes pour une transition post-capitaliste ou dit autrement, des « changements systémiques ». Vous pouvez visionner ici les webinaires des derniers mois qui ont porté sur un vaste éventail de thèmes (l’impact de la COVID-19, le tournant autoritaire au Brésil, en Inde, aux États-Unis, les mouvements sociaux, etc.). Il y a une importante participation latino-américaine à ce processus à partir des résistances en cours au Brésil, en Bolivie, au Chili, au Mexique. En fonction de cela, Dialogue global organise en décembre prochain une série de rencontres sur l’état des luttes en Amérique latine, justement. En janvier, une autre série de rencontres portera sur les « points chauds » dans le monde avec une emphase particulière sur les États-Unis. (Pour vous inscrire : https://globaldialogue.online/fr-participer/).

De quelques débats stratégiques


Les derniers mois ont été difficiles pour les mouvements populaires. La pandémie comme telle, les mesures de confinement et de déconfinement, l’aggravation du chômage, l’abandon de vastes secteurs de la population qui sont tombés entre les mailles du filet de sécurité bric-à-brac mis en place par Ottawa et Québec, ont eu des effets délétères, d’où un certain sentiment d’impuissance. Certes, le fait d’avoir perdu nos moments et nos lieux de socialisation n’a pas aidé. C’est une dérive généralisée, marquée par des démobilisations des mouvements en France, en Algérie, en Chine. Cependant, il faut s’encourager; il y a eu d’importantes résistances, y compris celle qui a permis la défaite de Trump. Il faut noter le rebond de la gauche en Amérique latine, notamment en Bolivie où nos camarades du MAS (Mouvement vers le socialisme) ont gagné la présidentielle; également au Chili où la grande vague populaire a défait la droite sur la question de la constitution. Au Québec, le paysage contrasté est caractérisé par l’arrogance sans nuance des frères en chicane Legault et Trudeau qui nous préparent le retour en force de l’austéritarisme devant une opposition politique (Québec solidaire), qui peine à faire entendre son message critique. Encore là, il y a des nuances, puisque les mouvements populaires ont participé à une grande mobilisation antiraciste. Les organisations autochtones sont également confiantes devant le fait que leurs revendications légitimes recueillent beaucoup d’appuis, y compris chez les non-autochtones. Un nouvel élan de luttes écologistes prend forme, notamment dans la lutte contre le projet GNL. Dans plusieurs mouvements populaires, dans QS, il y a de nouveaux débats : comment reprendre l’initiative ? Comment élargir les alliances ? Comment réconcilier l’action « dans la rue » avec celle des instances parlementaires ?

Il est clair que les succès enregistrés des dernières années, de la vague « érable » de 2012 à l’élection des 10 solidaires de 2018, sont fragilisés, menacés par un retour d’une droite de plus en plus explicite sur ses objectifs de « revenir à la normale » (c’est-à-dire au capitalisme globalisé) tout en laissant un plus grand espace aux ultra-droites qui sont très utiles pour déstabiliser les mouvements et le débat. Cette alliance droite-ultra droite a bien fonctionné il y a 100 ans et on peut constater qu’elle se recompose aujourd’hui, entre autres autour de la question de l’environnement, de l’immigration et des droits et libertés (lire à ce sujet l’extrait de l’ouvrage du Collectif Zetkin, Fascisme fossile. L’extrême droite, l’énergie et le climat, La fabrique, 2020). L’oligarchie capitaliste perd pied devant la multicrise qu’elle parvient de moins en moins à occulter, et se tourne donc vers des « solutions » extrêmes. Ce virage n’est cependant pas évident, d’où les bifurcations populistes du genre Trump et Bolsonaro, ce qui crée des fissures au sein du bloc dominant. À gauche, il faut redoubler d’efforts pour analyser et comprendre ces contradictions complexes qui peuvent mener à des impasses ou des fuites en avant, ou bien au contraire, vers la construction de grandes alliances populaires renouvelées, avec la participation massive des nouvelles générations et de celles et ceux qui ont été traditionnellement exclus sur la base du genre et de l’ethnicité.

Un nouveau site Web

Les Nouveaux Cahiers du socialisme ont maintenant un site Web revampé qui offre une couverture plus en profondeur des débats de l’heure, en plus des articles des différents numéros de la revue et de la section Abonnement et achat : www.cahiersdusocialisme.org

Montréal-Nord, pôle de résistance


Durement frappé par la pandémie, le quartier Montréal-Nord, dont une forte proportion de la population est originaire d’Haïti, d’Amérique centrale et de pays arabes, concentre depuis longtemps l’exclusion et la pauvreté, ainsi qu’une situation d’insécurité générale que les médias présentent comme une agression des « gangs ». Certes, les gangs sont présents, mais le contraire serait surprenant compte tenu des milliers de jeunes sans emploi, profilés et abusés par la police. Les médias ne parlent presque jamais du riche tissu communautaire qui permet de garder espoir, de venir en aide aux gens délaissés par l’État et d’accumuler des forces.

Les camarades des NCS qui contribuent à ces mouvements collaborent souvent aux NCS, comme Chantal Isme, Renel Exentus, Ricardo Gustave et Alain Saint-Victor, lequel présente une contribution éclairée sur le débat récent : voir son texte, « Le mot en « N ».

Ce débat, dans le contexte des mobilisations antiracistes qui se sont multipliées, a encouragé les mouvements à prendre position et à agir contre le racisme systémique, qui inclut un ensemble de pratiques et de politiques discriminatoires qui frappent durement certaines communautés, notamment les communautés « racisées ». Ce n’est pas tellement que la race est le critère, car bien d’autres personnes sont discriminées. Il n’en reste pas moins que la couleur de la peau a encore à voir avec cette pensée qui exclut et qui cherche constamment à diviser dans la logique perverse de tout-le-monde-contre-tout-le-monde. Pour être à la hauteur d’un projet réellement émancipateur, la lutte antiraciste, comme la lutte antipatriarcale et la lutte anticoloniale (concernant les Premières Nations) doivent toutes être entièrement présentes et implicites dans la lutte pour l’émancipation. Le fait que certains mouvements progressistes dans le passé n’en étaient pas conscients ou pensaient que ces discriminations étaient un trait « secondaire » du capitalisme a nui à la construction de blocs hégémoniques capables de construire la convergence et l’intersectionnalité des luttes.

Aujourd’hui, cette situation évolue avec le leadership assumé des communautés en question. Le racisme étant d’abord une question de système (et non de comportements offensants ou de mots dénigrants), il faut lutter contre le système, et non contre ses conséquences ou certains de ses effets pervers.

Le mot en « N »

Alain Saint-Victor, militant pour la cause haïtienne à Montréal
et membre des NCS

Je crois qu’il ne faut pas tomber dans la confusion et d’essayer de dire tout pour en fait ne rien dire. Le mot « nègre » a une signification historique. À l’origine, il y a intention et volonté de déshumanisation et cela, on ne peut le nier. Le mot comporte une signification péjorative et, en ce sens précis, il reflète une catégorisation impliquant une sous-humanisation. Qu’après on le reprenne ou on le récupère comme arme pour l’envoyer à la face du raciste, qu’on le transforme en un moyen de fierté, comme ce fut le cas de la Revue Nègre, ou encore du mouvement de la Négritude, cela n’enlève rien à ses caractéristiques déshumanisantes. Que l’on se souvienne du « mouvement des salopes », une expression pourtant conçue par des féministes luttant pour la dignité des femmes. Est-ce que cela fait pour autant du mot « salope » un mot acceptable ?
Nous Haïtiens, nous avons un rapport avec le mot « nègre » qui n’est pas le même que celui des Afro-Américains ou Afro-Canadiens. Dans le cas des premiers, le mot est porteur de blessures profondes, d’humiliations et de vexations continues. Les Afro-Américains ont dû mener une lutte historique pour qu’ils soient désignés autrement, pour qu’ils puissent choisir eux-mêmes un nom reflétant leur dignité et leur humanité (comme c’est le cas pour les Italo-Américains, les Anglo-Américains, etc.).

Le mot doit, par conséquent, nous intéresser. Non pas de façon qu’il soit pour nous uniquement insupportable à entendre, ou qu’il agisse sur nous de façon que nous perdions toute rationalité, mais parce qu’il contient une réalité objective historique qui dépasse notre personne. En le récupérant, comme l’ont fait Césaire et Damas, on le transforme en instrument contre l’oppression, mais aussi en le rejetant face l’oppresseur, on signifie à ce dernier notre humanité comme l’ont fait aujourd’hui les Afro-Américains. Le mot a donc toute son importance.
Loin de moi, bien sûr, l’idée que les Blancs ne doivent pas l’utiliser. Penser ainsi relève de la pure démagogie et renvoie plutôt à une idéologie que l’on peut qualifier de « négrisme ». Duvalier et Mobutu y adhéraient volontiers.

Déclaration de Montréal-Nord

Le droit de se construire un avenir paisible
et de contribuer pleinement au développement du Québec
https://www.pourmontrealnord.ca/
Comité logement de Montréal-Nord, Hoodstock, Société d’habitation populaire de l’Est-de-Montréal, Paroles d’excluEs, Un itinéraire pour tous

Le constat est implacable : certains secteurs de Montréal-Nord continuent de concentrer des populations dont l’avenir est confisqué, où l’indice de pauvreté ne diminue pas au fur et à mesure des années et où, faute d’espoir, l’insécurité urbaine s’est accentuée.

La population nord-montréalaise vit un véritable abandon. La récente couverture médiatique sur les enjeux d’insécurité urbaine incluant des événements traumatisants, voire tragiques, et les appels à l’action lancés par les mères-citoyennes continuent de traduire un délaissement des habitants du Nord-Est.

Les enjeux auxquels font face les nord-montréalais imposent une vision audacieuse qui va bien au-delà des solutions traditionnelles qui n’ont malheureusement eu que très peu d’impact sur les conditions de vie de cette population. La situation de crises (elles sont nombreuses) qui prévaut actuellement exige un leadership visionnaire et rassembleur et c’est ce que le milieu attend de ses élus-e-s. Il faut rapidement mettre en place des actions ambitieuses, obligatoirement concertées et ce, à court, moyen et long terme.

Il nous faut réinvestir ces espaces avec des services publics dignes, adéquats, de qualité et inclusifs. Depuis plusieurs années, les organismes du milieu et la population réclament une clinique de proximité ou un point de service du CIUSSS, un espace de socialisation pour les jeunes, plus de logements sociaux avec du soutien communautaire, des services de proximité, des installations de sports et loisirs, des espaces culturels plus nombreux et des réponses structurelles aux enjeux d’éducation, d’emploi et de santé. Il faut maintenant passer à l’action.

S’imaginer démêler des problèmes socioéconomiques complexes, ancrés et systémiques par le seul recours à la sécurité, est un leurre qui alimente encore plus le cycle de la violence. Il nous faut plutôt créer des réponses de développement social et de revitalisation urbaine qui répondent aux besoins des citoyens concernés.

Ce sont les citoyens qui écopent des effets néfastes de la répartition inégale des ressources. Ce sont eux qui subissent les conséquences d’une succession de crises : économique, sociale, politique et sanitaire. Ce sont également eux qui sont sacrifiés, qui n’ont pas les moyens de se procurer les biens de première nécessité et encore moins d’acquérir une indépendance économique.

Pourtant, plusieurs d’entre eux se trouvent au front face à la pandémie. Les infirmières et les préposés aux bénéficiaires des établissements de santé, les caissier-ère-s et les commis des épiceries ; tous ces gens, qu’on retrouve en grand nombre à Montréal-Nord, risquent leur vie, et celle de leur famille pour maintenir les services de base au bénéfice de toute la société.

Investir de façon très importante, et à long terme, dans l’amélioration des conditions de vie des citoyens-ne-s et dans les organisations communautaires est la perspective durable à privilégier.

Faisons confiance aux citoyen-ne-s qui habitent le quartier, à leur intelligence, à la richesse qu’ils apportent par leur participation à tous les projets communautaires, au réaménagement des espaces collectifs et à l’amélioration des relations interculturelles et intergénérationnelles.

Leurs vies comptent, aussi.



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