Présentation du mémoire de la CSQ sur le projet de loi 130

« Réingénierie de l’État : l’opération se concrétise » – Réjean Parent

Par Mis en ligne le 20 janvier 2011

Québec, le 19 jan­vier 2011. – Dans le cadre de la pré­sen­ta­tion de son mémoire sur le projet de loi 130, la Centrale des syn­di­cats du Québec (CSQ) demande au gou­ver­ne­ment de renon­cer à l’abolition ou à la fusion d’organismes-conseils qui ont contri­bué à faire avan­cer des dos­siers majeurs dans la société qué­bé­coise. Il doit déve­lop­per de nou­velles manières d’affronter ses obli­ga­tions finan­cières sans com­pro­mettre la néces­saire concer­ta­tion au sein de la société qué­bé­coise.

« Nous inter­pel­lons le gou­ver­ne­ment afin de pré­ser­ver les mis­sions res­pec­tives de ces orga­nismes qui inter­viennent dans le champ des rela­tions du tra­vail, par­ti­cu­liè­re­ment en ce qui concerne l’équité sala­riale entre les femmes et les hommes. Il doit pro­té­ger les orga­nismes publics qui sont des espaces auto­nomes de déli­bé­ra­tions démo­cra­tiques et d’innovations sur les poli­tiques publiques des­ti­nées à des groupes cibles ou au déve­lop­pe­ment durable au Québec », affirme le pré­sident de la Centrale des syn­di­cats du Québec (CSQ), Réjean Parent.
Non à l’abolition de la Commission de l’équité sala­riale
La CSQ dénonce l’abolition d’un de nos plus impor­tants acquis démo­cra­tiques nous per­met­tant d’éliminer les dis­cri­mi­na­tions sala­riales fon­dées sur le sexe. La loi sur l’équité sala­riale (LES) a été adop­tée en 1996 à l’unanimité par l’Assemblée natio­nale après des années de mili­tan­tisme de la part du mou­ve­ment des femmes et des orga­ni­sa­tions syn­di­cales. Au fil des ans, cette com­mis­sion a contri­bué à déve­lop­per et à enri­chir un « nou­veau domaine de droit » qui intègre à la fois les droits de la per­sonne et aussi les rela­tions du tra­vail. « Nous savons tous qu’il reste du chemin à faire en matière d’équité sala­riale et que le tra­vail de la Commission est tou­jours néces­saire », ajoute le pré­sident de la cen­trale.
Non à la fusion des fonds de recherche
La CSQ demande au gou­ver­ne­ment de res­pec­ter la spé­ci­fi­cité des fonds de recherche qué­bé­cois et de ne pas donner suite à son projet de fusion des trois fonds de recherche qué­bé­cois ainsi qu’à l’abolition du Conseil de la science et de la tech­no­lo­gie. « Nous ne pou­vons sous­crire à cette fusion consa­crée aux domaines de la santé, des sciences humaines, des sciences sociales, des arts et des lettres, des sciences de la nature et des tech­no­lo­gies, car elle met en péril la spé­ci­fi­cité des trois fonds exis­tants. Ce rat­ta­che­ment illustre la volonté gou­ver­ne­men­tale d’orienter la recherche scien­ti­fique en fonc­tion de ses retom­bées éco­no­miques. Le gou­ver­ne­ment doit renon­cer à cette com­mer­cia­li­sa­tion de la recherche », ajoute M. Parent.
RECYC-Québec : plu­sieurs ques­tions demeurent
La Centrale se ques­tionne sur l’abolition de RECYQ-Québec et sur la manière de faire, avant même la fin des consul­ta­tions par­le­men­taires ; les dés semblent pipés d’avance. Elle consi­dère que plu­sieurs zones grises demeurent et c’est pour cette raison qu’elle demande au gou­ver­ne­ment de conser­ver la Société qué­bé­coise de récu­pé­ra­tion et de recy­clage, mais, à défaut, de pré­ser­ver la péren­nité des par­te­na­riats et des concer­ta­tions déve­lop­pés par RECYC-Québec ainsi que son mandat édu­ca­tif et de s’assurer que le volet édu­ca­tif béné­fi­ciera de tout le sou­tien finan­cier néces­saire.
Une réin­gé­nie­rie sans uti­lité
Comme cen­trale syn­di­cale, la CSQ n’est pas indif­fé­rente aux dif­fi­cul­tés bud­gé­taires ren­con­trées par le gou­ver­ne­ment qué­bé­cois. Toutefois, force est de consta­ter que les recom­man­da­tions qu’elle a for­mu­lées dans le cadre de la pré­pa­ra­tion du budget de 2010 et qui auraient permis au gou­ver­ne­ment de trou­ver des sources de finan­ce­ment n’ont pas été rete­nues.
« Nous ne pou­vons rester silen­cieux devant cette entre­prise de déles­tage menée par le Conseil du trésor qui fait suite à la réin­gé­nie­rie de l’État annon­cée au début du pre­mier mandat. Le gou­ver­ne­ment n’a pas fait la démons­tra­tion que ces orga­nismes n’étaient plus néces­saires et que tout trans­fert à un minis­tère n’allait pas alté­rer les mis­sions de ces orga­nismes. Le gou­ver­ne­ment du Québec n’a pas fait non plus la démons­tra­tion que ces fusions ou ces abo­li­tions entraî­ne­ront de véri­tables éco­no­mies finan­cières et contri­bue­ront à résor­ber son défi­cit », conclut le pré­sident de la CSQ.
Information sur le mémoire
La CSQ a pré­senté le mémoire de la Centrale Réingénierie de l’État : l’opération se concré­tise, devantles membres de la Commission des finances publiques dans le cadre des consul­ta­tions par­ti­cu­lières et des audi­tions publiques sur le projet de loi no 130 – Loi abo­lis­sant le minis­tère des Services gou­ver­ne­men­taux et la Société qué­bé­coise de récu­pé­ra­tion et de recy­clage et met­tant en œuvre le Plan d’action 2010-2014 du gou­ver­ne­ment pour la réduc­tion et le contrôle des dépenses en abo­lis­sant et en restruc­tu­rant cer­tains orga­nismes et cer­tains fonds. Il est dis­po­nible sur le site www​.csq​.qc​.net.
Profil de la CSQ
La CSQ repré­sente près de 180 000 membres, dont près de 100 000 font partie du per­son­nel de l’éducation. Elle est l’organisation syn­di­cale la plus impor­tante en édu­ca­tion au Québec. La CSQ est éga­le­ment pré­sente dans les sec­teurs de la santé et des ser­vices sociaux, des ser­vices de garde, du muni­ci­pal, des loi­sirs, de la culture, du com­mu­nau­taire et des com­mu­ni­ca­tions.

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