« Occupons Montréal » : La Ligue des droits et libertés dénonce l’expulsion des indigné-e-s

Par Mis en ligne le 26 novembre 2011

Montréal, le 25 novembre 2011 – La Ligue des droits et liber­tés dénonce vigou­reu­se­ment la déci­sion des auto­ri­tés de la Ville de Montréal d’expulser les indi­gné-e-s du Square Victoria. Cette déci­sion poli­tique porte atteinte à la liberté d’expression, au droit d’association et de mani­fes­ta­tion paci­fique. Elle choque d’autant plus que les indi­gné-e-s ont démon­tré depuis le début de leur occu­pa­tion, une volonté de cher­cher dif­fé­rents amé­na­ge­ments afin de répondre aux exi­gences à chaque fois gran­dis­santes de la Ville à l’égard de leurs installations.

Selon les infor­ma­tions recueillies ce matin sur place par la Ligue auprès des « occu­pant-e-s » des lieux, des démarches se pour­sui­vaient encore à ce moment-là auprès de la Ville de Montréal afin de tenter de négo­cier d’autres amé­na­ge­ments pos­sibles. Les indi­gné-e-s explo­raient en effet d’autres ave­nues et moyens d’expression et il appa­raît encore plus inac­cep­table dans ce contexte que l’on mette ainsi abrup­te­ment fin à l’action des indigné-e-s.

Par ailleurs, en regard de l’opération poli­cière de ce matin, alors que l’opération d’expulsion du Square Victoria était ter­mi­née, la Ligue estime que rien ne jus­ti­fiait l’avis de dis­per­sion servi aux per­sonnes qui se trou­vaient à l’extérieur du péri­mètre de leur inter­ven­tion, ainsi que les manœuvres pour forcer leur dis­per­sion. De plus, la Ligue a constaté que, durant toute la durée de l’opération poli­cière, plu­sieurs agents en ser­vice ne por­taient pas de marque d’identification ce qui est en contra­ven­tion avec les prin­cipes énon­cés par l’article 5 du Code de déon­to­lo­gie policière.

En regard des enjeux de société fon­da­men­taux sou­le­vés par le mou­ve­ment des indi­gné-e-s, la Ligue des droits et liber­tés juge irre­ce­vables les rai­sons invo­quées pour éteindre leurs voix. Ce mou­ve­ment inter­na­tio­nal initié par les mani­fes­tants d’Espagne et de Wall Street lance un mes­sage poli­tique qui devrait être pré­servé et non pas étouffé. La Ligue des droits et liber­tés tient à rap­pe­ler aux élus qu’ils ont le devoir de pré­ser­ver la liberté d’expression, le droit d’association et de mani­fes­ta­tion qui sont le fon­de­ment même de la démo­cra­tie. On ne peut limi­ter l’exercice de la liberté d’expression du seul fait qu’elle dérange, choque ou sim­ple­ment parce qu’elle ne ren­contre pas l’approbation ou les vues de cer­taines per­sonnes ou de cer­tains groupes.


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