À propos de ce numéro
Les mouvements de population déterminent la construction des sociétés et redéfinissent les notions de territoire et de citoyenneté. Sous le capitalisme, les migrations s’accélèrent et acquièrent une grande importance économique. Les migrantEs, en effet, constituent très souvent une main-d’oeuvre prête à tout type d’emploi, à la surexploitation. L’État capitaliste « gère » des flux par un ensemble de dispositifs politiques et juridiques. Avec la mondialisation et depuis les attentats du 11 septembre 2001, ces politiques mettent l’accent sur le contrôle et la répression au détriment des droits.
Dans ce numéro des Nouveaux Cahiers du socialisme, une brochette d’auteurEs examinent le phénomène des migrations. Les différentes contributions mettent en lumière le changement de paradigme en cours – lié au projet néolibéral –, notamment par l’augmentation de la flexibilité et du contrôle. D’autres textes cartographient l’évolution des droits des migrantEs, qui sont souvent instrumentalisées en fonction de ce qui régit le système capitaliste, soit l’accumulation et l’exploitation.
Enfin, ce numéro explore les divers niveaux de résistance, les formes qu’elles acquièrent et leurs interpellations aux mouvements sociaux.
Table des matières
- CAP/NCS, premier bilan
DOSSIER
- Introduction, A.-C. Gayet, F. Thomas, N. M ondain et P. Beaudet
Migrations, capitalisme, État
- Les migrations : luttes sociales et politiques, Pierre Beaudet
- Migrants et citoyens, François Crépeau et Anne-Claire Gayet
- L’« après » Bouchard-Taylor, Florence Thomas
- Crime organisé, trafic des migrantEs et traite des humains, Richard Poulin
- L’immigration au Canada : un modèle à démystifier, Hélène Pellerin
- Justifier l’injustifiable au nom de la sécurité nationale, Delphine Nakache
- L’érosion des droits des réfugiés, Idil Atak
La condition immigrante
- Les travailleurs « à contrat », Anne-Claire Gayet
- Les travailleuses domestiques, Jill Hanley et Nalini Vaddapalli
- L’islamophobie au Canada, Denise Helly
- Les diasporas, Philippe Couton
- La mobilité clandestine africaine, Nathalie Mondain
- Partir la famille… et revenir pour la famille, Alioune Diagne et Nathalie Mondain
- Répression et résistance des migrants au Maroc, S. Boutiyeb, N. Hadj Mohamed, Y. Alisma et J.-A. Muhizi
Bilan de luttes
- Femme, immigration et la FFQ, Alexandra Pierre
- Montréal-Nord Républik Guillaume Hébert
- Résistance sociale à Montréal-Nord, Alain Philoctère
- La lutte des travailleurs agricoles au Canada, Andrea Galvez
- Résistances ouvrières et immigrantes aux États-Unis, Kim Moody
- Les Palestiniens de Bil’in et la justice québécoise, Karine MacAllister
- Le Québec et les défis de l’immigration, Québec solidaire
PERSPECTIVES
- Quand la crise est structurelle, Immanuel Wallerstein
- Relire la révolution nicaraguayenne, Pierre Beaucage
- L’altermondialisme f ace à l’« arc des crises », Michel Warschawski
- Mexique : crises et résistances, James D. Cockcroft
DÉBAT
- Le mouvement syndical comme mouvement social, Ronald Cameron
- Le syndicalisme québécois : un mouvement social en panne sèche ? André Vincent et François Cyr
NOTES DE LECTURE
Articles en lien avec ce numéro
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1 avril 2011
Cahiers du socialisme, Capitalisme / Néolibéralisme, Immigration / Diversité / Autochtones, Inégalités / Classes socialesLa paupérisation de régions entières du globe ainsi que la croissance des inégalités sociales dans les pays et entre les pays ont créé les conditions propices à toutes les formes de trafic et de traite des êtres humains. Les plus touchéEs proviennent principalement des pays du Sud et de l’Est. À l’échelle de ces régions, le bouleversement des structures sociales dû au triomphe de l’économie capitaliste néolibérale favorise l’économie informelle et les déstructurations sociales. De même, l’extension de l’économie de marché et la croissance des inégalités sociales, renforcées par les plans d’ajustement structurel, les endettements des États ainsi que la financiarisation de l’économie sont loin d’exclure ou de marginaliser ses victimes.
Lire la suite… - Les Palestiniens de Bil’in (Cisjordanie occupée) devant la justice québécoise
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Le village palestinien de Bil’in est en partie occupé par la colonie de Modi’in Illit et divisé par le Mur. En 2004, ce Mur a d’ailleurs été déclaré illégal par la Cour international de justice. En 2007, la Cour suprême d’Israël a déterminé que la route du Mur à Bil’in a été conçue pour permettre l’expansion de la colonie et non pour des raisons de sécurité; elle a ordonné que le Mur soit déplacé, mais pas démantelé comme le demande la Cour internationale de justice. Depuis, le Mur demeure où il a été construit et la colonie ne cesse de s’étendre. La Cour israélienne a approuvé ces nouvelles constructions ainsi que l’octroi a posteriori de permis de construction pour le nouveau « quartier résidentiel » de la colonie, Mattiyahu. Ce nouveau « quartier » est construit par deux entreprises canadiennes enregistrées au Québec : Green Park International et Green Mount International.
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27 mars 2011
Cahiers du socialisme, Inégalités / Classes sociales, Internationale / Mondialisation / Rapports Nord-SudLes migrants font partie intégrante de la cité : aussi devraient-ils en être reconnus citoyens. Ils seraient des citoyens avec un petit « c » puisqu’ils n’ont pas la nationalité; mais, localement, ils seraient considérés sur un pied d’égalité avec tous ceux et celles qui vivent et travaillent dans la cité. Les migrants irréguliers travaillent tous (ils ne peuvent pas se permettre de ne pas le faire) et leur exploitation contribue souvent à la compétitivité de secteurs économiques spécifiques. Ils paient des taxes sur tout ce qu’ils achètent ou louent, et utilisent peu les services publics. L’absence de statut administratif leur reconnaissant des droits les vulnérabilisent. Donner à ces personnes un statut significatif, même localement, contribuerait grandement à combattre l’exploitation et la discrimination. Pour répondre aux situations d’abus auxquels font face les migrants en situation irrégulière, quelques communautés locales ont adopté une attitude différente: leurs décisions méritent d’être mentionnées afin d’inspirer d’autres collectivités.
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Classé au 130e rang sur 182 pays du classement de développement humain de 2009 selon le PNUD, le Maroc reste un pays de grandes vulnérabilités, et ce en dépit des avancées réalisées depuis quelques années. En effet, même si le taux de croissance annuel est de 6 %, le chômage reste très élevé (près de 20 %). On comprend, dès lors, que l’émigration vers le monde occidental représente pour de nombreux marocains un objectif à atteindre. Avec plus de 10 % de sa population vivant à l’extérieur du pays, le « grand départ » est souvent la seule voie pour s’en sortir, non seulement pour les migrants eux-mêmes, mais aussi pour leurs familles, qui vivent ainsi des transferts financiers et non-financiers, qui contribuent non seulement à assurer les besoins élémentaires, mais également à financer de petits projets générateurs de revenus.
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25 mars 2011
Cahiers du socialisme, Immigration / Diversité / Autochtones, Inégalités / Classes socialesEn contraste avec la tradition d’immigration permanente qui le caractérisait, l’immigration temporaire au Canada est en augmentation constante depuis le début des années 1990, au point que le nombre des travailleurs temporaires a dépassé celui des immigrants sélectionnés.
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24 mars 2011
Cahiers du socialisme, Immigration / Diversité / Autochtones, Inégalités / Classes socialesOn estime aujourd’hui que 50 millions de personnes vivent et travaillent en situation irrégulière à l’étranger. Elles seraient entre 1.8 à 3,3 millions dans 15 États membres de l’Union européenne (UE) et plus de 10 millions aux États-Unis (contre 3,5 millions en 1990). Au Canada, le phénomène concernerait entre 80 000 et 500 000 personnes, dont 20 000 à 50 000 à Montréal. Cependant, ces chiffres demeurent approximatifs : la migration irrégulière est, par définition, impossible à mesurer avec précision. La frontière entre la migration de travail et la migration forcée s’estompe : les causes de départ sont de plus en plus interconnectées, puisque la guerre et l’instabilité engendrent le déficit démocratique et la pauvreté.
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23 mars 2011
Cahiers du socialisme, Immigration / Diversité / Autochtones, Inégalités / Classes sociales, Québec / CanadaDepuis un certain nombre d’années, un écart important existe entre l’expérience des migrants installés définitivement ou temporairement dans le pays et l’accueil qui leur était promis. On a d’abord vu une hausse fulgurante des travailleurs étrangers temporaires (de 47 % entre 2004 et 2007 selon les données du Ministère de la Citoyenneté et de l’Immigration). Et depuis 2006, l’entrée de travailleurs temporaires dépasse celle des immigrants économiques.
Cette migration temporaire liée au travail se retrouve dans de nombreux programmes distincts selon les critères d’admission, la réglementation sectorielle de l’emploi ou selon le cadre institutionnel de l’entente. Dans le cas de la migration de travailleurs non spécialisés, trois programmes existent: le programme des aides familiaux résidants, les programmes de travailleurs agricoles saisonniers (PTAS) et un programme de travailleurs temporaires peu spécialisés. Il convient de souligner l’ascension fulgurante des PTAA, issu d’ententes entre le Canada, quelques pays des Caraïbes, le Mexique et le Guatemala.
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22 mars 2011
Cahiers du socialisme, Immigration / Diversité / Autochtones, Inégalités / Classes sociales, Québec / CanadaDans des villages comme Leamington, Saint-Rémi, Kelowna, Abbotsford ou Saint-Eustache, près de 50 % de la main d’œuvre est migrante. Le flux de travailleurs n’est plus saisonnier. Le développement de serres, la diversification des cultures, et l’apparition de nouvelles techniques de production qui allongent le nombre de récoltes ont contribué à ce phénomène. Il faut donc d’une part mettre en lumière la permanence des programmes dits temporaires.
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Les événements du 11 septembre 2001 et la lutte au terrorisme qui en a découlé ont mis en évidence des pratiques de fermeture croissante des frontières que les États avaient déjà commencé à exercer au cours des dernières décennies. Au Canada, ces choix politiques et ces pratiques se sont cristallisés à travers une série de mesures visant à sécuriser l’accès au territoire canadien et à la frontière entre les États-Unis et le Canada.
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Il y a une dizaine d’années, 2 % des Canadiens (579 000 personnes, selon le recensement de 2001) se déclaraient musulmans comparativement à 43 % catholiques, 29 % protestants et 16 % sans affiliation religieuse. L’islam est néanmoins la religion qui croît le plus rapidement; en 2017 il pourrait compter environ1.5 million de fidèles.
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