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Université populaire 2015

L’enjeu derrière les élections fédérales

Dans un arti­cle paru dans l’édition du Devoir du 29 juillet der­nier, Michel Roche et Louis Gill appel­lent l’électorat qué­bé­cois à se donner les moyens de sortir du Canada afin de s’opposer aux poli­ti­ques néo­li­bé­ra­les du gou­ver­ne­ment Harper en appuyant le Bloc qué­bé­cois. C’est une logi­que un peu courte d’autant plus qu’ils éva­cuent, éton­nam­ment, des ques­tions fon­da­men­ta­les comme la lutte contre les poli­ti­ques d’austérité et la soli­da­rité des peu­ples, ainsi que l’autonomie de classe des mou­ve­ments sociaux.

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Lutter ensemble
jeudi 6 août 2015
Université populaire 2015

Héritier de l’Empire bri­tan­ni­que, l’État cana­dien a été construit comme un rem­part contre les peu­ples habi­tant le ter­ri­toire, dont les Québécois-es et les autoch­to­nes, uti­li­sant une vaste pano­plie de moyens pour repro­duire son contrôle. D’emblée, la classe domi­nante cana­dienne n’a cessé d’approfondir les bonnes vieilles tech­ni­ques du « divide and rule » en aggra­vant et en créant des contra­dic­tions entre les peu­ples. Au départ la colo­ni­sa­tion euro­péenne (fran­çaise et anglaise) a relé­gué les Premiers Peuples aux marges de l’État. Sous la « confé­dé­ra­tion », ils ont été confi­nés dans des réser­ves et écra­sés mili­tai­re­ment lorsqu’ils se sont révol­tés, comme durant les rébel­lions ani­mées par Louis Riel.

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« Big brother » est dans l’eau chaude
mercredi 5 août 2015
Université populaire 2015

Tout au long du siècle der­nier, les domi­nants ont cher­ché à éta­blir leur supré­ma­tie sur le monde. Sous les formes du colo­nia­lisme direct et de l’esclavage, ou sous les formes de la domi­na­tion éco­no­mi­que, l’impérialisme a pris forme autour de gran­des puis­san­ces. Celles-ci se sont alors affronté les unes aux autres, d’une guerre à l’autre. Plus tard, à mi-chemin dans le siècle der­nier, la résis­tance des peu­ples contre ces impé­ria­lis­mes a marqué de grands coups. En Europe, le fas­cisme alle­mand a été battu. Dans les colo­nies, les luttes anti-impé­ria­lis­tes ont vaincu l’impérialisme amé­ri­cain, au Vietnam, à Cuba, en Angola et ailleurs. Plus récem­ment, l’infâme « guerre sans fin » lancée par le pré­si­dent Bush au Moyen-Orient a connu de reten­tis­sants échecs en Irak, en Afghanistan, en Palestine, pré­ci­pi­tant les États-Unis et leurs alliés-subal­ter­nes comme le Canada, dans la plus grande crise éco­no­mi­que depuis 1929.

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Cherchez les communs
mardi 4 août 2015
Université populaire 2015

Depuis que l’humanité est l’humanité, on sait que se mettre ensem­ble, c’est mieux que d’être tout seul. On sait aussi que l’on doit défen­dre un patri­moine commun, qui est la fon­da­tion de la vie, et qu’on appelle sou­vent la « nature » : les formes de vie, l’eau, l’air, la terre, la lumière, etc. Les com­muns, c’est aussi nos capa­ci­tés de com­mu­ni­ca­tion, de réflexion, d’échanges, bref ce qui fait la col­lec­ti­vité.

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Vers la décolonisation du savoir
lundi 3 août 2015
Université populaire 2015

Pendant long­temps, l’université a été un lieu de for­ma­tion des élites par les élites. On incul­quait la vérité abso­lue, celle de l’autorité : Dieu-famille-patrie-papa. En plus, on pré­pa­rait les jeunes à com­bat­tre les méchants athées, les « com­mu­niss », les « fémi­nisss » et d’autres affreux dis­si­dents. C’était un sys­tème fermé bien qu’ici et là, il y avait des intel­lec­tua­li­tés excep­tion­nel­les qui osaient braver le pou­voir.

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Économie verte : marchandiser la planète pour la sauver ?

Définie par l’ONU comme « une manière éco­lo­gi­que de faire des affai­res », l’économie verte entend récon­ci­lier crois­sance et nature. Le troi­sième pilier du déve­lop­pe­ment dura­ble (le social) mis entre paren­thè­ses, le temps de reboos­ter le pre­mier (l’économique) en valo­ri­sant le deuxième (l’environnemental) ? A défaut de pro­té­ger les res­sour­ces et de par­ta­ger les riches­ses, le capi­ta­lisme, désor­mais vert, y sau­ve­rait sa peau. La contro­verse clive les États du Nord et du Sud.

La « Green Economy » fait florès. Elle est de pra­ti­que­ment tous les grands rap­ports inter­na­tio­naux et forums onu­siens depuis 2008. Avec comme prin­ci­pal point culmi­nant à ce jour, le Sommet de la Terre « Rio+20 », tenu en 2012 au Brésil. C’est le nou­veau leit­mo­tiv, la nou­velle pana­cée, le moteur éco­lo­gi­que d’une crois­sance éco­no­mi­que à main­te­nir ou à relan­cer. C’est aussi la nou­velle appel­la­tion trendy du déjà ancien « déve­lop­pe­ment dura­ble », pres­crit deux décen­nies plus tôt, en 1992, à Rio éga­le­ment. Ou plutôt le moyen, cette fois, d’y abou­tir, car les enga­ge­ments pris alors par la com­mu­nauté inter­na­tio­nale n’ont été que très par­tiel­le­ment res­pec­tés. Pas de « déve­lop­pe­ment dura­ble » sans « éco­no­mie verte ». C’est la voie « natu­relle » à pri­vi­lé­gier. Le troi­sième pilier du déve­lop­pe­ment dura­ble (« le social ») mis entre paren­thè­ses, le temps de reboos­ter le pre­mier (« l’économique ») en valo­ri­sant le deuxième (« l’environnemental ») ?

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Les traités de libre-échange : L’expérience de l’ALÉNA et le Traité Transpacifique

En ce moment, les États-Unis négo­cient avec onze autres pays le traité Trans-Pacifique qui doit régu­ler les inves­tis­se­ments dans l’ensemble de cette zone. Ces négo­cia­tions sont tenues secrè­tes pour les peu­ples concer­nés, mais elles ne le sont pas pour les capi­ta­lis­tes impli­qués. Pour les seuls États-Unis, les repré­sen­tants d’environ 600 entre­pri­ses y sont inté­grés jusqu’au cou.

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Au pays de l’or noir, l’orange triomphe

Tard en soirée, le mardi 5 mai, des mil­liers de gens, eupho­ri­ques, se sont retrou­vés au centre-ville d’Edmonton, au quar­tier géné­ral du NPD pro­vin­cial. Le parti de Rachel Notley, contre toute attente, venait de rem­por­ter la vic­toire aux élec­tions pro­vin­cia­les. Des mil­liers de jeunes, des cen­tai­nes de moins jeunes, tous por­tant fiè­re­ment l’orange, étaient eupho­ri­ques mardi soir. Plusieurs ont pleuré, sur­tout les plus vieux, qui ont connu Grant Notley, le père de Rachel Notley, député et chef du NPD de 1974 à 1984, année de sa mort tra­gi­que dans un acci­dent d’avion.

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Grèce
« La voie de la sagesse, c’est celle de la sortie de l’euro et du changement social »

Ce texte est la trans­crip­tion tra­duite de l’intervention de Costas Lapavitsas au col­lo­que « Democracy Rising », tenu à Athènes le 17 juillet 2015. Les inter­ti­tres sont de notre res­pon­sa­bi­lité.

Costas Lapavitsas est député élu au Parlement grec, membre de la Plateforme de gauche de Syriza, et pro­fes­seur d’économie à SOAS (School of Oriental and African Studies, Londres).

Une capi­tu­la­tion désas­treuse

Le gou­ver­ne­ment Syriza vient de signer un nouvel accord de sau­ve­tage. C’est un très mau­vais accord, pour des rai­sons évi­den­tes que je vais énu­mé­rer.

Tout d’abord, cet accord est réces­sif. Il va plon­ger l’économie grec­que dans la réces­sion. Parce que les seules aug­men­ta­tions d’impôts s’élèvent à 2 % du PIB. Elles concer­nent sur­tout la TVA, impôt indi­rect pré­levé sur des pro­duits prin­ci­pa­le­ment consom­més par les tra­vailleurs. Mais elles concer­nent aussi les entre­pri­ses et vont d’abord frap­per les peti­tes et moyen­nes entre­pri­ses, qui demeu­rent la colonne ver­té­brale de l’économie grec­que. L’agriculture est sans doute le sec­teur le plus dure­ment touché par cette aug­men­ta­tion : l’impôt sur le revenu versé par les agri­cul­teurs va dou­bler, et ils seront soumis à de nou­vel­les obli­ga­tions. Ces mesu­res sont incon­tes­ta­ble­ment réces­si­ves. Elles arri­vent à un moment où l’économie grec­que chan­celle au bord du pré­ci­pice. Il ne fait aucun doute qu’elles vont la faire bas­cu­ler dans la réces­sion.

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Ne pas baisser les bras

Ils sont, ils étaient, ils seront des cen­tai­nes, des mil­liers, des cen­tai­nes de mil­liers à partir pour ne jamais arri­ver. Et comme d’habitude, après le temps de l’émotion et de l’indignation vien­dra celui de l’oubli et de l’indifférence. Ils sont, ils étaient, ils seront tous oubliés parce que des poli­ti­ques éco­no­mi­ques inéga­li­tai­res et assas­si­nes conti­nue­ront à secré­ter le chô­mage et la pau­vreté de masse, les conflits armés et le réchauf­fe­ment cli­ma­ti­que. Au cours des vingt der­niè­res années, pres­que 30 000 per­son­nes ont péri aux portes de l’Europe. Depuis le début de 2015 que l’Europe a pro­clamé « l’année du déve­lop­pe­ment », on estime à 1 700 le nombre de morts, voire plus, car cette com­pa­ti­bi­lité maca­bre est hasar­deuse.

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