Thème

Québec / Canada

Le point tournant :
Un autre Québec est en marche

La po­li­ti­sa­tion du conflit re­latif aux frais de sco­la­rité a franchi un nou­veau cap avec la sug­ges­tion du mi­nistre des fi­nances d’en faire l’enjeu d’une pro­chaine élec­tion. Non seule­ment cette sug­ges­tion est-elle ir­res­pon­sable, en ce qu’elle dé­porte sine die le rè­gle­ment du conflit, mais elle est éga­le­ment mé­pri­sante pour l’exercice même de la dé­mo­cratie par­le­men­taire et le de­voir d’élaborer des consensus. Après avoir laissé pourrir le conflit jusqu’à un point de non re­tour, alors que toutes les so­lu­tions de rè­gle­ment étaient dis­po­nibles dès le dé­part, y com­pris celle d’un mo­ra­toire et de la mise sur pied d’une com­mis­sion sur le fi­nan­ce­ment des uni­ver­sités qui sont évo­quées après douze se­maines d’inertie, le gou­ver­ne­ment a l’impudence de se ré­fu­gier der­rière la mé­ca­nique élec­to­rale pour se dé­rober encore.

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REEE et RPR, de fausses solutions aux effets pervers

Avec le débat sur l’augmentation des frais de sco­la­rité, on voit ap­pa­raître deux acro­nymes, REEE et RPR, que l’on pré­sente comme des so­lu­tions avan­ta­geuses pour les étu­diants et leurs fa­milles : des pa­rades qui per­met­traient de conci­lier hausse des frais et main­tien de l’accessibilité aux études. Dans ce petit texte, on vou­drait mon­trer qu’il n’en est rien et que ces pseudo-solutions com­portent même plu­sieurs ef­fets pervers.

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Déclaration du 4 mai 2012
Appel à sortir du cirque et de l’encadrement du spectacle

Pen­dant que les mé­dias qué­bé­cois dé­battent de ques­tions tri­viales - vote se­cret, in­dexa­tion, po­si­tion du PQ, « vio­lence » — ce sont étran­ge­ment les jour­na­listes étran­gers qui semblent le mieux à même de saisir l’importance de la lutte que mènent les étudiant-e-s du Québec.

Selon le Guar­dian britannique[1] : les étu­diants du Québec sont « the most po­werful chal­lenge to neo­li­be­ra­lism on the conti­nent» (le plus im­por­tant défi pour le néo­li­bé­ra­lisme du conti­nent). Même Paris Match, le journal people fran­çais, s’interroge : « Le pre­mier grand mou­ve­ment socio-écologique est-il en train de naître dans la Belle Pro­vince ? Ra­re­ment, en tout cas, re­ven­di­ca­tions éco­no­miques, so­ciales et en­vi­ron­ne­men­tales n’ont paru aussi im­bri­quées à une telle échelle et sur une telle durée. C’est sans doute l’un des as­pects les plus no­va­teurs de ce « prin­temps érable » ». Même si les chro­ni­queurs s’acharnent à faire passer le mou­ve­ment étu­diant pour un mou­ve­ment par­ti­cu­la­riste, on doit constater que le prin­temps qué­bé­cois, au même titre que le prin­temps arabe, est en lutte contre un sys­tème global et une élite dé­ta­chée, men­son­gère et corrompue.

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J’ai mal à mon Québec

Je prends pa­role aujourd’hui à titre per­sonnel, mais ap­puyée par l’organisation que je pré­side, la Fé­dé­ra­tion des femmes du Québec. Je suis Qué­bé­coise par choix et non par nais­sance. J’ai choisi de vivre à Mont­réal, Québec plutôt qu’à Mon­treal, Ca­nada après avoir grandi en an­glais à Mont­réal, à To­ronto et à Londres. À 19 ans, je suis tombée en amour avec le Québec fran­co­phone. Assez pour y rester, pour m’y in­vestir et pour y élever mes enfants.

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Les vieilles et les vieux avec les jeunes contre la hausse

Nous vous in­vi­tons, si vous avez 60 ans ou plus

  1. à ap­puyer la dé­cla­ra­tion suivante;
  2. à par­ti­ciper à une courte ma­ni­fes­ta­tion qui par­tira de la place Émilie-Gamelin le di­manche 6 mai à 11 h; aux fins de mise en scène, ap­portez une canne;
  3. à faire cir­culer parmi les vieilles et les vieux SVP.

Ré­pondre : J’endosse — à : vieuxcontrelahausse@gmail.com

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En marge du Premier Mai 2012
Le mouvement est populaire, la lutte est politique

Pen­dant des dé­cen­nies, des grandes luttes po­pu­laires ont sorti le Québec de la grande noir­ceur, ce qu’on a ap­pelé la ré­vo­lu­tion pas-si-tranquille. Le peuple a vaincu la mi­sère et l’indignité im­po­sées par une poi­gnée de big boss et de po­li­ti­ciens vé­reux. Il a im­posé que les gens or­di­naires aient accès à la santé et à l’éducation, et que les tra­vailleurs et tra­vailleuses ne soient plus ces por­teurs d’eau qu’on me­nait à coups de bâ­tons, que les femmes ne soient plus sou­mises à une « loi » venue du plus pro­fond du pa­triarcat. Oui, le peuple a éla­boré l’ébauche d’une nou­velle so­ciété, éman­cipée et libre.

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Déclaration du 25 avril 2012
Pour la défense de la société

Le Québec vit ac­tuel­le­ment une des crises les plus pro­fondes de son his­toire de­puis la crise d’Octobre. Le gou­ver­ne­ment dit que les dés sont joués, que la fa­ta­lité du destin au­rait mené la so­ciété qué­bé­coise et ses uni­ver­sités à in­té­grer le ca­pi­ta­lisme glo­ba­lisé. D’autres prônent le dia­logue et le consensus. Mais le dia­logue est im­pos­sible. Le gou­ver­ne­ment au­to­ri­taire n’écoute pas : il op­pose les in­jonc­tions, les ma­traques et l’humiliation. Il de­mande aux étudiant-e-s de s’excuser chaque fois qu’une pou­belle est ren­versée. Ou qu’une banque est blo­quée du­rant l’heure du diner. Nous sommes dans l’impasse.

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Le coût de la gratuité

Convaincu que la hausse des droits de sco­la­rité est ab­so­lu­ment es­sen­tielle, le gou­ver­ne­ment Cha­rest n’en a ja­mais évoqué la pos­si­bi­lité. Mais l’idée d’instaurer la gra­tuité sco­laire n’a en pas moins fait l’objet d’analyses éco­no­miques. Et règle gé­né­rale, les cal­culs in­diquent que celle-ci obli­ge­rait Québec à y consa­crer moins de 1 % de son budget de dépenses.

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La gratuité scolaire tout en faisant sa juste part

L’enlisement du débat sur les droits de sco­la­rité nous a ré­cem­ment poussé à ré­flé­chir sur les modes de fi­nan­ce­ment du sys­tème d’éducation uni­ver­si­taire qué­bé­cois. In­ter­pelés par une si­tua­tion sem­blant vrai­sem­bla­ble­ment se di­riger vers un cul-de-sac, nous nous sommes posés la ques­tion sui­vante : serait-il pos­sible de mettre en place un sys­tème qui per­met­trait d’améliorer l’accessibilité uni­ver­si­taire tout en conser­vant à un ni­veau adé­quat le fi­nan­ce­ment des uni­ver­sités et ce sans de­mander aux contri­buables qué­bé­cois de payer davantage ?

Nous croyons qu’un tel sys­tème est possible.

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Confessions de boomers non-repentis
Malgré le frette et les barbares

C’est il y a long­temps et c’est hier. C’est du temps du frette et des bar­bares. Dans les rues de la ville, on est des mil­liers. On se re­garde, on se trouve beaux. On oc­cupe nos écoles, nos col­lèges et nos uni­ver­sités, même si on se fait planter. On dé­file dans les rues, quelques fois pa­ci­fi­que­ment, quelques fois moins. On est in­so­lents. On pense que tout est pos­sible, quelque part, une cer­taine année 1968.

Chaque jour on se sur­prend à se sur­prendre en écou­tant Prague, Paris, Shan­ghai, Buenos Aires, Los An­geles. On lit Sartre, Marx, Paul Nizan, Mar­cuse, Hu­bert Aquin. On ne sait presque rien, on est cu­rieux. Nos profs ont 30 ans, nous on en a 20. On écoute Bob Dylan et Ray­mond Lé­vesque. Au tour­nant d’un soir frais, on est frappé par le Chat dans le sac, le film-choc de Gilles Groulx. On fri­sonne en li­sant Speak White de Mi­chèle La­londe. On tombe en amour deux fois par jour. On or­ga­nise des ma­nifs deux fois par se­maine. On se fait ta­basser par les boeufs deux fois par mois. On se voit partir vers les com­munes de Ca­li­fornie et pour­quoi pas, vers les camps de ré­fu­giés pa­les­ti­niens. Et c’est ainsi que nous ap­pre­nons à ap­prendre, en y per­dant, par­fois, au pas­sage, quelques ses­sions et quelques luttes.

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