Thème

Philo / Socio / Politique

Reprendre du pouvoir sur la production

1. Le constat : sou­mis­sion et in­ten­si­fi­ca­tion du travail

Le constat que l’on peut faire de la dé­gra­da­tion du rap­port de force des tra­vailleurs, et en par­ti­cu­lier de leurs condi­tions de tra­vail, est très sombre. Si pen­dant les « Trente glo­rieuses », l’assujettissement dans le tra­vail sa­larié (par la tay­lo­ri­sa­tion et la sou­mis­sion au rythme de la ma­chine, par l’omniprésence des chefs, par l’absence de toute au­to­nomie dans le tra­vail) s’était ac­com­pagné, et avait en quelque sorte été « com­pensé », par des aug­men­ta­tions de sa­laires, des ac­quis so­ciaux en terme de men­sua­li­sa­tion, de pro­tec­tion so­ciale et de congés payés, ce com­promis est fini.

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Le spectre qui hante l’économie marxiste (1/3)
Vendredi 13 avril 2012
Philo / Socio / Politique

Aux États-Unis, les éco­no­mistes ra­di­caux se ré­cla­mant de Karl Marx, tirent de Das Ka­pital ce qu’ils ap­pellent le « théo­rème mar­xien fon­da­mental », à sa­voir l’idée d’après la­quelle le sur­plus de la pro­duc­tion réa­lisée par les tra­vailleurs est la source prin­ci­pale du profit des en­tre­prises. La mise en avant de ce « théo­rème » est sur­tout le fait des mar­xistes “néo­ri­car­diens” (ou “mar­xistes” néo­ri­car­diens, comme di­raient leurs ad­ver­saires), dis­ciples de l’économiste ita­lien Piero Sraffa, an­cien com­pa­gnon de route du PCI et ami de Gramsci (mais aussi de Keynes et de Witt­gen­stein). La théorie de Sraffa pro­pose en effet une dé­mons­tra­tion ma­thé­ma­tisée de ce que le sens commun en­seigne à n’importe quel mi­li­tant ou­vrier : les sa­laires va­rient en raison in­verse des pro­fits, ou ce qui re­vient au même, les pro­fits des uns sont les pertes des autres. Si en effet là ré­side le cœur de l’économie po­li­tique mar­xienne, alors, il n’y a aucun pro­blème à re­noncer, comme l’ont fait Paul Baran et Paul Sweezy, à la baisse ten­dan­cielle du taux de profit comme mé­ca­nisme d’explication (voire de pré­dic­tion) de l’effondrement du capitalisme.

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Manifestes pour l'indépendance de l'art Borduas, Pellan, Dada, Breton, Rivera, Trotsky
Art, politique, révolution
M éditeur

Quels sont les liens entre l’indépendance de l’art, la po­li­tique et la ré­vo­lu­tion ? Louis Gill les ex­plore à partir des dif­fé­rents ma­ni­festes qui ont fait leur marque et in­fluencé leur époque, dont Refus global (1948), écrit po­li­tique fon­da­teur du Québec mo­derne, ré­digé par Paul-Émile Bor­duas, et Prisme d’yeux (1948), signé par un groupe d’artistes animés par Al­fred Pellan.

Les ma­ni­festes qué­bé­cois pour un art in­dé­pen­dant ne tom­baient pas du ciel pour seule cause de Grande Noir­ceur. Ils ont été pré­cédés par ceux du da­daïsme (1916 – 1922) et du sur­réa­lisme (1924 et 1930), par Pour un art ré­vo­lu­tion­naire in­dé­pen­dant (1938) et par Rup­ture inau­gu­rale (1947), qui a in­fluencé la fac­ture dé­fi­ni­tive de Refus global. À tra­vers ces ma­ni­festes, Louis Gill montre com­ment la re­cherche de la li­bé­ra­tion de l’esprit comme fin en soi a fait place à la convic­tion de la né­ces­sité d’une révo­lution de la so­ciété, comme condi­tion de la li­berté de la créa­tion ar­tis­tique et de l’activité in­tel­lec­tuelle en gé­néral. Des ac­ti­vités qui ne sau­raient être sou­mises au pou­voir éta­tique, comme en té­moignent ces né­ga­tions de l’art qu’ont été le « réa­lisme so­cia­liste » sta­li­nien et l’« art hé­roïque » hit­lé­rien. L’art en­gagé n’est un art authen­tique que s’il est in­dé­pen­dant et libre de toute tutelle.

« L’indépendance de l’art pour la ré­vo­lu­tion. La ré­vo­lu­tion pour la li­bé­ra­tion dé­fi­ni­tive de l’art ! » (Pour un art ré­vo­lu­tion­naire indé­pendant), n’est-ce pas là une idée-force tou­jours d’actualité ?

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De la misère en milieu étudiant
considérée sous ses aspects économique, politique, psychologique, sexuel et notamment intellectuel et de quelques moyens pour y remédier

De la misère en milieu étudiantDans le contexte ac­tuel, il nous semble per­ti­nent de re­dif­fuser De la mi­sère en mi­lieu étu­diant, texte scan­dale pu­blié un an et demi avant mai 1968, à l’Université de Stras­bourg par l’Association des étu­diants de Stras­bourg (AFGES) et l’In­ter­na­tio­nale si­tua­tio­niste (IS). Cette bro­chure eut une grande ré­per­cus­sion lors des évé­ne­ments de Mai 68. Et les évé­ne­ments de mai 68, en France, eurent au Québec une in­fluence im­por­tante no­tam­ment lors du mou­ve­ment d’occupation des cé­geps à l’automne 1969, ainsi que sur la crise po­li­tique d’Octobre 70′.  [NDLR — André Vincent]

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Le mouvement étudiant et la question de la justice sociale

L’idée de cet échange entre Jo­celyn Ma­clure et moi-même ré­sulte d’un constat. Le débat in­tel­lec­tuel au sujet des grands chan­tiers po­li­tiques du gou­ver­ne­ment Cha­rest et, plus pré­ci­sé­ment, au sujet de la hausse des droits, souffre d’une po­la­ri­sa­tion qui a pour ré­sultat de gommer les nuances du dis­cours de chaque camp. J’ai moi-même tenu des propos qui ont paru à plu­sieurs comme étant trop tran­chés pour in­viter à l’échange. Même si ce n’est pas ce que je re­cherche, je ne peux pas re­fuser leur per­cep­tion des choses à cer­tains de mes interlocuteurs.

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Gramsci, notre contemporain

Bonnes feuilles de l’anthologie des Ca­hiers de prison d’Antonio Gramsci pu­bliée par Razmig Keu­cheyan, sous le titre Guerre de mou­ve­ment et guerre de po­si­tion (La Fa­brique, 2012). Le texte qui suit est l’introduction au cha­pitre 5 de cette an­tho­logie, qui in­clut des textes des ca­hiers 13, 14, 15 et 25.

Les ca­hiers qui suivent consti­tuent un des som­mets de la tra­di­tion mar­xiste, et de la pensée po­li­tique du XXe siècle en gé­néral. Gramsci se de­mande en ou­ver­ture du ca­hier 13 à quoi res­sem­ble­rait Le Prince de Ma­chiavel (pu­blié en 1532) s’il était écrit à son époque. Le « prince mo­derne » ne peut en aucun cas être une per­sonne réelle, comme par le passé, ses qua­lités fussent-elles hors du commun. Ce ne peut être qu’un col­lectif, un « élé­ment com­plexe de so­ciété », comme dit Gramsci. Ce col­lectif n’est autre que le parti, le parti com­mu­niste que Gramsci a consacré sa vie à construire. Le « prince » dé­signe des en­tités de na­ture dif­fé­rente au cours de l’histoire. À la fin du XVIIIe siècle, les ja­co­bins sont une in­car­na­tion du « prince », qui n’est plus le sou­ve­rain in­di­vi­duel de l’époque de Ma­chiavel, mais pas en­core le col­lectif com­plexe que sera un siècle plus tard le parti com­mu­niste. Une ques­tion in­té­res­sante se­rait de se de­mander quelle pour­rait être la nou­velle in­car­na­tion du « prince » en ce début de XXIesiècle…

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Socialisme et néolibéralisme

Le débat d’idée qui pré­vaut sur la pri­va­ti­sa­tion du sec­teur pu­blic ou sur l’accès à l’éducation pour tous, tient à peu de chose en réa­lité. Il s’agit de deux concep­tions du monde sur les pro­grès de société.

Par
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Opium du peuple ? Marxisme critique et religion

Par­ti­sans et ad­ver­saires du mar­xisme semblent s’accorder sur un point : la cé­lèbre phrase « La re­li­gion est l’opium du peuple » re­pré­sente la quin­tes­sence de la concep­tion mar­xiste du phé­no­mène re­li­gieux. Or, cette for­mule n’a rien de spé­ci­fi­que­ment marxiste.

On peut la trouver, avant Marx, à quelques nuances près, chez Kant, Herder, Feuer­bach, Bruno Bauer et beau­coup d’autres. Pre­nons deux exemples d’auteurs proches de Marx.

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La société contre le marché
Un inédit de Polanyi

Dans cet ou­vrage in­achevé et in­édit, K. Po­lanyi s’intéresse aux so­ciétés « désen­cas­trées » qui, dans l’Antiquité no­tam­ment, su­bor­don­naient le dé­ve­lop­pe­ment de leur éco­nomie à des ob­jec­tifs po­li­tiques. L’existence d’un com­merce sans marché prouve ainsi, selon Po­lanyi, que le ca­pi­ta­lisme n’a rien de naturel.

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La bataille de l’université : l’anti-modèle ontarien

Nous, professeurs-es et chercheurs-es à l’Université d’Ottawa et résidents-es du Québec, sommes très préoccupés-es par les en­jeux sou­levés par la grève étu­diante qui se­coue le ré­seau col­lé­gial et uni­ver­si­taire ce prin­temps. En so­li­da­rité avec cette prise de conscience et d’action col­lec­tive face à l’injustice d’une hausse an­noncée des droits de sco­la­rité, nous dé­si­rons faire état de nos ex­pé­riences concrètes et de nos pers­pec­tives à l’égard de cette me­nace en­vers l’une des as­sises de la vie ci­toyenne dé­mo­cra­tique : l’éducation post-secondaire.

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