Thème

Philo / Socio / Politique

Lancement du Webzine « Nous autres »
NOUS AUTRES se présente…

Parce que nous sommes nom­breux à être sortis de l’ombre où un ca­pi­ta­lisme triom­phant nous avait re­légué, nous avons res­senti le be­soin de nous re­grouper pour écrire, filmer, créer. Pour té­moi­gner, en somme, des évé­ne­ments ex­tra­or­di­naires qui se­couent le confort et l’indifférence du Québec. [Éditorial]

Nous y sommes. Après des mois de dé­bats, de ré­flexions, d’analyses, de créa­tion, de pleurs, d’espoirs - d’indignation, sur­tout. L’indignation enfin conju­guée au Nous. Des voix qui se re­trouvent dans la soif du dia­logue, de re­cons­truire une vie en com­mune qui nous ras­semble plutôt qu’elle nous divise.

Ce « pre­mier nu­méro » du ma­ga­zine Nous Autres est à l’image de la di­ver­sité des ex­pé­riences et des points de vues de ses ar­ti­sans. Bien qu’il évo­luera dans les pro­chains jours en vous pro­po­sant de nou­velles pa­ru­tions, il vous offre dès sa mise en ligne deux dou­zaines de textes et de do­cu­ments vi­déos pro­duits par ses membres fon­da­teurs et quelques col­la­bo­ra­teurs externes.

Lire la suite…
Reprendre nos esprits

mettre le déses­poir en joue
bra­quer sur l’immonde
le ba­rillet de sa beauté
rester en elle
ne re­culer de­vant rien
tout ré­ap­prendre du ma­nie­ment des larmes
- Fer­nand Durepos

Nous as­sis­tons dans le Québec à ce que l’américain Chris­to­pher Lasch ap­pe­lait « La ré­volte des élites » ; celles-ci ont en­tamé une guerre de dé­pos­ses­sion sans merci contre le peuple et la chose com­mune, la res pu­blica. « Il fut un temps, di­sait Lasch, où ce qui était sup­posé me­nacer l’ordre so­cial et les tra­di­tions ci­vi­li­sa­trices de la culture oc­ci­den­tale, c’était la Ré­volte des masses. De nos jours, ce­pen­dant, il semble bien que la prin­ci­pale me­nace pro­vienne non des masses, mais bien de ceux qui sont au sommet de la hié­rar­chie ». Ainsi en va-t-il chez nous, où la classe do­mi­nante a dé­cidé de dé­truire les va­leurs de la Ré­vo­lu­tion tran­quille, les ser­vices pu­blics, et de passer à tabac ceux qui pré­tendent contester, al­lant jusqu’à sus­pendre des li­bertés ci­viles fon­da­men­tales avec la loi 78.

Lire la suite…
De quelques considérations sur l’électoralisme et l’abstentionnisme

Ré­ponse d’un li­ber­taire so­li­daire aux anar­chistes abstentionnistes.

Cer­tains anar­chistes sont convaincus qu’il n’y a qu’une voie élec­to­rale : celle de ne pas par­ti­ciper à ce jeu. L’action de la rue se­rait op­posée à la stra­tégie des urnes, obli­geant ainsi le mi­li­tant à choisir son camp : ou bien il dé­fend la grève gé­né­rale et pour­fend toute ré­cu­pé­ra­tion élec­to­ra­liste, ou bien il met ses idéaux de côté et se ré­signe à ac­cepter les contraintes de la dé­mo­cratie re­pré­sen­ta­tive. Même si l’abstentionnisme est pour plu­sieurs l’idéologie de pré­di­lec­tion, je ferai va­loir ici que tous les li­ber­taires ne sont pas abs­ten­tion­nistes. Il y a plu­sieurs fa­çons d’appréhender la lo­gique par­le­men­taire, de sorte qu’il est pos­sible de s’affirmer li­ber­taire et prio­riser la rue, tout en n’excluant pas la stra­tégie des urnes.
Lire la suite…
Albert Einstein : Pourquoi le socialisme ?

Pour­quoi le so­cia­lisme ? est un ar­ticle écrit par Al­bert Ein­stein en mai 1949 pu­blié dans le pre­mier nu­méro de la revue so­cia­liste amé­ri­caine Monthly Re­view et qui est un des écrits po­li­tiques les plus im­por­tants et les plus connus d’Einstein. Il dis­cute de l’échec du ca­pi­ta­lisme à li­bérer tout le po­ten­tiel de la créa­ti­vité hu­maine et se ter­mine par l’analyse d’Einstein sur la façon de ré­soudre ce pro­blème par une éco­nomie pla­ni­fiée et non-bureaucratique. [NDLR]

Lire la suite…
Les aventures de Karl Marx contre le baron de Münchhausen

Mi­chael Löwy, Les aven­tures de Karl Marx contre le baron de Mün­ch­hausen. In­tro­duc­tion à une so­cio­logie cri­tique de la connais­sance, Paris, Syl­lepse, 2012 (1ère éd. 1985).

« Quelles sont les condi­tions de pos­si­bi­lité de l’objectivité dans les sciences so­ciales ? Le mo­dèle scientifico-naturel d’objectivité est-il opé­ra­tionnel pour les sciences his­to­riques ? Une science de la so­ciété libre de ju­ge­ments de va­leur et pré­sup­po­si­tions politico-sociales est-elle conce­vable ? Est-il pos­sible d’éliminer les idéo­lo­gies du pro­cessus de connais­sance scientifico-social ? La science so­ciale n’est-elle pas né­ces­sai­re­ment «en­gagée», c’est-à-dire liée au point de vue d’une classe ou groupe so­cial ? Et dans ce cas ce ca­rac­tère par­tisan est-il conci­liable avec la connais­sance ob­jec­tive de la vérité ? »

Ex­trait de la pré­face à té­lé­charger ci-dessous.

Lire la suite…
Aux « marges » : Marx sur le nationalisme, l’ethnicité et les sociétés non occidentales
Une théorie dialectique plurilinéaire du devenir social

Nous pu­blions ici la conclu­sion d’un ou­vrage im­por­tant, édité en 2010 par l’University of Chi­cago Press (336 pages) et ayant pour titre: Marx at the Mar­gins: On Na­tio­na­lism, Eth­ni­city, and Non-Western So­cie­ties. L’auteur, Kevin B. An­derson, est pro­fes­seur de so­cio­logie et de sciences po­li­tiques à l’université de Ca­li­fornie Santa Bar­bara. L’ouvrage est consacré aux écrits de Marx dé­diés au na­tio­na­lisme, à l’ethnicité et aux so­ciétés non oc­ci­den­tales. Cet ou­vrage est, en quelque sorte, le pen­dant thé­ma­tique à la pas­sion­nante in­tro­duc­tion que Robin Black­burn a consa­crée à une partie des écrits de Marx sur la Guerre ci­vile amé­ri­caine: Karl Marx/Abraham Lin­coln. Une ré­vo­lu­tion in­achevée. Sé­ces­sion, guerre ci­vile, es­cla­vage et éman­ci­pa­tion aux Etats-Unis, (Édi­tions Syl­lepse, 2012, pour la tra­duc­tion française). En se cen­trant sur ces ques­tions, l’auteur – qui par­ti­cipe au tra­vail de nou­velle pu­bli­ca­tion des œuvres com­plètes de Marx et d’Engels (la MEGA II) – met à mal l’affirmation de ceux et celles qui font de Marx une es­pèce d’apologue du dé­ve­lop­pe­ment ca­pi­ta­liste comme pré­cur­seur d’une so­ciété so­cia­liste. Il met à mal éga­le­ment l’idée, assez ré­pandue dans cer­tains cou­rants dits marxistes-léninistes, selon la­quelle sa pré­oc­cu­pa­tion ex­clu­sive por­tait sur les classes so­ciales et les re­la­tions Capital-Travail.

Lire la suite…
L’accélération comme moteur de l’aliénation

Note de lec­ture. ROSA Hartmut, Alié­na­tion et ac­cé­lé­ra­tion. Vers une théorie cri­tique de la mo­der­nité tar­dive, Paris, La Dé­cou­verte, 2012. 153 p. 16€. Com­ment re­fonder la théorie cri­tique à partir d’un point de vue uni­fi­ca­teur des tra­vers de nos so­ciétés : le temps qui s’accélère et qui, de ce fait, exerce une em­prise de plus en plus pres­sante sur nos vies ordinaires ?

Lire la suite…
Le droit à la ville

Re­tra­çant deux cent ans d’histoire de l’urbanisme, David Harvey* met au jour le lien fon­da­mental exis­tant entre ville et ca­pi­ta­lisme : de Hauss­mann à la crise des sub­primes, de Ro­bert Moses aux ex­pro­pria­tions de Mumbai, la ville a tou­jours été le lieu na­turel de ré­in­ves­tis­se­ment du sur­pro­duit, et, par consé­quent, le pre­mier ter­rain des luttes po­li­tiques entre le ca­pital et les classes la­bo­rieuses, avec pour enjeu le « droit à la ville » et à ses ressources.

Lire la suite…
Marx écologiste

MARX ÉCO­LO­GISTE de John Bel­lamy Foster, aux édi­tions Amsterdam

Marx éco­lo­giste ? L’opinion cou­rante est que Marx et le mar­xisme se si­tuent du côté d’une mo­der­nité pro­mé­théenne, an­thro­po­cen­trée, qui ne consi­dère la na­ture que pour mieux la do­miner et l’exploiter, selon une lo­gique pro­duc­ti­viste qui fut celle tant du ca­pi­ta­lisme que du so­cia­lisme his­to­rique. L’écologie, comme dis­ci­pline scien­ti­fique et comme po­li­tique, au­rait ainsi à se construire en rup­ture avec l’héritage mar­xiste ou, du moins, au mieux, en amen­dant consi­dé­ra­ble­ment celui-ci pour qu’il soit pos­sible de lui ad­joindre des pré­oc­cu­pa­tions qui lui étaient fon­da­men­ta­le­ment étrangères.

Lire la suite…
Essais de critique marxiste : histoire, esthétique, politique

Textes de Jean Jacques Go­blot, pré­sen­ta­tion de Lu­cien Sève (la dis­pute 2011).

En pré­sen­tant ce livre, re­grou­pant 6 textes (5 pu­bliés, 1 in­édit) de J.J. Go­blot, Lu­cien Sève dit « lancer une bou­teille à la mer ». On pour­rait tout aussi bien parler de coffre aux tré­sors, tant sont di­vers et pas­sion­nants les ap­ports de ces textes, (qui s’échelonnent des an­nées 60 à nos jours) à la pensée contemporaine.

Lire la suite…