Thème
La social-démocratie
-
Mardi 2 février 2010
La crise, La gauche, La social-démocratie, Le mouvement syndical, Les mouvements sociaux, Québec, Services publics, Social-libéralismes, Socialisme / AnticapitalismeDepuis que des mouvements de gauche existent, un défi fondamental reste constant. Ce défi est de réconcilier deux processus complexes. À un premier niveau, ces mouvements doivent développer leur identité, se regrouper et se renforcer, construire un pôle contre-hégémonique contre les pouvoirs existants. À un deuxième niveau, ils doivent établir des alliances, isoler l’adversaire «principal» et déplacer le terrain politique d’une manière progressive (la «guerre de position»). En général, cette «réconciliation» est très difficile. On peut se perdre, s’isoler dans une posture sectaire, ou encore se dissoudre dans un marécage d’alliances temporaires où on finit par être instrumentalisé. Éviter l’un ou l’autre piège, développer un projet solidement ancré à gauche et capable de rallier une plus grande masse, voilà donc le défi, hier comme aujourd’hui.
Lire la suite… -
La victoire simultanée de la social-démocratie européenne dans la deuxième moitié des années 1990 a donné l’impression d’une forte résurgence de sa dynamique électorale. Mais dans la décennie suivante, la crise de la stabilité électorale des partis sociaux-démocrates semble s’intensifier et s’approfondir. Qu’en est-il exactement ?
Lire la suite… -
Dimanche 22 novembre 2009
Canada, Classes sociales, La gauche, La social-démocratie, Les dominants, Les droites, Marxisme et post-marxisme, Néolibéralismes, Québec, Social-libéralismes, Socialisme / Anticapitalisme, Économie politique, ÉtatL’évolution politique et électorale du Canada favorise la consolidation du Parti Conservateur et de son projet « révolutionnaire » de réingénierie de l’État et de la société canadienne. Mais ce projet ne va pas sans frictions, ni résistances. Les classes populaires urbaines au canada-anglais ont largement intériorisé le welfare state canadien comme élément cimentant l’identité canadienne spécifique et les conservateurs tardent à plonger de profondes racines au sein des communautés immigrantes dont les élites restent souvent acquise au PLC comme au NPD. Enfin, l’élection d’Obama au sud fissure les aspects les plus outranciers du modèle de référence idéologique bushien, c’est-à-dire impérial, néoconservateur et belliciste.
Lire la suite… -
Analysant à la fin des années 1970 la théorie du néolibéralisme et son emprise grandissante sur les sociétés européennes, Michel Foucault avait souligné de façon très prémonitoire que la social-démocratie n’avait pas de politique autonome et qu’elle ne parvenait donc pas à se distinguer de ses adversaires[1]. Tels qu’ils sont présentés par Philippe Marlière dans son dernier livre, La Social-démocratie domestiquée, l’aggiornamento travailliste et la décennie d’exercice du pouvoir par Tony Blair et ses gouvernements (1997-2007) offrent une bonne illustration de cette thèse. À cette nuance près que le défaut d’autonomie politique dans le cas britannique était délibéré, parfaitement assumé par le dirigeant du New Labour dont l’adhésion au néolibéralisme, les capacités de communication et l’art de centraliser et concentrer le pouvoir lui ont valu, face à un parti conservateur en pleine déconfiture, une série de beaux succès électoraux. Quoique Tony Blair soit maintenant (déjà) relégué aux oubliettes de l’Histoire (malgré ses nouvelles fonctions publiques et privées fort lucratives), son action passée à la tête de son parti et de l’État, ainsi que ses méthodes de « gouvernance » semblent encore inspirer nombre d’élites politiques de droite ou de gauche. Préoccupé par le sort du parti socialiste français, Philippe Marlière lance un avertissement à ses dirigeants en mettant au jour les faux-semblants du néotravaillisme et de la « Troisième voie ».
Lire la suite… -
Qu’est-ce que la social-démocratie aujourd’hui ? Est-elle encore une force de « progrès » ancrée à gauche ou s’est-elle affranchie de son combat historique pour la justice sociale ? Un bref rappel de la trajectoire historique de ce mouvement politique s’avère nécessaire pour saisir la nature de la transformation social-démocrate depuis une vingtaine d’années.
Lire la suite… -
Entrevue avec Georges Labica
Quel bilan peut-on tirer des gestions social-démocrates en Europe après la seconde guerre mondiale ?
Il convient de s’entendre sur ce que l’on appelle social-démocratie, terme dont la polyvalence historique a été considérable. Le retour sur les origines n’est pas inutile, car il est éclairant. Le premier parti social-démocrate se constitue au lendemain de la Révolution de 1848, avec la Montagne comme représentation parlementaire. Dans Le 18 Brumaire de Louis Bonaparte, Marx le définit comme « une coalition entre petit-bourgeois et ouvriers ». Il précise : « On enleva aux revendications sociales du prolétariat leur pointe révolutionnaire et on leur donna une tournure démocratique. On enleva aux revendications démocratiques de la petite-bourgeoise leur forme purement politique et on fit ressortir leur pointe socialiste. C’est ainsi que fut créée la social-démocratie ». Par la suite, c’est la référence au marxisme, qu’il s’agisse d’intégrer tel ou tel de ses contenus ou de se limiter à la simple étiquette, qui servira de critère. Partant, du Congrès de Gotha, en 1875, acte de naissance de la social-démocratie allemande, jusqu’au révisionnisme de Bernstein et à la brochure, Réforme sociale ou révolution, de Rosa Luxemburg, en 1899, les ambiguïtés se multiplieront. Lénine tranchera, en convertissant le Parti Ouvrier Social-démocrate de Russie en Parti Communiste. S’ensuivront, dès lors, en fonction des contextes nationaux et de leurs formations politiques, des chassés-croisés entre les dénominations « social-démocrate » et « socialiste ». La première passera du dur au mou, ou de la gauche à la droite, au gré des ruptures’ dans le mouvement ouvrier et les alliances de classes. Le socialisme y puisera l’éventail de ses figures : proudhonisme réactualisé, lassallisme, possibilisme, guesdisme, broussisme, modulant les variétés de réformisme et reconduites, sous des noms divers, jusqu’aux périodes les plus récentes.
Lire la suite… -
Plus d’une année s’est écoulée depuis le départ de Tony Blair du 10 Downing street. Ce laps de temps procure le recul nécessaire pour apprécier dans toute sa complexité l’héritage de ce que l’on appelle le « blairisme ». Stricto sensu, le terme « blairisme » renvoie à l’action politique de Tony Blair leader du Parti travailliste entre 1994 et 2007 et Premier ministre de la Grande-Bretagne entre 1997 et 2007. De manière générale, il peut également définir l’action politique entreprise par le New Labour au pouvoir, sous le leadership de Tony Blair. Mais il existe une acception encore plus large : le blairisme peut être pensé en termes d’héritage laissé à l’ensemble de la social-démocratie européenne. Selon cette définition, la « voie blairiste » n’est plus un passé, mais un avenir ; celui des forces social-démocrates qui se sont inspirées et continuent de s’inspirer des idées et des politiques mises en œuvre par Tony Blair. Cet ouvrage propose de revenir sur la genèse du blairisme, les débats qui ont été conduits autour de la Troisième voie blairiste[1] ; un discours combinant libéralisme politique et économique. Les aspects les plus significatifs de la politique menée entre 1997 et 2007 sont commentés : les résultats économiques, la rénovation des services publics, la relation avec les syndicats du Trade Union Congress ou encore la politique étrangère et européenne.
Lire la suite…
-
Un texte publié récemment par Michel Doré, Marilyse Lapierre, Benoît Lévesque, Yves Vaillancourt[1] se présente comme un appel pour « lancer un chantier pour travailler à un renouvellement de la social-démocratie ». C’est un texte qui porte à réflexion, si ce n’est de l’importance de ses auteurs. Ce sont en effet des intellectuels qui ont travaillé longtemps avec les organisations de gauche jusque dans les années 1980[2]. Par la suite, ils ont poursuivi leur travail en l’orientant principalement vers l’économie sociale, en lien avec les mouvements qui ont travaillé sur ce terrain, tout en étant relativement proches du PQ[3].
Lire la suite…
-
La gauche italienne a constitué sans doute l’un des plus larges et des plus importants mouvements populaires de l’Europe de l’Ouest, parmi ceux qui luttaient pour le changement social. Elle comprenait deux partis de masse ayant chacun sa propre histoire et sa propre culture, le Parti communiste (PCI) et le Parti socialiste (PSI), tous deux engagés dans la lutte pour dépasser, et non améliorer, le capitalisme. Cependant, l’alliance d’après-guerre entre le PCI et le PSI ne survit pas au boom des années 1950. En 1963, sous l’impulsion de Pietro Nenni, les socialistes entrent pour la première fois au gouvernement italien en tant que junior partner de la Démocratie Chrétienne. Le PSI entame ainsi le chemin qui va finalement conduire à Bettino Craxi, faisant du PCI le leader incontesté de l’opposition au régime démocrate-chrétien.
Lire la suite… -
Après nombre d’autres acteurs, Ségolène Royal vient donc de livrer son analyse de la défaite essuyée en mai. La difficulté structurelle qu’a la gauche à rassembler une majorité plonge cependant ses racines bien au-delà des péripéties qui ont émaillé cette campagne : elle tient de l’obsolescence même du projet social-démocrate. Le problème est général en Europe, mais il est renforcé dans notre pays par l’ampleur des inégalités au sein du salariat. Il est temps d’en prendre acte, non pour rompre avec l’idéal de transformation sociale et d’égalité que portait le projet social-démocrate, mais pour avoir une chance de le réaliser.
Lire la suite…
