Thème

État / Services publics / Bien commun

C’est sur cet étudiant qu’on a tiré

Un étu­diant du Cégep de Saint-Laurent, membre très actif de l’Association étu­diante, a été griè­ve­ment blessé en fin de se­maine à Vic­to­ria­ville, il a perdu un oeil et souffre d’un trau­ma­tisme crâ­nien. Il au­rait vrai­sem­bla­ble­ment été vic­time d’une balle de ca­ou­tchouc tirée par la po­lice [N.D.L.R. : Cette in­for­ma­tion n’a pas été confirmée].

J’ai eu le trop bref bon­heur d’enseigner la lit­té­ra­ture à ce jeune homme pen­dant un mois, avant le dé­clen­che­ment de la grève. Je l’ai, de­puis, maintes fois croisé, aux ma­ni­fes­ta­tions et au cégep, sur­tout dans le cadre du cégep po­pu­laire dont il est un des plus fer­vents ani­ma­teurs. C’est un es­prit bouillon­nant, libre, ou­vert, gé­né­reux, cu­rieux, tou­jours en éveil. Des étu­diants comme lui, je fan­tasme d’en voir dé­filer des cen­taines dans mes classes, de ces êtres qui ont moins be­soin d’enseignants que de guides pour les aider à faire le tri dans le foi­son­ne­ment des idées qui les in­ter­pellent de tous bords tous côtés. Il in­carne à la per­fec­tion le type même d’étudiant que la for­ma­tion gé­né­rale col­lé­giale, fondée sur des va­leurs hu­ma­nistes, cherche à former : des êtres dotés de so­lides armes in­tel­lec­tuelles pour cri­ti­quer et trans­former la so­ciété dont ils com­mencent alors à être des membres ac­tifs à part entière.

Lire la suite…
Le point tournant :
Un autre Québec est en marche

La po­li­ti­sa­tion du conflit re­latif aux frais de sco­la­rité a franchi un nou­veau cap avec la sug­ges­tion du mi­nistre des fi­nances d’en faire l’enjeu d’une pro­chaine élec­tion. Non seule­ment cette sug­ges­tion est-elle ir­res­pon­sable, en ce qu’elle dé­porte sine die le rè­gle­ment du conflit, mais elle est éga­le­ment mé­pri­sante pour l’exercice même de la dé­mo­cratie par­le­men­taire et le de­voir d’élaborer des consensus. Après avoir laissé pourrir le conflit jusqu’à un point de non re­tour, alors que toutes les so­lu­tions de rè­gle­ment étaient dis­po­nibles dès le dé­part, y com­pris celle d’un mo­ra­toire et de la mise sur pied d’une com­mis­sion sur le fi­nan­ce­ment des uni­ver­sités qui sont évo­quées après douze se­maines d’inertie, le gou­ver­ne­ment a l’impudence de se ré­fu­gier der­rière la mé­ca­nique élec­to­rale pour se dé­rober encore.

Lire la suite…
REEE et RPR, de fausses solutions aux effets pervers

Avec le débat sur l’augmentation des frais de sco­la­rité, on voit ap­pa­raître deux acro­nymes, REEE et RPR, que l’on pré­sente comme des so­lu­tions avan­ta­geuses pour les étu­diants et leurs fa­milles : des pa­rades qui per­met­traient de conci­lier hausse des frais et main­tien de l’accessibilité aux études. Dans ce petit texte, on vou­drait mon­trer qu’il n’en est rien et que ces pseudo-solutions com­portent même plu­sieurs ef­fets pervers.

Lire la suite…
Déclaration du 4 mai 2012
Appel à sortir du cirque et de l’encadrement du spectacle

Pen­dant que les mé­dias qué­bé­cois dé­battent de ques­tions tri­viales - vote se­cret, in­dexa­tion, po­si­tion du PQ, « vio­lence » — ce sont étran­ge­ment les jour­na­listes étran­gers qui semblent le mieux à même de saisir l’importance de la lutte que mènent les étudiant-e-s du Québec.

Selon le Guar­dian britannique[1] : les étu­diants du Québec sont « the most po­werful chal­lenge to neo­li­be­ra­lism on the conti­nent» (le plus im­por­tant défi pour le néo­li­bé­ra­lisme du conti­nent). Même Paris Match, le journal people fran­çais, s’interroge : « Le pre­mier grand mou­ve­ment socio-écologique est-il en train de naître dans la Belle Pro­vince ? Ra­re­ment, en tout cas, re­ven­di­ca­tions éco­no­miques, so­ciales et en­vi­ron­ne­men­tales n’ont paru aussi im­bri­quées à une telle échelle et sur une telle durée. C’est sans doute l’un des as­pects les plus no­va­teurs de ce « prin­temps érable » ». Même si les chro­ni­queurs s’acharnent à faire passer le mou­ve­ment étu­diant pour un mou­ve­ment par­ti­cu­la­riste, on doit constater que le prin­temps qué­bé­cois, au même titre que le prin­temps arabe, est en lutte contre un sys­tème global et une élite dé­ta­chée, men­son­gère et corrompue.

Lire la suite…
J’ai mal à mon Québec

Je prends pa­role aujourd’hui à titre per­sonnel, mais ap­puyée par l’organisation que je pré­side, la Fé­dé­ra­tion des femmes du Québec. Je suis Qué­bé­coise par choix et non par nais­sance. J’ai choisi de vivre à Mont­réal, Québec plutôt qu’à Mon­treal, Ca­nada après avoir grandi en an­glais à Mont­réal, à To­ronto et à Londres. À 19 ans, je suis tombée en amour avec le Québec fran­co­phone. Assez pour y rester, pour m’y in­vestir et pour y élever mes enfants.

Lire la suite…
Les vieilles et les vieux avec les jeunes contre la hausse

Nous vous in­vi­tons, si vous avez 60 ans ou plus

  1. à ap­puyer la dé­cla­ra­tion suivante;
  2. à par­ti­ciper à une courte ma­ni­fes­ta­tion qui par­tira de la place Émilie-Gamelin le di­manche 6 mai à 11 h; aux fins de mise en scène, ap­portez une canne;
  3. à faire cir­culer parmi les vieilles et les vieux SVP.

Ré­pondre : J’endosse — à : vieuxcontrelahausse@gmail.com

Lire la suite…
En marge du Premier Mai 2012
Le mouvement est populaire, la lutte est politique

Pen­dant des dé­cen­nies, des grandes luttes po­pu­laires ont sorti le Québec de la grande noir­ceur, ce qu’on a ap­pelé la ré­vo­lu­tion pas-si-tranquille. Le peuple a vaincu la mi­sère et l’indignité im­po­sées par une poi­gnée de big boss et de po­li­ti­ciens vé­reux. Il a im­posé que les gens or­di­naires aient accès à la santé et à l’éducation, et que les tra­vailleurs et tra­vailleuses ne soient plus ces por­teurs d’eau qu’on me­nait à coups de bâ­tons, que les femmes ne soient plus sou­mises à une « loi » venue du plus pro­fond du pa­triarcat. Oui, le peuple a éla­boré l’ébauche d’une nou­velle so­ciété, éman­cipée et libre.

Lire la suite…
Le Chili se mobilise pour l’éducation publique

Le 25 avril, des représentant(e)s de l’IE se sont joint(e)s aux syn­di­cats d’enseignants chi­liens, lors d’une grande marche pour l’éducation pu­blique or­ga­nisée dans la ca­pi­tale, San­tiago. Enseignant(e)s, employé(e)s de l’éducation, uni­ver­si­taires et étudiant(e)s ont ré­clamé le droit fon­da­mental à une édu­ca­tion de qua­lité, ga­rantie et fi­nancée par l’Etat. 

Lire la suite…
Déclaration du 25 avril 2012
Pour la défense de la société

Le Québec vit ac­tuel­le­ment une des crises les plus pro­fondes de son his­toire de­puis la crise d’Octobre. Le gou­ver­ne­ment dit que les dés sont joués, que la fa­ta­lité du destin au­rait mené la so­ciété qué­bé­coise et ses uni­ver­sités à in­té­grer le ca­pi­ta­lisme glo­ba­lisé. D’autres prônent le dia­logue et le consensus. Mais le dia­logue est im­pos­sible. Le gou­ver­ne­ment au­to­ri­taire n’écoute pas : il op­pose les in­jonc­tions, les ma­traques et l’humiliation. Il de­mande aux étudiant-e-s de s’excuser chaque fois qu’une pou­belle est ren­versée. Ou qu’une banque est blo­quée du­rant l’heure du diner. Nous sommes dans l’impasse.

Lire la suite…
Le coût de la gratuité

Convaincu que la hausse des droits de sco­la­rité est ab­so­lu­ment es­sen­tielle, le gou­ver­ne­ment Cha­rest n’en a ja­mais évoqué la pos­si­bi­lité. Mais l’idée d’instaurer la gra­tuité sco­laire n’a en pas moins fait l’objet d’analyses éco­no­miques. Et règle gé­né­rale, les cal­culs in­diquent que celle-ci obli­ge­rait Québec à y consa­crer moins de 1 % de son budget de dépenses.

Lire la suite…