Thème

Capitalisme / Néolibéralisme

Forum social thématique 2012 de Porto Alegre
Déclaration finale de l’Assemblée des mouvements sociaux

Nous, peuples de tous les conti­nents, réunis dans le cadre de l’Assemblée des mou­ve­ments so­ciaux tenue lors du Forum so­cial thé­ma­tique « Crise ca­pi­ta­liste — Jus­tice so­ciale et en­vi­ron­ne­men­tale », lut­tons contre une crise sys­té­mique qui se tra­duit par une crise éco­no­mique, fi­nan­cière, po­li­tique, ali­men­taire et en­vi­ron­ne­men­tale met­tant en péril la survie même de l’humanité. La dé­co­lo­ni­sa­tion des peuples op­primés et la confron­ta­tion avec l’impérialisme re­pré­sentent le prin­cipal défi des mou­ve­ments so­ciaux dans le monde.

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Mettons fin aux réductions d’impôts accordées aux grandes entreprises!
Agissons dès maintenant!

Les gou­ver­ne­ments fé­dé­raux qui se sont suc­cédé ont promis que les en­tre­prises crée­raient des em­plois si l’impôt sur leurs re­venus était abaissé. Entre 2000 et 2011, le taux d’imposition des so­ciétés est passé de 28 % à 16,5 %. À compter du 1er jan­vier 2012, il a été di­minué en­core de 1,5 % , pour at­teindre 15 %. Quelle en a été la va­leur pour les Ca­na­diens et les Canadiennes?

Par
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Qu’est-ce que « l’écosocialisme » ?

Dans un livre qui vient de pa­raître, Mi­chael Löwy pro­pose de faire le point sur un cou­rant qui se struc­ture peu à peu de­puis une di­zaine d’années : l’écosocialisme.

L’écosocialisme, dit-il, se fonde sur un constat : celui d’une in­com­pa­ti­bi­lité entre ca­pi­ta­lisme et éco­logie. Rap­pe­lant le constat de dé­gra­da­tion éco­lo­gique de la pla­nète, l’inaction in­ter­na­tio­nale, l’attitude de « l’oligarchie », qui continue de vou­loir gérer ses in­té­rêts et ses parts de marché plutôt que de fa­ci­liter l’évolution des modes de vie, Mi­chael Löwy es­time qu’une cer­taine éco­logie, qui cherche à com­poser avec le marché, se leurre et s’illusionne sur ce qu’elle peut réel­le­ment ob­tenir. L’écosocialisme est la seule issue ; pa­ra­phra­sant Cas­to­riadis pour Löwy l’enjeu est : « éco­so­cia­lisme ou barbarie ».

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OLIGARCHIES
Ces milliardaires qui spéculent sur l’avenir de la planète

Ils pos­sèdent des com­pa­gnies pé­tro­lières, des gazoducs, des mines, des acié­ries et même des mé­dias. Ils in­fluencent gou­ver­ne­ments et ins­ti­tu­tions pour em­pê­cher toute ré­gle­men­ta­tion trop contrai­gnante. Et fi­gurent parmi les plus grandes for­tunes mon­diales. Un rap­port d’un centre de re­cherche aux États-Unis les consi­dèrent, du fait de leur puis­sance et des pol­lu­tions que leurs ac­ti­vités gé­nèrent, comme la plus grande me­nace qui pèse sur l’environnement et le climat. Qui sont ces mul­ti­mil­liar­daires qui bâ­tissent leur for­tune en hy­po­thé­quant l’avenir de la planète ?

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Notes de lecture
La valeur, ni en surplomb, ni hors-sol
André Orléan, L’empire de la valeur, Refonder l’économie, Paris, Seuil, 2011.

Sé­mi­naire d’économie po­li­tique de l’AFEP, Paris, 24 oc­tobre 2011

1Il n’est pas sou­vent donné à lire un livre pas­sion­nant de bout en bout, un livre im­por­tant pour éclairer la ques­tion la plus fon­da­men­tale de la théorie éco­no­mique, de­puis la vielle éco­nomie po­li­tique jusqu’à la­dite « science éco­no­mique » contem­po­raine : qu’est-ce que la va­leur ? Ques­tion qui ren­voie à une autre : qu’est-ce qui fonde l’ordre marchand ?

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Demondialisation et altermondialisme
Reterritorialiser le combat contre le capitalisme

Les échanges sur la dé­mon­dia­li­sa­tion et ses re­la­tions avec l’altermondialisme [1] in­vitent à ques­tionner de nou­veau les termes mon­dia­li­sa­tion / glo­ba­li­sa­tion et Etat /souveraineté na­tio­nale en dé­pas­sant les par­ti­cu­la­rités des dé­bats franco-français.

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Penser les alternatives

L’approche de Marx

His­to­ri­que­ment, l’approche la plus in­fluente dans la ré­flexion sur les al­ter­na­tives au ca­pi­ta­lisme est celle dé­ve­loppée par Karl Marx. Sa so­lu­tion au pro­blème de l’élaboration d’une al­ter­na­tive cré­dible au ca­pi­ta­lisme, si elle s’est avérée in­sa­tis­fai­sante au bout du compte, était in­tel­lec­tuel­le­ment brillante. Plutôt que de dé­ve­lopper un mo­dèle théo­rique sys­té­ma­tique ca­pable de dé­mon­trer la pos­si­bi­lité d’une al­ter­na­tive éman­ci­pa­trice viable, il pro­po­sait une théorie de « l’impossibilité » à long terme du ca­pi­ta­lisme. Ses ar­gu­ments sont bien connus : à cause de sa dy­na­mique et de ses contra­dic­tions in­ternes, le ca­pi­ta­lisme dé­truit ses propres condi­tions d’existence. Cette théorie est dé­ter­mi­niste : à long terme le ca­pi­ta­lisme de­viendra un ordre so­cial im­pos­sible, de sorte qu’une cer­taine al­ter­na­tive devra né­ces­sai­re­ment apparaître.

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Les ancêtres du mouvement Occupy

J’ai pu écouter, à Londres, Billy Bragg, le chan­teur de la classe la­bo­rieuse, re­joint par beau­coup d’autres dans la foule pour chanter un for­mi­dable chant sur les Dig­gers, un mou­ve­ment très ra­dical qui prit part à la ré­vo­lu­tion an­glaise des an­nées 1640 [1]. Je pense que c’est une source de forces d’être en me­sure de puiser dans nos propres tra­di­tions ré­vo­lu­tion­naires, dans notre his­toire, alors que nous en­ga­geons aujourd’hui des luttes pour un chan­ge­ment so­cial radical.

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Transformation

La série de pro­po­si­tions à la fois réelles et uto­piques ac­com­pa­gnant ces cinq che­mins d’appropriation so­ciale ne constitue pas un mo­dèle achevé pour construire une so­ciété post-capitaliste. De nom­breuses autres trans­for­ma­tions se­raient né­ces­saires à la construc­tion d’une éco­nomie so­cia­liste so­lide, in­car­nant plei­ne­ment l’idéal de la pro­priété col­lec­tive des moyens de pro­duc­tion, sans parler d’une so­ciété au sein de la­quelle des idéaux de dé­mo­cratie, d’égalité et d’émancipation pour­raient être mis en œuvre éga­le­ment en de­hors des struc­tures éco­no­miques. Néan­moins, si l’éventail com­plet des pro­po­si­tions ins­ti­tu­tion­nelles que nous avons étu­diées était mis en ap­pli­ca­tion de façon ri­gou­reuse et ex­haus­tive, le ca­pi­ta­lisme s’en trou­ve­rait pro­fon­dé­ment trans­formé. Prises une par une, cer­taines pro­po­si­tions peuvent bien être consi­dé­rées comme des avan­cées seule­ment mo­destes sur un chemin spé­ci­fique d’appropriation sociale.

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Les voies de l’appropriation sociale

Pour ré­sumer la pro­po­si­tion concep­tuelle dé­fendue ici, di­sons que le so­cia­lisme peut être dis­tingué du ca­pi­ta­lisme et de l’étatisme quant à la prin­ci­pale forme de pou­voir qui struc­ture l’activité éco­no­mique, aussi bien la pro­duc­tion que la dis­tri­bu­tion de biens et ser­vices. En par­ti­cu­lier, plus est im­por­tant le degré au­quel les formes d’appropriation so­ciale in­fluent sur l’utilisation et le contrôle des res­sources éco­no­miques, plus il est per­ti­nent de parler de so­cia­lisme pour dé­crire une telle éco­nomie. Qu’est-ce que cela si­gnifie en termes de pro­jets institutionnels ?

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