Thème
Cahiers du socialisme
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Vendredi 1 avril 2011
Cahiers du socialisme, Capitalisme / Néolibéralisme, Immigration / Diversité / Autochtones, Inégalités / Classes socialesLa paupérisation de régions entières du globe ainsi que la croissance des inégalités sociales dans les pays et entre les pays ont créé les conditions propices à toutes les formes de trafic et de traite des êtres humains. Les plus touchéEs proviennent principalement des pays du Sud et de l’Est. À l’échelle de ces régions, le bouleversement des structures sociales dû au triomphe de l’économie capitaliste néolibérale favorise l’économie informelle et les déstructurations sociales. De même, l’extension de l’économie de marché et la croissance des inégalités sociales, renforcées par les plans d’ajustement structurel, les endettements des États ainsi que la financiarisation de l’économie sont loin d’exclure ou de marginaliser ses victimes.
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Deux ans après l’émeute de Montréal-Nord, la même situation d’exclusion et de pauvreté se perpétue à Montréal-Nord. Les pratiques policières sont plus sophistiquées, mais répondent aux mêmes impératifs de contrôle des « populations dangereuses ». De l’autre côté, les jeunes subissent plus fréquemment les stigmatisations, le racisme, le profilage racial, la criminalisation de leurs mouvements, ce qui renforce leur appartenance au quartier, à une communauté immigrante et pauvre.
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Mardi 29 mars 2011
Cahiers du socialisme, Gauche / Mouvements sociaux, Inégalités / Classes socialesLe samedi 9 août 2008, l’agent Jean-Loup Lapointe du SPVM, matricule 3776, s’amène dans un stationnement adjacent au parc Henri-Bourassa, à Montréal-Nord. Il aperçoit Dany Villanueva, son frère Fredy et des amis à eux dont certains jouent aux dés. En moins d’une minute, Lapointe descend de son véhicule, interpelle Dany Villanueva, le saisi, lutte puis chute avec lui, sort son pistolet et tire quatre coups de feu qui atteignent trois des jeunes présents. Le lendemain, des citoyens se rassemblent sur la place Pascal. Une pancarte attachée sur un panneau d’arrêt dit « SPVM, le vrai gang de rue ». La taille du rassemblement augmente peu à peu et la tension monte. Des manifestants mettent le feu à des poubelles. Un camion de pompier arrive pour éteindre le feu. Il est repoussé à coup de pierres et de bouteilles. Les pompiers battent en retraite et les manifestants, comme exaltés par cette démonstration de force, passent à la révolte. Les images de cette nuit feront le tour du monde ; voitures brûlées, autobus attaqués, commerces pillés.
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L’analyse des données du dernier recensement (2006) indique que les gains médians des travailleurs canadiens à temps plein ont fait du surplace au cours des 25 dernières années. Un rapport du Centre d’étude des niveaux de vie (CSLS) montre que durant cette période (1980 à 2005) la productivité du travail au Canada a crû de 37 %. Ainsi, contrairement aux prédictions des modèles économiques, l’augmentation de la productivité n’a pas entraîné une hausse proportionnelle et automatique des salaires réels. Le partage de la richesse s’est déplacé en faveur du capital, au détriment du travail. En 1981, la part du revenu après impôt détenue par les 20 % les plus riches était de 39,8 %.
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Les chiffres montrent depuis 2000 une nette augmentation des arrestations de migrants subsahariens, supplantant en quelque sorte leurs homologues nord africains. Ainsi, en 1996, les Africains subsahariens qui ont traversé la Méditerranée vers l’Espagne ne représentaient que 1,8 % du nombre total de migrants. Mais cette proportion a augmenté de 2 % en 1999 à 50,6 % en 2004. Selon l’Office des Nations-Unies contre la drogue et le crime (rapport de 2006), de 200 à 300 000 Africains entrent clandestinement en Europe chaque année. De ce nombre, 100 000 sont interceptés en tentant leur chance sans compter ceux qui meurent en chemin. Finalement, l’invasion est elle vraiment un mythe ou la migration irrégulière africaine vers l’Europe a-t-elle significativement augmenté ces dernières années ? Sur la base de diverses études, entre 65 000 et 120 000 Africains subsahariens arrivent au Maghreb chaque année, dont environ 20 – 40 % finissent par traverser pour aller en Europe. Ceci va à l’encontre de l’idée répandue selon laquelle l’Afrique du nord n’est qu’une simple zone de transit mais souligne également le côté approximatif des informations disponibles. En fin de compte, les entrées irrégulières se chiffrent à quelques dizaines plutôt qu’à des centaines de milliers.
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Dimanche 27 mars 2011
Cahiers du socialisme, Inégalités / Classes sociales, Internationale / Mondialisation / Rapports Nord-SudLes migrants font partie intégrante de la cité : aussi devraient-ils en être reconnus citoyens. Ils seraient des citoyens avec un petit « c » puisqu’ils n’ont pas la nationalité; mais, localement, ils seraient considérés sur un pied d’égalité avec tous ceux et celles qui vivent et travaillent dans la cité. Les migrants irréguliers travaillent tous (ils ne peuvent pas se permettre de ne pas le faire) et leur exploitation contribue souvent à la compétitivité de secteurs économiques spécifiques. Ils paient des taxes sur tout ce qu’ils achètent ou louent, et utilisent peu les services publics. L’absence de statut administratif leur reconnaissant des droits les vulnérabilisent. Donner à ces personnes un statut significatif, même localement, contribuerait grandement à combattre l’exploitation et la discrimination. Pour répondre aux situations d’abus auxquels font face les migrants en situation irrégulière, quelques communautés locales ont adopté une attitude différente: leurs décisions méritent d’être mentionnées afin d’inspirer d’autres collectivités.
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Classé au 130e rang sur 182 pays du classement de développement humain de 2009 selon le PNUD, le Maroc reste un pays de grandes vulnérabilités, et ce en dépit des avancées réalisées depuis quelques années. En effet, même si le taux de croissance annuel est de 6 %, le chômage reste très élevé (près de 20 %). On comprend, dès lors, que l’émigration vers le monde occidental représente pour de nombreux marocains un objectif à atteindre. Avec plus de 10 % de sa population vivant à l’extérieur du pays, le « grand départ » est souvent la seule voie pour s’en sortir, non seulement pour les migrants eux-mêmes, mais aussi pour leurs familles, qui vivent ainsi des transferts financiers et non-financiers, qui contribuent non seulement à assurer les besoins élémentaires, mais également à financer de petits projets générateurs de revenus.
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Vendredi 25 mars 2011
Cahiers du socialisme, Immigration / Diversité / Autochtones, Inégalités / Classes socialesEn contraste avec la tradition d’immigration permanente qui le caractérisait, l’immigration temporaire au Canada est en augmentation constante depuis le début des années 1990, au point que le nombre des travailleurs temporaires a dépassé celui des immigrants sélectionnés.
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Jeudi 24 mars 2011
Cahiers du socialisme, Immigration / Diversité / Autochtones, Inégalités / Classes socialesOn estime aujourd’hui que 50 millions de personnes vivent et travaillent en situation irrégulière à l’étranger. Elles seraient entre 1.8 à 3,3 millions dans 15 États membres de l’Union européenne (UE) et plus de 10 millions aux États-Unis (contre 3,5 millions en 1990). Au Canada, le phénomène concernerait entre 80 000 et 500 000 personnes, dont 20 000 à 50 000 à Montréal. Cependant, ces chiffres demeurent approximatifs : la migration irrégulière est, par définition, impossible à mesurer avec précision. La frontière entre la migration de travail et la migration forcée s’estompe : les causes de départ sont de plus en plus interconnectées, puisque la guerre et l’instabilité engendrent le déficit démocratique et la pauvreté.
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Mercredi 23 mars 2011
Cahiers du socialisme, Immigration / Diversité / Autochtones, Inégalités / Classes sociales, Québec / CanadaDepuis un certain nombre d’années, un écart important existe entre l’expérience des migrants installés définitivement ou temporairement dans le pays et l’accueil qui leur était promis. On a d’abord vu une hausse fulgurante des travailleurs étrangers temporaires (de 47 % entre 2004 et 2007 selon les données du Ministère de la Citoyenneté et de l’Immigration). Et depuis 2006, l’entrée de travailleurs temporaires dépasse celle des immigrants économiques.
Cette migration temporaire liée au travail se retrouve dans de nombreux programmes distincts selon les critères d’admission, la réglementation sectorielle de l’emploi ou selon le cadre institutionnel de l’entente. Dans le cas de la migration de travailleurs non spécialisés, trois programmes existent: le programme des aides familiaux résidants, les programmes de travailleurs agricoles saisonniers (PTAS) et un programme de travailleurs temporaires peu spécialisés. Il convient de souligner l’ascension fulgurante des PTAA, issu d’ententes entre le Canada, quelques pays des Caraïbes, le Mexique et le Guatemala.
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