Articles par Michel-husson

Une crise sans fond

Au mo­ment de la ré­dac­tion de cet ar­ticle, deux crises ma­jeures ébranlent le ca­pi­ta­lisme et font plonger les Bourses: crise de la dette sou­ve­raine en Eu­rope, sus­pense sur le pla­fond de la dette aux Etats-Unis. Il est pro­bable que les gou­ver­ne­ments concernés ar­ri­ve­ront à ré­cu­pérer le coup, juste au bord du gouffre. Mais, trois ans après l’éclatement de la crise, ces ten­sions ex­trêmes montrent qu’elle est loin d’être ter­minée et que sa fac­ture, après avoir été trans­mise aux bud­gets pu­blics, est aujourd’hui pré­sentée aux peuples. Le propos de cet ar­ticle est de faire le point sur la tra­jec­toire ré­cente du ca­pi­ta­lisme et d’en exa­miner ses im­pli­ca­tions sur la pé­riode ou­verte par la crise.

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Euro: en sortir ou pas ?

Le dé­rou­le­ment de la crise peut se ré­sumer de ma­nière simple: le ca­pi­ta­lisme s’est re­pro­duit du­rant les deux dé­cen­nies pré­cé­dant la crise en ac­cu­mu­lant une mon­tagne de dettes. Pour éviter l’effondrement du sys­tème, les Etats ont re­pris à leur compte l’essentiel de ces dettes qui, de pri­vées, sont de­ve­nues pu­bliques. Leur projet est do­ré­na­vant de pré­senter la fac­ture aux ci­toyens sous forme de coupes bud­gé­taires, d’augmentation des im­pôts les plus in­justes et de gel des sa­laires. En ré­sumé la ma­jo­rité de la po­pu­la­tion (tra­vailleurs et re­traités) doit as­surer la réa­li­sa­tion de pro­fits fic­tifs ac­cu­mulés du­rant de longues années.

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Droit à l’emploi ou revenu universel

De­puis plu­sieurs an­nées [1], toute une série de cou­rants et d’auteurs font de l’exigence d’un re­venu uni­versel le fon­de­ment in­con­tour­nable d’un projet d’émancipation so­ciale. Re­pre­nant à leur compte les thèses sur la fin du tra­vail, ils consi­dèrent que le plein em­ploi est hors d’atteinte. Or, cette théorie de la fin du tra­vail ne cor­res­pond pas à la réa­lité et les pro­jets de re­venu uni­versel sont au mieux am­bigus. Une vé­ri­table dé­marche de trans­for­ma­tion so­ciale doit au contraire être fondée sur l’affirmation du droit à l’emploi, une ré­duc­tion mas­sive du temps de tra­vail et une ex­ten­sion du champ de la gra­tuité pour la sa­tis­fac­tion des be­soins sociaux.

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La nouvelle phase de la crise

Nous com­men­çons ici la pu­bli­ca­tion de di­verses contri­bu­tions qui ont été écrites à l’occasion de l’Autre Davos 2001, qui s’est tenu à Bâle les 21 – 22-23 jan­vier 2011 et qui a réuni plus de 360 per­sonnes sur les trois jours. L’actualité des mon­tées ré­vo­lu­tion­naires en Tu­nisie et Egypte nous a contraints à re­pousser la pu­bli­ca­tion de ces textes. Mi­chel Husson, em­pêché d’être pré­sent à Bâle pour cause de ma­ladie, nous avait fait par­venir ce texte. C’est le pre­mier d’une série. (Rédaction)

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Bizarre reprise
L’expérience française
Dimanche 3 octobre 2010
Capitalisme / Néolibéralisme

Il était pos­sible, il y a un an, d’identifier ces quatre di­lemmes de la « reprise » :

1. di­lemme de la ré­par­ti­tion : ré­ta­blis­se­ment de la ren­ta­bi­lité vs em­ploi et demande ;

2. di­lemme de la mon­dia­li­sa­tion : ré­sorp­tion des dés­équi­libres vs crois­sance mondiale ;

3. di­lemme bud­gé­taire : ré­sorp­tion des dé­fi­cits vs dé­penses sociales ;

4. di­lemme eu­ro­péen : chacun pour soi vs coordination.

Ces contra­dic­tions marquent la conjonc­ture ac­tuelle. Pre­mier di­lemme : l’OCDE nous ap­prend que « les bé­né­fices des en­tre­prises ont for­te­ment aug­menté » et ce ré­ta­blis­se­ment se pour­suit dans un contexte d’incrustation du chô­mage : « les taux de chô­mage ne semblent plus de­voir aug­menter, mais ils res­tent élevés ». Mais l’inquiétude gagne : « le climat d’incertitude pro­voque un ra­len­tis­se­ment de la re­prise ». Ce pes­si­misme se tra­duit par un ajus­te­ment brutal des pré­vi­sions : en mai der­nier, l’OCDE pré­voyait une crois­sance de 2,2 % en France au deuxième se­mestre. En sep­tembre, la pré­vi­sion a été ra­menée à 0,5 %. Et il en va de même pour les prin­ci­paux pays eu­ro­péens et pour les États-Unis.

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Où va la crise ?

Face au séisme ac­tuel et au dé­lire des mar­chés, un peu de recul est né­ces­saire pour com­prendre les ra­cines so­ciales de la crise. C’est d’autant plus né­ces­saire que les en­jeux so­ciaux de la ré­ces­sion qui vient sont considérables.

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Le capitalisme contemporain et la finance
Mercredi 23 juin 2010
Capitalisme / Néolibéralisme

La thèse es­sen­tielle que ce cha­pitre cherche à dé­ve­lopper pour­rait être ré­sumée ainsi : la fi­nance est « l’arbre qui cache la forêt ». Elle n’est pas un obs­tacle à un fonc­tion­ne­ment « normal » du ca­pital, mais l’instrument de son re­tour à un fonc­tion­ne­ment « pur », dé­bar­rassé de toute une série de règles et de contraintes qui avaient été im­po­sées à ce sys­tème au fil de décennies.

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Quelles réponses progressistes ?

La crise ac­tuelle est une crise ex­trê­me­ment pro­fonde. La ré­ac­tion des gou­ver­ne­ments est fi­na­le­ment assez claire : ils pa­rent au plus pressé pour éviter les ca­tas­trophes, se sou­mettent au ca­price des mar­chés sans ja­mais cher­cher à les contrôler et pré­parent les ajus­te­ments né­ces­saires pour re­venir dès que pos­sible au bu­si­ness as usual. La pro­fon­deur de la crise est telle qu’ils ne dis­posent pas de réelle al­ter­na­tive à la ver­sion néo­li­bé­rale du ca­pi­ta­lisme qu’ils ont mise en place.

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Santé et bonheur

Non, il ne s’agit pas de vœux [1] en re­tard mais d’une chro­nique consa­crée au livre de Ri­chard Wil­kinson, L’égalité c’est la santé, qui vient d’être pu­blié aux édi­tions De­mo­polis. Le titre ré­sume la thèse gé­né­rale : les dif­fé­rences en termes de santé que l’on ob­serve sur des po­pu­la­tions com­pa­rables s’expliquent par leur degré re­latif d’inégalité. Toutes choses égales par ailleurs, un groupe so­cial éga­li­taire est en meilleure santé.

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