La lutte des étudiants est juste, dit Guy Rocher

L'un des penseurs du système d'éducation québécois prône l'abolition des droits de scolarité

Par , Mis en ligne le 11 avril 2012

Le socio­logue Guy Rocher a choisi son camp: c’est dans la rue avec les étu­diants qu’il trouve sa place depuis le début du mou­ve­ment de grève. Et au-delà du gel des droits de sco­la­rité, c’est pour le prin­cipe de la gra­tuité sco­laire qu’il milite, une lutte qu’il qua­lifie de «juste», a-t-il confié en entrevue au Devoir. «La gra­tuité est sou­hai­table, a rap­pelé M. Rocher. En adop­tant ce prin­cipe de départ, ça nous impose de repenser les poli­ti­ques tout autre­ment. Tant qu’on est dans le débat du gel et du dégel, on reste sur une dis­cus­sion de chif­fres qui tour­nent en rond.»

Dans une lettre qu’il cosigne avec Yvan Perrier, ensei­gnant en sciences poli­ti­ques au cégep du Vieux-Montréal, M. Rocher sou­tient que les droits de sco­la­rité consti­tuent une mesure «régres­sive». «Seuls les étu­diants en pro­ve­nance de milieux aisés peu­vent l’envisager. Pour les autres, ils assu­me­ront dif­fi­ci­le­ment les aug­men­ta­tions qu’on veut leur imposer», peut-on lire.

M. Rocher rap­pelle d’ailleurs que l’élimination des droits de sco­la­rité est la posi­tion qu’avait adoptée la com­mis­sion Parent en 1965, grande com­mis­sion dont il fai­sait partie et qui a mené à la créa­tion des cégeps et du minis­tère de l’Éducation. Pour des rai­sons conjonc­tu­relles, étant donné les grandes dépenses du gou­ver­ne­ment, qui s’apprêtait à réformer tout le sys­tème, l’argent n’a pas été consacré à cette gra­tuité. «Mais on espé­rait qu’à plus ou moins long terme, la gra­tuité soit appuyée. Sauf que tran­quille­ment, le gou­ver­ne­ment a plutôt adopté la pers­pec­tive néo­li­bé­rale du consommateur-payeur», déplore ce pro­fes­seur de l’Université de Montréal et cher­cheur au Centre de recherche en droit public.

Pas une utopie

Envers et contre tous ses détrac­teurs, la gra­tuité n’est pas une utopie, scande-t-il. Même qu’elle n’aurait coûté que 750 mil­lions en 2011-2012, soit 1 % du budget du gou­ver­ne­ment du Québec, selon les don­nées du minis­tère des Finances. Il en appelle à revoir les poli­ti­ques gou­ver­ne­men­tales du Québec. «Il n’y a pas plu­sieurs endroits où on peut aller cher­cher des fonds. C’est dans les fonds publics. Et quand je vois les dépenses que l’on pro­jette de faire pour le Plan Nord et dont on est loin d’être cer­tains que ça va rap­porter, j’ai l’impression qu’on fait des dons énormes à des com­pa­gnies. Comment peut-on en même temps faire de tels dons à des entre­prises qui s’en pren­nent à nos res­sources natu­relles et refuser aux étu­diants l’investissement pour assurer leur avenir à l’université? Ce sont là des choix poli­ti­ques.»

Mais la gra­tuité est-elle pos­sible à l’aune de la mon­dia­li­sa­tion? «C’est vrai qu’on vit dans un monde élargi de com­pé­ti­tion, mais il y a d’autres pays qui vivent dans le même monde que nous et qui ont adopté de tout autres poli­ti­ques», souligne-t-il en fai­sant allu­sion à la Scandinavie, où la gra­tuité est une idée plus répandue. «J’ai l’impression que la Finlande a lu le rap­port Parent et qu’elle l’a appliqué!»

Le prin­cipe de gra­tuité des années 60 avait certes pour objectif la démo­cra­ti­sa­tion et l’accessibilité aux études supé­rieures. Mais près de 50 ans plus tard, cela est tou­jours d’actualité, affirme M. Rocher. «Le Québec n’est pas la pro­vince la plus en avance en ce qui concerne la fré­quen­ta­tion uni­ver­si­taire», croit-il. «Quand je regarde les chif­fres de la hausse, ce qui m’inquiète c’est qu’on nous pro­pose de revenir, en 2017, à ce que ça coû­tait en droits de sco­la­rité en 1968. Mais com­ment pense-t-on qu’on avance en reve­nant à la situa­tion de 1968? Et c’est dan­ge­reux de trans­poser en dol­lars constants. C’est un impor­tant retour en arrière», a dit ce grand défen­seur de l’État-providence.

Un gou­ver­ne­ment aveugle

Au lieu de s’enliser dans une impasse, le gou­ver­ne­ment aurait mieux fait de tenir un débat plus large sur le finan­ce­ment des uni­ver­sités pour reva­lo­riser leur rôle, croit Guy Rocher. «C’est ça qui nous manque. C’est l’absence de dia­logue avec une grande partie des citoyens du Québec que sont les étu­diants. Par son atti­tude, le gou­ver­ne­ment entre­tient un climat mal­sain et c’est lui qui va finir par payer à la longue.»

Le pro­fes­seur s’étonne de la mau­vaise ana­lyse que font les minis­tres, et leurs conseillers, concer­nant le projet de la hausse des droits de sco­la­rité. «J’ai peur qu’au gou­ver­ne­ment, on ait mal apprécié l’importance de ce mou­ve­ment. Par exemple, la grande marche des 200 000 per­sonnes le 22 mars aurait dû ouvrir les yeux au gou­ver­ne­ment», a-t-il noté.

La pro­po­si­tion de boni­fier les prêts faite par Québec la semaine der­nière n’est que de la poudre aux yeux. «Le gou­ver­ne­ment n’est pas assez naïf pour croire qu’après 52 jours de grève, les étu­diants allaient bien rece­voir leur pro­po­si­tion. […] Ce gou­ver­ne­ment a des stra­té­gies de myopie, ou bien il pense pou­voir casser le mou­ve­ment. C’est pro­ba­ble­ment une autre erreur de ce gou­ver­ne­ment. C’est comme ça que j’interprète l’impasse», a-t-il expliqué.

D’ailleurs, hormis ses reven­di­ca­tions, le prin­temps étu­diant actuel ne res­semble pas aux mou­ve­ments qui l’ont pré­cédé, «par son étendue et sa constance de frappe», remarque Guy Rocher. «Je suis très impres­sionné par le fait qu’il y a en ce moment, dans le milieu étu­diant, un assez grand nombre de per­sonnes qui par­ta­gent le même point de vue, la même oppo­si­tion, la même résis­tance aux poli­ti­ques actuelles. À cet égard, c’est nova­teur, a-t-il conclu. C’est révé­la­teur d’un chan­ge­ment d’attitude dans une partie de la jeu­nesse, qui voit dans la hausse des droits de sco­la­rité autre chose que seule­ment la hausse des droits, mais qui voit aussi des poli­ti­ques sociales et une concep­tion de la société à changer.» Une société qui aurait tout intérêt, selon lui, à être de cette «lutte juste» qui n’est pas celle de la «juste part».

Lisa-Marie Gervais 
Le Devoir, 11 mars 2012

 


TEXTE INTÉGRAL [Le Devoir – 11 mars 2012]

Les droits de scolarité à l’université: « Juste part » ou « Lutte juste »?

« La poli­tique consiste en un effort tenace et éner­gique pour tarauder des plan­ches de bois dur. Cet effort exige à la fois de la pas­sion et du coup d’oeil. Il est par­fai­te­ment exact de dire, et toute l’expérience his­to­rique le confirme, que l’on n’aurait jamais pu atteindre le pos­sible si dans le monde on ne s’était pas tou­jours et sans cesse attaqué à l’impossible. » Weber, Max. (1919). 1963.
Le savant et le poli­tique. Collection 10-18. Paris : Union géné­rale d’éditions, p. 185.

Depuis la mi-février, un nombre impo­sant d’associations étu­diantes de cegeps et d’universités ont opté pour l’exercice de divers moyens de pres­sion allant jusqu’à la grève. Les mem­bres de ces asso­cia­tions récla­ment soit le gel des droits de sco­la­rité, soit la gra­tuité sco­laire.

Le Premier ministre, mon­sieur Jean Charest, la ministre de l’Éducation, des Loisirs et du Sport, madame Line Beauchamp et le ministre des Finances, mon­sieur Raymond Bachand, font la sourde oreille à ces reven­di­ca­tions estu­dian­tines. Ils optent pour la ligne de la fer­meté. Ils main­tien­nent que la hausse des droits de sco­la­rité de 1625$, prévue pour les cinq pro­chaines années (une hausse de 75%), cor­res­pond à la « juste part » que les étu­diants doi­vent assumer dans le finan­ce­ment des uni­ver­sités. De plus, cette hausse annoncée appa­raît à leurs yeux comme étant une mesure « équi­table ». Dans l’édition du 2 avril 2012 du quo­ti­dien Le Devoir, François Desjardins nous apprend, à la une, que Jean Charest a déclaré que « L’avenir n’est pas dans les gels ».

Se pose donc ici une ques­tion : l’élimination des droits de sco­la­rité à l’université est-elle une mesure réa­liste ou non? C’est à cette inter­ro­ga­tion que nous ten­te­rons de répondre dans les lignes qui sui­vent en exa­mi­nant, très suc­cinc­te­ment, com­ment la ques­tion des droits de sco­la­rité au Québec a été traitée au cours des cin­quante der­nières années et com­ment le gou­ver­ne­ment s’y prend, depuis 1988, pour financer les ser­vices publics.

Sur la question des droits de scolarité à l’université

Lors des tra­vaux de la Commission Parent, de nom­breuses voix en faveur de la gra­tuité sco­laire, à tous les niveaux d’enseignement, se sont fait entendre.

Partant du prin­cipe que « (l)a démo­cra­ti­sa­tion véri­table de l’enseignement sup­pose des mesures d’aide aussi bien que de gra­tuité » (p. 161) et consta­tant que « l’éducation est, tout comme la santé, un ser­vice social essen­tiel, indis­pen­sable pour l’individu comme pour la col­lec­ti­vité » (p. 162), les com­mis­saires ont recom­mandé :

« […] qu’au niveau uni­ver­si­taire, bien que la gra­tuité sco­laire soit sou­hai­table à long terme, les frais de sco­la­rité soient main­tenus. » (Source : Rapport Parent : Rapport de la Commission royale d’enquête sur l’enseignement dans la pro­vince de Québec. Tome 5, p. 198 et 199.)

Alors que les droits de sco­la­rité à l’université ont été gelés au Québec pen­dant une période de vingt ans (de 1968 à 1988), ce qui était conforme à la recom­man­da­tion citée ci-haut, à partir de 1989, ils se sont mis à aug­menter. De 1989 à 1995, la moyenne des droits de sco­la­rité au Québec passe de 519$ à 1703$. Ceci repré­sente une hausse spec­ta­cu­laire de 228%. De 1995 à 2006 ils aug­men­tent de 213 $. En 2006-2007, la moyenne des droits de sco­la­rité s’élève donc à 1916$ (Source : Indicateurs de l’éducation, Édition 2007, MELS, 2007, p. 49).

En 2007, la ministre de l’Éducation, des Loisirs et du Sport, madame Michèle Courchesne impose, pour une période de cinq ans, une aug­men­ta­tion récur­rente de 100$ par année. Les droits de sco­la­rité pas­sent alors en moyenne de 1916$ à 2415$. Une hausse d’un peu moins de 30% sur cinq ans. (Source : Indicateurs de l’éducation, Édition 2011, MELS. 2011, p. 47). Dans son budget de 2011, le ministre des Finances, mon­sieur Raymond Bachand nous informe que les droits de sco­la­rité aug­men­te­ront de 325$ par année de 2012-2013 à 2017-2018 (1625$ au total), pour être par la suite indexés. Si cette nou­velle hausse annoncée n’est pas annulée, les droits de sco­la­rité auront aug­menté, sur une période de dix ans (de 2007 à 2017) d’un mon­tant addi­tionnel de 2125$.

Sur le financement des services publics

Au cours des der­nières années, les gou­ver­ne­ments qui se sont suc­cédé à Québec ont érigé en véri­table dogme l’idée que la baisse des impôts des contri­bua­bles ainsi que des entre­prises est sou­hai­table, voire incon­tour­nable. À titre d’exemple, de 1988 à 1998, le nombre de paliers d’imposition au Québec a chuté de 16 à 3 (Source : IRIS, Budget 2010 : com­ment financer les ser­vices publics?, mars 2010, p. 6). Ce chan­ge­ment a sur­tout pro­fité aux citoyens gagnant de hauts revenus.

Dans un docu­ment inti­tulé Le point sur la situa­tion éco­no­mique et finan­cière du Québec; Automne 2009, à la page 91 on peut lire ce qui suit : « Les allé­ge­ments fis­caux accordés depuis 2003 aug­men­tent le revenu des ménages de 5,4 mil­liards de dol­lars en 2009. »

Concluons que le gou­ver­ne­ment du Québec a déli­bé­ré­ment opté pour la réduc­tion du far­deau fiscal du citoyen. Conséquence de ce choix: comme mode de finan­ce­ment de cer­tains ser­vices publics, il pri­vi­légie de plus en plus la fac­tu­ra­tion à l’usager.

Depuis 1989, le gou­ver­ne­ment du Québec a troqué la pers­pec­tive de jus­tice sociale et de soli­da­rité qui a pré­sidé aux vingt-cinq années pré­cé­dentes pour une approche néo-libérale de plus en plus affirmée. La hausse des droits de sco­la­rité à l’université n’est donc qu’un aspect d’un débat fon­da­mental sur la société qué­bé­coise de l’avenir. C’est d’ailleurs ce qu‘on peut lire dans le mou­ve­ment de grève des étu­diants d‘aujourd’hui, les citoyens de demain.

Sur le coût de l’élimination des droits de sco­la­rité à l’université En 1960, la gra­tuité de l’université était sou­hai­table et attei­gnable. Depuis lors, on nous a convaincus qu’il s’agit d’une utopie. Pourtant, un bon nombre de pays d’Europe, la Scandinavie notam­ment, pra­ti­quent cette utopie et avec succès. Ils ont com­pris que, l’éducation ne doit pas être uni­que­ment envi­sagée comme un inves­tis­se­ment per­sonnel et indi­vi­duel, il s’agit plutôt de la voie par laquelle une société tisse des liens entre les géné­ra­tions et pré­pare son avenir. Le finan­ce­ment de l’éducation est une res­pon­sa­bi­lité qui concerne la col­lec­ti­vité. Selon les don­nées même du minis­tère des Finances du Québec, la gra­tuité sco­laire à l’université aurait coûté au gou­ver­ne­ment, en 2011-2012, un mon­tant maximum addi­tionnel de 750 mil­lions $ (Source : Plan de finan­ce­ment des uni­ver­sités équi­table et équi­libré, tableau 6, p. 23) .

La gra­tuité à l’université n’a rien d’une utopie. C’était l’objectif visé « à long terme » par les mem­bres de la Commission Parent. Il s’agit d’un choix de société, d’un choix poli­tique pour être plus précis qui coû­te­rait autour de 1% du budget du gou­ver­ne­ment du Québec. Compte tenu du mon­tant en jeu, cet idéal peut être rapi­de­ment atteint. Pour rendre l’éducation supé­rieure acces­sible à celles et ceux qui ont les apti­tudes pour la suivre, sans égard à leur ori­gine sociale, le gou­ver­ne­ment n’a qu’à réin­tro­duire un cer­tain nombre des paliers d’imposition qu’il a abolis entre 1988 à 1998. Il obtien­drait, par le fait même, la somme requise pour répondre posi­ti­ve­ment aux reven­di­ca­tions étu­diantes.

Il faut s’attaquer à « l’impossible »…

Les mem­bres de la Commission Parent ont pro­posé, comme objectif, de mettre en place un sys­tème d’enseignement solide, répon­dant aux besoins d’une société moderne. Ils ont pro­posé éga­le­ment de le rendre acces­sible à tous et à toutes selon les apti­tudes et inté­rêts de chacun. Dans une société déve­loppée comme la nôtre, il est triste de devoir envi­sager le retour d’un sys­tème d’enseignement uni­ver­si­taire de plus en plus sélectif sur les plans éco­no­mique et social.

Nous sommes dans une société du savoir. Dans ce contexe, la for­ma­tion post­se­con­daire est l’assise du déve­lop­pe­ment de la société et des indi­vidus qui la com­po­sent. L’accès aux études supé­rieures doit être posé, par les mem­bres de la classe poli­tique, comme un droit et non comme un pri­vi­lège à tarifer. La lutte pour le gel des droits de sco­la­rité et la lutte pour l’élimination de ces droits à l’université cor­res­pon­dent, l’une comme l’autre, à une « lutte juste ». Les droits de sco­la­rité consti­tuent en soi une mesure régres­sive. Seuls les étu­diants en pro­ve­nance de milieux aisés peu­vent l’envisager. Pour les autres, ils assu­me­ront dif­fi­ci­le­ment les aug­men­ta­tions qu’on veut leur imposer.

C’est par une fis­ca­lité pro­gres­sive des contri­bua­bles et des entre­prises que doit être financé doré­na­vant l’enseignement uni­ver­si­taire. Les mon­tants recueillis par l’impôt, pour financer ce niveau d’enseignement, devront plutôt cor­res­pondre à la capa­cité de payer de chacun. Seule une édu­ca­tion financée à même les impôts per­mettra de la rendre plus acces­sible. Mais pour y arriver, il faudra que le gou­ver­ne­ment ait le cou­rage poli­tique d’imposer une fis­ca­lité juste et équi­table.

Quarante-six ans après la publi­ca­tion du Rapport Parent, nous sommes d’avis que l’élimination des droits de sco­la­rité doit être envi­sagée comme une mesure à ins­taurer non pas à « long terme » mais plutôt à « court terme ». Il ne s’agit plus d’un objectif inac­ces­sible. Il s’agit plutôt, pour reprendre le mot de Max Weber cité en exergue, de quelque chose de « pos­sible ».

Yvan Perrier
Professeur Science poli­tique
Cégep du Vieux Montréal

Guy Rocher
Professeur émé­rite Sociologie
Université de Montréal

Une réponse à “La lutte des étudiants est juste, dit Guy Rocher”

  1. Lise Lalonde dit :

    Merci, Monsieur Rocher! Ce mou­ve­ment étu­diant est extra­or­di­naire, les asso­cia­tions étu­diantes font preuve de cou­rage, de luci­dité, d’intelligence et d’une ori­gi­na­lité cer­taine. Voilà le véri­table esprit du Québec, un espace comme nul autre en Amérique, un espace que plu­sieurs veu­lent AUTREMENT! Bien que j’aie honte de nos gou­ver­nants en ce moment de notre vie sociale, je suis ter­ri­ble­ment fière de ces jeunes, des parents, grands-parents, ensei­gnants et pen­seurs qui, comme vous, plai­dent en faveur d’une jus­tice sociale qui, depuis trop long­temps, a semblé fondre comme neige au prin­temps.