Décès de Madeleine Parent

Une infatigable battante vient de nous quitter

Par Mis en ligne le 14 mars 2012
Madeleine Parent

Madeleine Parent a constam­ment appuyé la lutte de tra­vailleuses et tra­vailleurs. En 1983, elle prend part à l'assemblée géné­rale du Syndicat des tra­vailleurs de la Mine Noranda (CSN). Les syn­di­qués s'étaient réunis pour connaître les conclu­sions d'une étude de l'Hôpital Mount Sinaï de New York sur l'état de santé des quelque 900 ouvriers de cette fon­derie du Nord-Ouest qué­bé­cois.

« Madeleine Parent a été et sera tou­jours une amie de la CSN. Rien n’a arrêté cette femme extra­or­di­naire dans sa quête pour une société plus juste. Sa seule impli­ca­tion syn­di­cale en est une repré­sen­ta­tion élo­quente. Elle s’est battue pour faire recon­naître les droits des tra­vailleuses et des tra­vailleurs à une époque où la répres­sion sévis­sait dure­ment. Malgré les peines d’emprisonnement pro­non­cées contre elle, elle a pour­suivi avec aplomb son tra­vail syn­dical. Nous lui devons une contri­bu­tion majeure au déve­lop­pe­ment du syn­di­ca­lisme et de la société qué­bé­coise », de déclarer Louis Roy, pré­si­dent de la CSN.

Madeleine Parent aurait sou­haité que tous les tra­vailleurs et toutes les tra­vailleuses soient syn­di­qués. Tous recon­nais­sent que son impli­ca­tion syn­di­cale à l’égard des femmes d’origine modeste a été des plus impor­tantes. « Au Québec, on se rap­pelle d’elle pour son tra­vail d’organisation dans le tex­tile, mais son action syn­di­cale a lar­ge­ment dépassé les fron­tières du Québec, car elle a aussi été très active ailleurs au Canada, ce que l’on sait moins ici », explique Louis Roy.

Madeleine Parent a laissé sa marque dans le monde syn­dical, mais elle fut tout aussi engagée comme mili­tante fémi­niste, pour la paix et dans les groupes com­mu­nau­taires. Rien ne lui tenait plus à cœur que l’avancement des droits. Voilà pour­quoi cette infa­ti­gable bat­tante a sou­tenu autant de causes.

Tout comme sa grande amie Léa Roback, elle fut une pion­nière. « Ce qu’elle a vécu dépasse l’entendement aujourd’hui. Non seule­ment elle fut arrêtée et empri­sonnée, mais on a aussi tenté de détruire sa répu­ta­tion. Il fal­lait beau­coup de cou­rage pour passer à tra­vers tout ça et elle n’en a jamais manqué. La dimen­sion de la vie publique aussi lui tenait à cœur et elle a constam­ment appuyé celles d’entre nous qui avons voulu prendre des postes de res­pon­sa­bi­lité », se rap­pelle l’ex-présidente de la CSN, Claudette Carbonneau.

Madeleine Parent et Michel Chartrand

La CSN a rendu hom­mage à ces deux pion­niers du syn­di­ca­lisme qu'ont été Madeleine Parent et Michel Chartrand, lors de son 52e Congrès, en 1984. Deux êtres dont la vie aura été avant tout un enga­ge­ment constant en faveur de la recon­nais­sance des droits humains, et en par­ti­cu­lier ceux des tra­vailleuses et des tra­vailleurs.

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