Délocalisation d’emplois : risques et perspectives

Par Mis en ligne le 24 février 2012

La glo­ba­li­sa­tion néo­li­bé­rale a eu comme consé­quences, parmi d’autres, de fa­ci­liter le re­cours par les firmes mul­ti­na­tio­nales aux dé­lo­ca­li­sa­tions afin de di­mi­nuer leurs coûts de pro­duc­tion. Le prin­cipe est assez simple : dé­placer la pro­duc­tion d’un lieu jugé trop coû­teux en raison des ni­veaux de sa­laire « élevés » ou des ré­gle­men­ta­tions so­ciales et en­vi­ron­ne­men­tales « trop strictes » vers un es­pace plus pro­pice pour l’investissement. Par les dé­lo­ca­li­sa­tions, le rap­port de force capital-travail, tra­di­tion­nel­le­ment struc­turé au ni­veau na­tional, se trouve re­porté au ni­veau in­ter­na­tional au profit du ca­pital. La li­bé­ra­li­sa­tion des flux de ca­pi­taux promue par le néo­li­bé­ra­lisme dans le cadre du ca­pi­ta­lisme fi­nan­cier permet alors de faire as­sumer les risques de la concur­rence éco­no­mique non-pas par les in­ves­tis­seurs, mais par les salarié-e-s et les États.

Tou­te­fois le nombre d’emplois ef­fec­ti­ve­ment dé­lo­ca­lisés de­meure re­la­ti­ve­ment bas. Au Ca­nada, ap­proxi­ma­ti­ve­ment 30 750 em­plois ont été dé­lo­ca­lisés entre 2005 et 2008, tandis qu’au Québec ce nombre n’atteint que 7 175. Ce qui rend la me­nace de dé­lo­ca­li­sa­tion si ef­fec­tive dans la re­con­fi­gu­ra­tion ac­tuelle du monde du tra­vail tient plutôt du fait que, pour le Québec seule­ment, 17,5 % des em­plois sont jugés à risque de dé­lo­ca­li­sa­tion. Bref, la glo­ba­li­sa­tion, en sus­pen­dant une épée de Da­mo­clès au dessus de la tête d’une partie im­por­tante de la po­pu­la­tion, réussit à im­poser un en­vi­ron­ne­ment dans le­quel la simple me­nace de dé­lo­ca­li­sa­tion suffit sou­vent à ar­ra­cher d’importantes conces­sions aux tra­vailleurs et travailleuses.

 

Ex­trait de l’article paru dans le nu­méro 7 des NCS

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