En quoi ont résulté les réductions des impôts frappant les sociétés?

Par Mis en ligne le 04 février 2012

En raison des ré­duc­tions constantes des im­pôts frap­pant les so­ciétés, les im­pôts sur les re­venus des so­ciétés re­pré­sentent une part moindre de tous les re­venus du gou­ver­ne­ment. En fait, d’ici la fin de jan­vier, les en­tre­prises au­ront com­plè­te­ment payé leur part des impôts.

Le taux d’impôt fé­déral gé­néral était de 28 % en 2000. Il a été ré­duit à 21 % sous les Li­bé­raux et en­suite il est pro­gres­si­ve­ment passé de 21 % à 15 % sous les Conser­va­teurs. La plus ré­cente ré­duc­tion était de 16,5 % à 15 %, à compter du 1er jan­vier 2012.

Chaque ré­duc­tion d’un point de pour­cen­tage du taux d’impôt des so­ciétés coûte au gou­ver­ne­ment fé­déral en­viron 2 mil­liards de dol­lars en re­venus annuels.

L’argument pour les ré­duc­tions d’impôt sur le re­venu pour les so­ciétés a été que l’augmentation de leurs pro­fits après impôt leur per­met­trait de ré­in­vestir dans l’exploitation de la com­pa­gnie, fa­vo­ri­sant la crois­sance éco­no­mique, la pro­duc­ti­vité et les em­plois. Tou­te­fois, les études ont dé­montré que les pro­fits après impôt des so­ciétés, les­quels sont à la hausse, n’ont pas en­traîné un plus grand nombre d’investissements réels.

Cette étude porte sur les pro­fits et les pla­ce­ments des plus grandes com­pa­gnies ca­na­diennes, celles qui sont ins­crites à l’indice com­posé du Stan­dard and Poor et du TSX, de 2000 à 2010.

En ac­cord avec les ré­duc­tions ap­por­tées aux taux d’impôt sta­tu­taires fé­déral et pro­vin­ciaux, le taux d’impôt ap­pli­cable (les im­pôts réels payés par les plus grandes com­pa­gnies ca­na­diennes aux gou­ver­ne­ments fé­déral et pro­vin­ciaux en tant que part des pro­fits avant impôt) a chuté d’un tiers au début des an­nées 2000 (35 % en 2000), à en­viron un cin­quième et un quart (24 % en 2010).

Les so­ciétés ont uti­lisé les plus grands pro­fits après impôt pour aug­menter les di­vi­dendes payés à leurs ac­tion­naires. Les di­vi­dendes en tant que pour­cen­tage des pro­fits après impôt sont passés de 30 % en 2000 à plus de 50 % dans les der­nières années.

Les so­ciétés ont aussi choisi de re­tenir les pro­fits après impôt plus élevés comme avoirs fi­nan­ciers et avoirs à long terme, sans compter des pla­ce­ments dans les capital-actions.

L’étude consi­dère le chan­ge­ment dans les avoirs des plus grandes so­ciétés non fi­nan­cières du Ca­nada. (Les com­pa­gnies fi­nan­cières et les conglo­mé­rats sont ex­clus parce qu’ils dé­tiennent ty­pi­que­ment des grands in­ves­tis­se­ments fi­nan­ciers dans le contexte de leurs af­faires courantes.)

Les dix plus grands thé­sau­ri­seurs ont col­lec­ti­ve­ment ac­cu­mulé 30,7 mil­liards de dol­lars en avoirs à court et long termes entre 2000 et 2010.

Le prin­cipal thé­sau­ri­seur d’argent li­quide a été Po­tash Cor­po­ra­tion de la Sas­kat­chewan qui a ac­cu­mulé plus de 5 mil­liards de dol­lars en avoirs au cours de la période.

L’annexe liste les prin­ci­paux thé­sau­ri­seurs du Canada.

Les ré­duc­tions de l’impôt des so­ciétés ont ré­sulté en des pertes im­por­tantes de re­venus pour le gou­ver­ne­ment, sans tou­te­fois ap­porter le ré­sultat an­ti­cipé, no­tam­ment une aug­men­ta­tion des in­ves­tis­se­ments dans la ma­chi­nerie et l’équipement, des nou­velles usines et d’autres sec­teurs d’exploitation des so­ciétés. Nous avons plutôt connu des aug­men­ta­tions im­por­tantes des di­vi­dendes versés et des avoirs financiers.

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