Intervention de Francis Dupuis-Déry

Émancipation et autonomie

Université d'été des NCS 2010

Par Mis en ligne le 01 septembre 2010

Pour Francis Dupuis-Déry, pro­fes­seur à l’UQAM et mi­li­tant anar­chiste, le ca­pi­ta­lisme est un sé­rieux pro­blème pour l’humanité, mais le vé­ri­table pro­blème, c’est le pou­voir éta­tique, qui exis­tait bien long­temps avant le ca­pi­ta­lisme. L’enjeu est et de­meure le même : do­mi­na­tion versus au­to­nomie. Enfin de compte a-t-il ex­pliqué lors d’une dis­cus­sion à l’Université d’été des NCS, «cette contra­dic­tion entre pouvoir/domination et autonomie/libération est éga­le­ment dans chacun d’entre nous. La ten­sion ne dis­pa­raît ja­mais, c’est une op­po­si­tion fon­da­men­tale». La do­mi­na­tion par ailleurs ne s’exerce pas seule­ment sur le plan éco­no­mique. On le voit dans la réa­lité des femmes, des peuples op­primés. Le pou­voir se main­tient par un sys­tème qui se main­tient par la vio­lence et le sys­tème sym­bo­lique, par­tout dans la so­ciété et même dans les mou­ve­ments so­ciaux progressistes».

Pour lutter contre ce pou­voir, les anar­chistes s’investissent dans di­vers fronts de lutte. Les luttes contre le ra­cisme, pour les droits des mi­grants, contre la bru­ta­lité po­li­cière, conte la guerre, contre le ca­pi­ta­lisme, sont éga­le­ment im­por­tantes. Et contrai­re­ment à une image ré­pandue, les anar­chistes ne sont pas des ex­tra­ter­restres, ils mi­litent dans les mou­ve­ments so­ciaux, dans le sec­teur pu­blic, éga­le­ment dans des ini­tia­tives au­to­gé­rées. Par­tout ce­pen­dant ex­plique Dupuis-Déry, les anar­chistes re­fusent la hié­rar­chi­sa­tion des luttes. «Ce n’est pas vrai que les luttes sec­to­rielles ou iden­ti­taires nous dé­tournent. Ce n’est pas vrai qu’il faut né­ces­sai­re­ment s’unifier sous une même ban­nière». Il sou­ligne sur ce prin­cipe l’importance et les ac­quis ar­ra­chés par le mou­ve­ment et les luttes fé­mi­nistes : «il faut ac­cepter d’être im­pu­tables de­vant les fé­mi­nistes. Elles ont l’ascendant et ac­cepter de se consti­tuer en auxi­liaires des luttes des femmes est une voie qu’il faut accepter».

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