Intervention de Barbara Legault

La « guerre »

Université d'été des NCS 2010

Par Mis en ligne le 29 août 2010

Selon Bar­bara Le­gault qui mi­lite dans plu­sieurs or­ga­ni­sa­tions de femmes, notre so­ciété est pré­sen­te­ment en guerre. «On l’en prend pas né­ces­sai­re­ment conscience, mais on le constate dans le dé­ploie­ment de la ré­pres­sion contre les femmes, les im­mi­grants, les au­toch­tones, les dis­si­dents», a-t-elle dé­claré lors de l’Université d’été des NCS la se­maine passée à Mont­réal. Ré­cem­ment, cette guerre est de­venue plus vi­sible lors des ma­ni­fes­ta­tions contre le G20 à To­ronto. Il faut sou­li­gner éga­le­ment, selon Bar­bara Le­gault que la guerre se joue aussi à tra­vers les mé­dias. «Mal­heu­reu­se­ment, on constate que plu­sieurs jour­na­listes sont de­venus des po­li­ciers à crayon» dont le rôle est de dia­bo­liser, ca­ri­ca­turer, at­ta­quer ver­ba­le­ment les gens qui cri­tiquent. Pa­ral­lè­le­ment, il y a l’action de cer­tains re­li­gieux et des fon­da­tions pri­vées qui veulent in­fan­ti­liser les po­pu­la­tions, ren­voyer les femmes à une si­tua­tion an­té­rieure où elles étaient par dé­fi­ni­tion «cou­pables» et «incapables».

Bar­bara qui par­ti­cipe à un ré­seau pan­ca­na­dien de jeunes femmes «Re­belles», le temps est ar­rivé de prendre des risques. Elle dit être ins­pirée par les ac­tions ré­centes des Bré­si­liennes qui n’ont pas eu peur de dé­truire des champs bourrés d’OGM. «Nous aussi de­vons penser à l’action di­recte. Quand on at­taque nos sœurs au sud, il faut sortir de nos pan­toufles». Elle pense qu’il faut re­voir notre rap­port à l’État, sans né­ces­sai­re­ment nier le fait que nous de­vons lutter sur ce ter­rain. Mais fon­da­men­ta­le­ment affirme-t-elle, L’État est un en­nemi et par consé­quent, il faut cesser de lé­gi­timer. Elle es­time qu’une partie de la ré­ponse pro­vient d’expériences au­to­ges­tion­naires en cours, qui im­plique ini­tia­tives ci­toyennes, dé­cen­tra­li­sa­tion des pou­voirs au sein des mou­ve­ments, tout cela dans une pers­pec­tive qu’elle dé­finit d’«anticapitaliste, d’anti co­lo­nia­liste, d’anti patriarcat».

Elle en­tend bien par­ti­ciper à la pro­chaine édi­tion de la Marche des femmes en oc­tobre pro­chain, sur­tout si «on peut sortir des sen­tiers battus». La déso­béis­sance ci­vile fait partie de la pa­no­plie des moyens qu’il «faut en­vi­sager» dans une ap­proche qui in­clut la di­ver­sité des tac­tiques. Elle s’encourage que la FFQ et sa pré­si­dente Alexa Conradi parlent de la né­ces­sité de dé­ve­lopper une ac­tion in­ter­sec­tion­nelle qui puisse mo­bi­liser les femmes au­toch­tones et tous les groupes op­primés.». Il faut sortir de notre zone de confort blanche et francophone».

Dans la conclu­sion de son in­ter­ven­tion à l’Université d’été, Bar­bara Le­gault a rap­pelé l’importance du tra­vail d’analyse et de re­cherche. »Il faut changer notre re­gard, raf­finer nos ana­lyses, briser des an­ciens socles de va­leur face à l’État et nos luttes». Puisque les do­mi­nants nous font la guerre, «il faut prendre l’initiative et créer de nou­veaux es­paces de conver­gence, qui doivent in­clure di­vers types de ré­seaux, des ré­seaux ra­di­caux comme des ré­seaux institutionnalisés».

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