Un autre capitalisme n’est pas possible

Mis en ligne le 12 mars 2010

par Rémy HERRERA

Le ca­pi­ta­lisme est en crise. Il pour­rait même s’agir d’une des plus graves crises de l’histoire mo­derne. Et pour­tant, à suivre l’actualité au jour le jour, l’opinion pu­blique peut avoir le sen­ti­ment que cette crise est déjà der­rière nous. Or, le pire est sans doute en­core à venir, malgré les propos ras­su­rants tenus et les amé­na­ge­ments envisagés.

En effet, la ré­ac­ti­va­tion an­noncée de l’intervention éta­tique a no­tam­ment pour objet la né­ga­tion de la na­ture de biens pu­blics à la fois gra­tuits et libres de com­po­santes fon­da­men­tales du pa­tri­moine commun de l’humanité, comme le sa­voir, l’éducation ou les in­fra­struc­tures so­ciales et des res­sources naturelles.

Ce livre nous pro­pose un voyage dans les « en­trailles du monstre », car c’est la dy­na­mique même du ca­pi­ta­lisme qu’il faut exa­miner et mettre à nu pour en­gager la grande trans­for­ma­tion dont l’humanité et la pla­nète ont besoin.

L’appel à la contre-offensive est lancé dans la théorie comme dans la pratique.

Les li­mites des po­li­tiques éco­no­miques me­nées par les gauches au pou­voir sont mises en évi­dence à partir de l’étude de quatre ex­pé­riences : celles de Ba­rack Obama aux États-Unis, de Fran­çois Mit­ter­rand en France (1981 – 1986), de Lula au Brésil et de Hugo Chávez au Venezuela.

C’est évi­dem­ment vers l’Amérique la­tine que les yeux se tournent. Les ef­forts de trans­for­ma­tions so­ciales et de ré­gio­na­li­sa­tion mises au ser­vice des peuples font la dé­mons­tra­tion qu’il est pos­sible de passer de la dé­fen­sive à l’offensive et d’ouvrir à nou­veau les dé­bats sur les al­ter­na­tives an­ti­ca­pi­ta­listes et les pro­cessus de tran­si­tion socialiste.

L’auteur

Rémy Her­rera est éco­no­miste, cher­cheur au CNRS, en­sei­gnant à l’Université de Paris 1 Panthéon-Sorbonne. Il est l’un des co­or­di­na­teurs du Forum mon­dial des Al­ter­na­tives. Il est as­socié à l’Union of Ra­dical Po­li­tical Eco­no­mist (New York), la Chubu Uni­ver­sity (Na­goya), la So­ciété latino-américaine d’économie po­li­tique (São Paulo), l’Association des éco­no­mistes de Cuba (La Ha­vane), ainsi qu’au Forum du Tiers Monde (Dakar). Il tra­vaille aussi avec le Centre Europe-Tiers Monde (Ge­nève) au­près du Conseil des Droits de l’Homme de l’ONU.

Dé­penses pu­bliques et crois­sance économique

Pour sortir de la science(-fiction) néo-classique

Cet ou­vrage est consacré à l’étude du rôle de l’État dans la crois­sance économique.

Il passe d’abord en revue les tra­vaux néo-classiques re­la­tifs aux ef­fets des dé­penses de recherche-et-développement, d’éducation et d’infrastructures, ainsi que les pro­blèmes qui les ca­rac­té­risent. Des es­sais ori­gi­naux sont en­suite pro­posés sur le sujet, en mo­bi­li­sant cer­tains des ou­tils les plus com­plexes uti­lisés par le cou­rant do­mi­nant : éco­no­mé­trie de panel, sé­ries tem­po­relles, mo­dé­li­sa­tion en crois­sance en­do­gène. Les li­mites de chacun de ces exer­cices, ef­fec­tués à l’intérieur du mains­tream, sont sys­té­ma­ti­que­ment sou­li­gnées. La dé­marche mé­tho­do­lo­gique est étendue à l’impact des dé­penses mi­li­taires, ap­pré­hen­dées no­tam­ment à l’interface de la théorie de la crois­sance et de la théorie des jeux. Là en­core sont poin­tées les dé­fec­tuo­sités de l’orthodoxie, mul­tiples et sé­rieuses, au ni­veau à la fois théo­rique et empirique.

Fi­na­le­ment, la cri­tique de l’économie néo-classique est ra­di­ca­lisée par une dé­cons­truc­tion de la théorie de la crois­sance en­do­gène, dé­voi­lant ses in­co­hé­rences in­ternes et ses fonc­tions idéo­lo­giques. Ce livre veut aider les éco­no­mistes conscients de la né­ces­sité de sortir de la science(-fiction) néo-classique à iden­ti­fier les fai­blesses de cette der­nière, à dé­noncer ses liai­sons avec le néo-libéralisme et à trouver les voies d’entrée en ré­sis­tance hé­té­ro­doxe afin de contri­buer à la trans­for­ma­tion du monde actuel.

Rémy HER­RERA

Ed. L’Harmattan, Paris

ISBN : 978 – 2-296 – 11165-3

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