Bienvenue à l’ère post néolibérale

Par Mis en ligne le 06 mars 2010

La der­nière en­tour­lou­pette bud­gé­taire du gou­ver­ne­ment Harper a pro­ba­ble­ment réussi à tromper l’opinion en­core une fois. Tout le monde vou­lait en­tendre que la si­tua­tion n’était pas si pire et qu’on en pour­rait s’en sortir, avec un peu d’efforts et un peu de chance ! Nos mé­dias ber­lus­co­nisés l’ont dit sur tous les tons, «il faut se serrer la cein­ture, mais pas trop». Même l’opposition, au-delà de ses cri­tiques de cir­cons­tances, se ré­signe à la chose. En réa­lité, le Ca­nada, comme les autres pays ca­pi­ta­listes, reste pro­fon­dé­ment en­foncé dans une crise struc­tu­relle, qui va bien au-delà des tur­bu­lences que l’on constate à tous les jours.

Par Pierre Beaudet

Le trou noir

De­puis l’explosion de la der­nière bulle fi­nan­cière à l’automne 2008, les do­mi­nants ont es­sen­tiel­le­ment poussé les pro­blèmes vers l’avant. Les mil­liards de cré­dits et prêts consentis aux res­pon­sables du crash (les ins­ti­tu­tions fi­nan­cières) se­ront portés dans un avenir pas si loin­tain par les mêmes per­sonnes qui su­bissent déjà les im­pacts de la crise, via les pertes d’emplois, les sai­sies, les baisses de re­venus de toutes sortes. Aux États-Unis, dans l’épicentre de la crise si on peut dire, plus de 17% des salarié-es sont sans em­ploi pré­sen­te­ment. Et c’est sans compter les deux mil­lions d’adultes mas­cu­lins qui sont en prison et les deux autres mil­lions qui sont dans les forces ar­mées. En tout et pour tout, on peut cal­culer que plus de 25% des gens sont pré­sen­te­ment en de­hors du «marché du tra­vail». Plus du tiers des ca­pa­cités pro­duc­tives du pays est sus­pendu. Selon le FMI, la va­leur des ac­tifs a perdu 55 000 mil­liards de dol­lars, ce qui équi­vaut à en­viron un an de pro­duc­tion de biens et de ser­vices. Tou­jours selon le FMI, ces pertes pour­raient at­teindre 400 000 mil­liards d’ici une re­prise «réelle». Au Ca­nada, ces pertes pro­voquent une chute sans pré­cé­dent (de­puis 1929) de l’industrie ma­nu­fac­tu­rière (500 000 em­plois perdus dont à peine 150 000 ont été «ré­cu­pérés)) et une forte contrac­tion dans les autres sec­teurs de l’économie, sauf dans le sec­teur éner­gé­tique et dans le sec­teur fi­nan­cier. Compte tenu de l’incroyable in­té­gra­tion de l’économie ca­na­dienne à celle des États-Unis (consé­quence du fu­neste ac­cord de libre échange), cela in­dique que cette dé­per­di­tion va conti­nuer. Et dire que le gou­ver­ne­ment Harper a le front de nous dire que la si­tua­tion sera ré­ta­blie d’ici 2014.

Fin d’époque

Cette crise, cela a été dit au­pa­ra­vant, ré­sulte de di­vers pro­cessus conver­gents. À une échelle glo­bale ou his­to­rique, l’accumulation du ca­pital s’effondre cy­cli­que­ment sous le poids de la com­pé­ti­tion inter-capitaliste et des luttes so­ciales. Dans le contexte du ca­pi­ta­lisme ac­tuel, «réel­le­ment exis­tant», la re­struc­tu­ra­tion des 20 der­nières an­nées, qu’on connaît sous le label du néo­li­bé­ra­lisme, et qui avait permis une re­lance de l’accumulation, a pla­fonné au mi­lieu des an­nées 1990, pour fi­na­le­ment im­plosé 10 ans plus tard. L’essor, le dé­clin, puis le crash du néo­li­bé­ra­lisme reste à mieux com­prendre. Certes, la fi­nan­cia­ri­sa­tion qui a ca­rac­té­risé la ten­dance au ni­veau éco­no­mique ne pou­vait qu’arriver à une im­passe. L’économie dite «ca­sino», basée sur une spé­cu­la­tion dé­bridée et le pillage des ac­tifs pro­duc­tifs un peu par­tout dans le monde était jus­te­ment un vaste pari où comme dans les ma­chines à sous, on finit tou­jours par perdre. De ce fait, les as­sauts contre les condi­tions de vie et de tra­vail, via les ré­duc­tions de sa­laires et de re­venus et la né­gli­gence des in­fra­struc­tures de­vaient eux-aussi at­teindre un seuil, au-delà du­quel se pro­duit une dis­lo­ca­tion so­ciale non seule­ment chao­tique, mais dan­ge­reuse et coû­teuse. En bref, les «so­lu­tions» que le néo­li­bé­ra­lisme avait ap­por­tées à la crise du ca­pi­ta­lisme des an­nées 1970, li­bé­ra­li­sa­tion fi­nan­cière, dé­lo­ca­li­sa­tion des en­tre­prises, as­sauts contre les sa­laires, etc. sont plus ou moins épuisées.

Modes de ges­tion en péril

À cela, il faut ajouter les trans­for­ma­tions in­duites dans le monde de la culture et des idées, au­tour des «va­leurs» de l’individualisme pos­sessif et de l’ultra consu­mé­risme. Tout cela conduit à de sé­rieuses im­passes, que ma­ni­feste la montée des ten­sions so­ciales, eth­niques, re­li­gieuses, et que les af­fron­te­ments dits «cultu­rels» qui se mul­ti­plient au Québec sont les symp­tômes. Les prin­cipes de ci­toyen­neté, d’inclusion, de «par­tage équi­table» des res­sources et de la pro­tec­tion so­ciale, hé­ri­tées du ca­pi­ta­lisme key­né­sien, ont été mis de côté. C’est l’idéologie du «tout le monde contre tout le monde» où il n’existe plus de vé­ri­tables règles du jeu à part celles de s’enrichir au plus vite, aux dé­pens des autres, et quelque soient les consé­quences. Le «ca­pi­ta­liste de choc» d’aujourd’hui est un ban­quier de Wall Street, to­ta­le­ment dé­con­necté du monde réel de la pro­duc­tion et dont les dé­ci­sions, prises à des mil­liers de ki­lo­mètres des lieux où les gens tra­vaillent, abou­tissent à la mar­gi­na­li­sa­tion de mil­lions de per­sonnes. À côté de cette culture de la lutte des classes au profit des do­mi­nants, on as­siste à une vé­ri­table re­fonte des ins­ti­tu­tions po­li­tiques au­tour de cercles de pou­voir opaques, tech­no­cra­tiques, anti-démocratiques (voire an­ti­par­le­men­taires). Ces nou­velles élites qui ne sont im­pu­tables qu’à elles-mêmes ma­ni­pulent les re­gistres des gou­ver­ne­ments, des États, des mé­dias et ri­di­cu­lisent l’exercice tra­di­tionnel de la dé­mo­cratie bour­geoise. Pas sur­pre­nant donc qu’on voit émerger un peu par­tout de vé­ri­tables voyou­cra­ties qui volent, qui mentent, qui ba­fouent leurs propres règles. Le pro­blème de la «cor­rup­tion» at­teint des som­mets in­égalés. Les pra­tiques de pré­da­tion qu’on constate à Québec et à Ot­tawa, oc­cultes ou ré­vé­lées, font pâlir d’envie les dic­ta­teurs d’opérette qui es­saiment dans le reste du monde.

L’impasse du social-libéralisme

Fait à noter, cette lente dé­grin­go­lade du ca­pi­ta­lisme, tout au long des an­nées 1980 – 90, a été «gérée», en bonne partie du moins, par des forces se ré­cla­mant du centre-gauche, voire de la social-démocratie. Ar­ri­vées au pou­voir sur des pro­grammes plus ou moins ré­for­mistes, ces élites re­pré­sen­tant les couches as­cen­dantes de la pe­tite bour­geoisie ont bien vu que leurs in­té­rêts étaient de se ranger aux im­pé­ra­tifs du mo­ment. Elles ont plus ou moins toutes ca­pi­tulé en in­té­grant les po­li­tiques néo­li­bé­rales, quitte à vou­loir «hu­ma­niser» cer­taines de leurs com­po­santes. De tout cela, la social-démocratie et le po­pu­lisme sont sortis pas­sa­ble­ment dis­cré­dités, aplatis. Plus en­core, c’est l’ensemble du sys­tème po­li­tique qui perd sa va­leur aux yeux des gens. En effet, qu’est-ce que la dé­mo­cratie veut dire si les «op­tions» qui sont of­fertes par les di­vers partis abou­tissent, à peu de choses de près, au même ré­sultat ? Aussi on constate toutes sortes de phé­no­mènes «né­ga­tifs» (abs­ten­tion­nisme, cri­mi­na­lité et cor­rup­tion) et «po­si­tifs» (la co­lère po­pu­laire, ou comme disent les Ar­gen­tins, «que se vayan todos», qu’ils partent tous !). Pire en­core (de leur point de vue), ces dé­rives abou­tissent à de cui­santes dé­faites, comme on l’a constaté avec le PQ de­puis plu­sieurs an­nées maintenant.

Le néo­ca­pi­ta­lisme

Bref, la crise est là pour rester. Mais contrai­re­ment à une idée bien an­crée à gauche, cela ne veut pas dire que le ca­pi­ta­lisme va s’effondrer. Ni que les forces so­cia­listes vont pro­fiter de cette dé­ca­dence. À un pre­mier ni­veau, le ca­pi­ta­lisme est déjà en train de se ré­or­ga­niser au-delà de la crise et dans un cer­tains sens, au-delà du néo­li­bé­ra­lisme. Les ins­ti­tu­tions fi­nan­cières, no­tam­ment, se portent bien, et peuvent vivre confor­ta­ble­ment avec une si­tua­tion où 20% et plus de la po­pu­la­tion est sans em­ploi pen­dant que la grande ma­jo­rité des classes po­pu­laires et moyennes vont stagner et même perdre. Cette «crois­sance sans em­ploi» est le mo­dèle ac­tuel­le­ment promis par le gou­ver­ne­ment Harper. En réa­lité, la ma­ni­pu­la­tion des flux fi­nan­ciers par les grandes ins­ti­tu­tions ca­pi­ta­listes s’accroît sans cesse, en partie par l’émergence d’autres pôles ca­pi­ta­listes dans le monde (la Chine par exemple). Il y a aussi d’autres seg­ments de l’économie qui peuvent ici et là re­pré­senter de nou­veaux gi­se­ments d’accumulation, dans l’énergie (l’ère post-pétrole), la haute tech­no­logie, les ar­me­ments, sans compter la pri­va­ti­sa­tion at­tendue et an­noncée de la santé, de l’éducation, etc. D’autre part, il y a une ré­or­ga­ni­sa­tion struc­tu­relle qui se pro­duit par l’extension continue des nou­velles ges­tions du tra­vail, via les tech­no­lo­gies de l’information, qui dé­lo­ca­lisent, dis­loquent, épar­pillent la «force de tra­vail», la ren­dant en­core plus cor­véable et vul­né­rable. Entre-temps, le ca­pi­ta­lisme mon­dial peut très bien s’accommoder du fait que quelques cen­taines de mil­lions de «consom­ma­teurs» des pays riches vont de­voir ra­lentir leurs ap­pé­tits alors que dans le sud, les «nou­veaux riches» de l’élite et des couches moyennes su­pé­rieures vont prendre le re­lais. Ce n’est pas une so­lu­tion ma­gique, mais cela peut fonc­tionner, à moins que les struc­tures du pou­voir ne soient trop affaiblies.

Ges­tion musclée

Entre alors en scène la re­struc­tu­ra­tion des États. Ce n’est pas une ques­tion es­sen­tiel­le­ment de bonne ou de mau­vaise vo­lonté ou de bons/mauvais gou­ver­nants. En bref, la ges­tion post-néolibérale doit être basée sur la coer­ci­tion et la ré­pres­sion, ce qui à re­bours re­pose sur une sorte de ter­ro­risme moral et culturel qu’on veut im­poser à toute la pla­nète (la peur du «danger» ter­ro­riste, «arabo-musulman», im­mi­grant et ré­fugié). De ma­nière gé­né­rale, l’échiquier po­li­tique vire à droite. L’ancienne droite de­vient agres­sive, vul­gaire, se ré­ap­pro­priant les an­ciennes thé­ma­tiques de l’extrême-droite. Le «centre» se dis­loque, de­vient qua­si­ment iden­tique à la droite, comme on le voit au Québec entre le PQ et le PLQ. Dans ce contexte, la ges­tion po­li­tique de­vient sous plu­sieurs formes une sorte d’état d’urgence per­ma­nent que marquent des «évè­ne­ments» pu­blics et mé­dia­tiques (les jeux olym­piques, le pro­chain sommet du G8). La dis­si­dence est sous étroite sur­veillance, voire confinée et cri­mi­na­lisée sous un nouvel ar­senal ju­ri­dique ultra-répressif. Comme «com­pen­sa­tion», on offre aux do­minés des stra­pon­tins de «consul­ta­tion». On peut aussi, comme le pensent les stra­tèges du social-libéralisme (l’ancienne social-démocratie), «of­frir» aux «pauvres» la ges­tion de leur pau­vreté, via une «éco­nomie so­ciale» gérée par en haut et ad­mi­nis­trée par en bas, à rabais.

Contra­dic­tions à géo­mé­trie variable

Tout cela est en­core en train d’émerger, donc com­porte une grande part d’hésitations, d’ambigüités, voire de contra­dic­tions. Ce n’est pas un monde «lisse». Par exemple, l’accumulation du ca­pital ne se pro­duit pas dans un monde abs­trait, dés­in­carné. Elle re­pose sur des puis­sances, ou des ré­seaux de puis­sance, qui s’affrontent constam­ment, qui cherchent à se ravir la pre­mière place. Dans notre monde, la «triade», sorte d’alliance hy­bride entre l’Amérique du Nord, l’Union eu­ro­péenne et le Japon, est contestée par les puis­sances «émer­gentes», qui res­tent certes très loin der­rière sur les plans éco­no­miques, tech­no­lo­giques et sur­tout mi­li­taires, mais qui montent. D’où une ten­sion crois­sante, qui mène en droite ligne à la stra­tégie états-unienne de la «guerre sans fin». De là à penser que l’humanité entre pré­sen­te­ment dans un nou­veau cycle de guerres mon­diales (comme du­rant le «long» ving­tième siècle), cela est un peu pré­ma­turé. Mais les ef­fets de cette nou­velle po­la­ri­sa­tion se font déjà sentir. Le su­rin­ves­tis­se­ment mi­li­taire, y com­pris au Ca­nada, re­pré­sente à la fois un lourd far­deau et une «op­por­tu­nité» qu’il faut gérer et qui s’ajoute à la pa­no­plie des armes des puis­sants pour ré­primer, ter­ro­riser, briser les dis­si­dences et les résistances.

Le re­tour des mouvements

La lutte so­ciale est tou­jours un fac­teur im­por­tant dans l’équation et quelques-fois, elle de­vient le fac­teur dé­ter­mi­nant. Les do­minés vont-ils ac­cepter de courber l’échine ? De céder à la pres­sion des puis­sants ? D’avoir peur des «bar­bares» et de glisser dans le ra­cisme et l’ethno-nationalisme ? Cela ne se­rait pas la pre­mière fois dans l’histoire, mal­heu­reu­se­ment. Mais il y a un autre «pos­sible». Ef­fec­ti­ve­ment en Amé­rique du Sud, les do­minés ont dé­joué les do­mi­nants de­puis une di­zaine d’années. Ils l’ont fait en ex­pri­mant leur pou­voir de blo­cage, leur iden­tité re­belle, par des ac­tions de masse, en­va­his­sant l’espace pu­blic. Ils l’ont fait en évi­tant les pièges ha­bi­tuels de la «confron­ta­tion pour la confron­ta­tion» et du sub­sti­tuisme, en construi­sant de nou­velles al­liances, de nou­velles iden­tités. De­vant cette montée, les élites ont subi de dures dé­faites. Est-ce un mou­ve­ment «ir­ré­ver­sible» ? Bien sûr que non. Toutes les ré­gres­sions sont pos­sibles, d’autant plus que les do­mi­nants eux-aussi se ré­or­ga­nisent, mènent la «guerre de po­si­tion», es­saient de ren­verser les gou­ver­ne­ments pro­gres­sistes, par le vote (si on peut), par la force (s’il le faut), comme on vient de le voir au Honduras.

Sortir du piège

Que faire ? Il faudra s’endurcir, car la marche va être longue. Déjà, des forces s’accumulent pour faire face à l’assaut qui s’en vient contre le sec­teur pu­blic, et qui est déjà lar­ge­ment en­tamé par le «gri­gno­tage» en­tre­tenu de­puis plu­sieurs an­nées par nos élites. Mais il est pro­bable que le pire reste à venir, sur­tout si Harper réussit son tour de force en consti­tuant un gou­ver­ne­ment ma­jo­ri­taire. À moins que son co­pain Igna­tieff ne lui ra­visse le pou­voir, es­sen­tiel­le­ment pour faire la même chose que lui, en adou­cis­sant peut-être quelques coins ronds. On ne peut at­tendre rien de moins des lar­bins du PLQ à Québec, ni du PQ et de ses co­pains «lu­cides». Qu’est-ce que cela veut dire ? Il y a un consensus des do­mi­nants en ce mo­ment, au-delà de leurs pe­tites «dif­fé­rences» et ce consensus veut dire sim­ple­ment faire la guerre aux classes moyennes et po­pu­laires. On aura beau faire la pro­mo­tion du «dia­logue», du «par­te­na­riat», de la «mo­dé­ra­tion», comme le fait si bien l’Institut du nou­veau monde, il faut constater les faits. La ré­ponse, il n’y en a pas 56 000, c’est la lutte. À plu­sieurs re­prises de­puis quelques an­nées, ce pou­voir de blo­cage a été exercé par les masses. Par exemple, peu après l’investiture de Cha­rest à Québec en 2003, le mou­ve­ment syn­dical, ap­puyé par la po­pu­la­tion, a montré ses dents. En 2005, les étu­diants ont réussi à dé­jouer l’adversaire. Contrai­re­ment à ce que ré­pandent les mé­dias ber­lus­co­nisés, les gens ne sont pas dupes. Ils savent que les «pres­crip­tions» des élites de sa­brer dans le sec­teur pu­blic et de couper les im­pôts des riches se font contre eux. Il y a un at­ta­che­ment très fort aux va­leurs en partie hé­ri­tées de la révolution-pas-si-tranquille qu’on a des droits, et que ces droits in­cluent l’accès à la santé, l’éducation, l’emploi. Il faut se sou­venir de cela en or­ga­ni­sant la ré­sis­tance. Deuxiè­me­ment, il faut re­lancer la «guerre de po­si­tion» au ni­veau po­li­tique. La «brèche» créée par l’élection d’Amir Khadir doit être élargie. Pas parce que nous pen­sons que nous chan­ge­rons le monde en fai­sant élire 2 ou 4 dé­putés de Québec so­li­daire. Mais parce que nous avons be­soin d’un porte-parole de nos luttes au ni­veau par­le­men­taire et mé­dia­tique. Ce n’est pas Amir Khadir qui va ga­gner pour nous, c’est nous qui al­lons ga­gner pour lui.

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