Vers le Sommet populaire québécois contre la guerre et le militarisme

Mis en ligne le 15 février 2010

du 19 au 21 mars 2010

Le Col­lectif Échec à la guerre or­ga­nise un Sommet po­pu­laire contre la guerre et le mi­li­ta­risme, qui se tiendra à Mont­réal du 19 au 21 mars 2010, et convie les or­ga­nismes de la so­ciété ci­vile qué­bé­coise ainsi que tous les ci­toyens et toutes les ci­toyennes pré­oc­cupés par ces en­jeux à s’engager dès main­te­nant dans sa préparation.

Pour­quoi ce Sommet ?

En 2005, sans débat pu­blic, le nouvel Énoncé de po­li­tique in­ter­na­tio­nale du gou­ver­ne­ment li­béral mi­no­ri­taire de Paul Martin est venu of­fi­cia­liser le vi­rage mi­li­ta­riste de la po­li­tique étran­gère ca­na­dienne qui s’est de plus en plus ac­centué de­puis : rôle de combat des troupes ca­na­diennes dans le sud de l’Afghanistan, ac­crois­se­ment ver­ti­gi­neux des dé­penses mi­li­taires, cam­pagnes les plus im­por­tantes de re­la­tions pu­bliques et de re­cru­te­ment de l’armée ca­na­dienne de­puis la Deuxième Guerre mondiale…

Sous les deux gou­ver­ne­ments mi­no­ri­taires de Ste­phen Harper, cette ten­dance s’est pour­suivie et même ac­cé­lérée avec, entre autres dé­rives inquiétantes :

l’annonce de dé­penses mi­li­taires de 490 mil­liards de dol­lars pour les 20 pro­chaines années;

la ten­ta­tive de ca­cher la tor­ture in­fligée aux pri­son­niers afghans;

l’interdiction d’entrée au Ca­nada à des mi­li­tants et des mi­li­tantes anti-guerre no­toires tels le dé­puté bri­tan­nique George Gal­loway et l’ex-colonel à la re­traite de l’armée éta­su­nienne Ann Wright.

En jan­vier 2008, le Co­mité Manley – un groupe de soi-disant ex­perts choisis par Ste­phen Harper – re­com­man­dait au gou­ver­ne­ment de pour­suivre la par­ti­ci­pa­tion ca­na­dienne à la guerre en Af­gha­nistan à l’encontre de la vo­lonté de la ma­jo­rité de la po­pu­la­tion et ceci sans au­dience pu­blique. Puis, en mars 2008, c’est le Par­le­ment du Ca­nada qui fai­sait fi de la vo­lonté de la ma­jo­rité en vo­tant la pro­lon­ga­tion de l’intervention mi­li­taire ca­na­dienne jusqu’en juillet 2011. On constate donc non seule­ment que le gou­ver­ne­ment ignore la vo­lonté de la ma­jo­rité de la po­pu­la­tion mais aussi que cette vo­lonté est peu re­flétée même dans les prises de po­si­tion des partis d’opposition.

En juillet 2011, la guerre en Af­gha­nistan aura duré près de dix ans. Et, si la ten­dance ob­servée par l’ensemble des grands mé­dias « d’information » se main­tient, elle aura duré dix an­nées sans que la réa­lité de la guerre et ses consé­quences pour le peuple af­ghan (morts, blessés, viols, souf­frances et des­truc­tions) n’aient été un sujet d’information significatif.

Il est plus que temps que tout cela cesse ! Il est plus que temps que la dé­mo­cratie pré­vale : que la par­ti­ci­pa­tion ca­na­dienne à la guerre en Af­gha­nistan soit stoppée et qu’un vé­ri­table débat pu­blic s’engage sur la po­li­tique étran­gère du Ca­nada, sur le rôle de l’armée ca­na­dienne et sur les bud­gets qui lui sont alloués.

Les ob­jec­tifs du Sommet

La tenue du Sommet po­pu­laire contre la guerre et le mi­li­ta­risme s’inscrit dans le pro­lon­ge­ment du tra­vail ré­cent du Col­lectif Échec à la guerre pour faire en­tendre la voix de la ma­jo­rité op­posée à la guerre. Nous ré­fé­rons ici à la tenue, en fé­vrier 2008, des Au­diences po­pu­laires pour le re­trait des troupes ca­na­diennes de l’Afghanistan, où 35 or­ga­nismes sont venus pré­senter des mé­moires écrits, et à la pu­bli­ca­tion, en oc­tobre 2008, d’une lettre ou­verte à tous les can­di­dats et à toutes les can­di­dates aux élec­tions fé­dé­rales, in­ti­tulée Sur le re­trait des troupes ca­na­diennes de l’Afghanistan, la dé­mo­cratie c’est pour quand ?

Le Sommet vise à ren­forcer le mou­ve­ment qué­bé­cois d’opposition à la guerre et au mi­li­ta­risme en ce qui a trait à sa ré­flexion, à ses re­ven­di­ca­tions et à son unité d’action. Il s’agit d’une tâche ur­gente. Alors que la guerre d’occupation en Af­gha­nistan ren­contre de plus en plus de ré­sis­tance et qu’elle dé­borde main­te­nant sur le Pa­kistan, les voix fa­vo­rables à une pro­lon­ga­tion de l’intervention mi­li­taire du Ca­nada dans cette ré­gion ont déjà com­mencé à se faire entendre.

Dans ce contexte, la pé­riode de pré­pa­ra­tion au Sommet et le Sommet lui-même of­fri­ront un es­pace et des ou­tils pour dé­cons­truire da­van­tage le dis­cours des va-t-en-guerre. Le Col­lectif Échec à la guerre a déjà pro­duit une bro­chure en 18 ques­tions et ré­ponses qui de­meure un outil ef­fi­cace à cet égard : Le Ca­nada dans la guerre d’occupation en Af­gha­nistan. Mais bon nombre de Qué­bé­coises et de Qué­bé­cois, par ailleurs op­posés à la guerre en Af­gha­nistan, peuvent se sentir dé­pourvus face à cer­tains « ar­gu­ments » de la pro­pa­gande mi­li­ta­riste tels :

« c’est une mis­sion de l’ONU »

« il faut res­pecter nos en­ga­ge­ments face à l’OTAN »

« le re­trait im­mé­diat se­rait irresponsable ».

Contrer ces ar­gu­ments exige d’examiner plus à fond des su­jets im­por­tants sur les­quels les gens dis­posent gé­né­ra­le­ment de peu d’information : l’ONU, l’OTAN et les ques­tions de guerre et de paix à notre époque. La com­pré­hen­sion com­mune de ces grands en­jeux de­vient une né­ces­sité au sein du mou­ve­ment ci­toyen op­posé à la guerre s’il veut être en me­sure de contri­buer à trans­former le cou­rant d’opinion ma­jo­ri­taire contre la guerre en une force ca­pable d’obtenir le re­trait des troupes ca­na­diennes de l’Afghanistan et de re­mettre en ques­tion l’alignement de la po­li­tique étran­gère ca­na­dienne sur celle de l’empire étasunien.

Il va de soi que ces ob­jec­tifs n’ont rien de spé­ci­fique au contexte qué­bé­cois et le Col­lectif Échec à la guerre tra­vaillera étroi­te­ment avec l’Alliance ca­na­dienne pour la paix et ses groupes membres pour que des som­mets sem­blables se tiennent dans plu­sieurs autres villes du Canada.

La pré­pa­ra­tion du Sommet

En vue d’alimenter la dis­cus­sion d’ici le Sommet, le Co­mité de suivi du Col­lectif Échec à la guerre s’est déjà en­gagé dans la pro­duc­tion de plu­sieurs textes, qu’il rendra dis­po­nibles sur le site In­ternet et sous forme de fascicules.

Les prin­ci­paux su­jets traités seront :

L’OTAN, bras armé de l’empire éta­su­nien dans le monde

Le Conseil de sé­cu­rité de l’ONU et la mise à mal du droit international

Le vi­rage mi­li­ta­riste de la po­li­tique étran­gère ca­na­dienne, les dé­penses mi­li­taires et le com­merce des armes

Femmes et guerre : contre l’instrumentalisation des droits des femmes pour jus­ti­fier la guerre

Plu­sieurs autres do­cu­ments de sources di­verses se­ront éga­le­ment dis­po­nibles sur le site du Col­lectif afin d’alimenter la ré­flexion en pré­pa­ra­tion du Sommet.

Le projet de Dé­cla­ra­tion commune

Lors du Sommet, une dé­cla­ra­tion com­mune de notre mou­ve­ment pre­nant po­si­tion sur les en­jeux men­tionnés ci-haut, sera rendu pu­blique. L’objectif visé ici est que, d’ici au Sommet, ce projet de dé­cla­ra­tion soit dé­battu et en­dossé par le plus grand nombre d’organismes. Le projet de dé­cla­ra­tion of­frira donc un cadre bien concret pour le débat au sein des di­vers or­ga­nismes, ali­menté par les do­cu­ments de réflexion.

Et le Sommet, lui-même ?

Le Sommet aura lieu à Mont­réal, du 19 au 21 mars 2010. Il sera l’aboutissement de tout ce tra­vail de pré­pa­ra­tion, ainsi qu’un mo­ment pri­vi­légié d’information et de convergence.

Il est en­core trop tôt pour avoir une idée dé­fi­ni­tive de sa pro­gram­ma­tion, mais elle pour­rait com­porter les élé­ments suivants :

quelques grandes confé­rences sur des su­jets liés aux ques­tions déjà mentionnées

une as­sem­blée plé­nière où se­raient an­noncés tous les en­dos­se­ments à la dé­cla­ra­tion commune

des ac­ti­vités de ré­flexion ou d’organisation : ate­liers, confé­rences ou pa­nels sur des su­jets gé­né­raux tels :

si­gni­fi­ca­tion et im­por­tance d’une pers­pec­tive fé­mi­niste d’opposition à la guerre et au militarisme;

un pays sans armée, une alternative ?

si­gni­fi­ca­tion et im­por­tance d’une pers­pec­tive éco­lo­gique d’opposition à la guerre et au militarisme;

la lutte contre le re­cru­te­ment et la re­cherche mi­li­taires dans les mi­lieux d’éducation au Québec;

syn­di­cats, em­plois et in­dus­tries mi­li­taires : la ques­tion de la reconversion

Une pro­gram­ma­tion plus pré­cise sera rendue pu­blique au mois de dé­cembre 2009.

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