García Linera : La Bolivie abandonne l’État d’apparence et se dirige vers l’État intégral, à l’horizon socialiste

Mis en ligne le 26 janvier 2010

Le vice pré­sident Álvaro García Li­nera a af­firmé que le se­cond mandat du pré­sident Evo Mo­rales qui dé­bute ce ven­dredi et se ter­mi­nera en 2015 marque la fin de l’État ap­pa­rent pour laisser place à l’État in­té­gral, à l’horizon socialiste.

« Notre mo­der­nité éta­tique, celle que nous al­lons construire et que nous sommes déjà en train de construire avec le lea­der­ship po­pu­laire est très dis­tinct de la mo­der­nité ca­pi­ta­liste et il faut lui donner un nom. Notre ho­rizon éta­tique est une ho­rizon so­cia­liste » a-t-il as­suré lors de l’acte d’investiture du se­cond mandat du Pré­sident indigène.

Dans un dis­cours ma­gis­tral, García Li­nera, a cité le plus grand pen­seur mar­xiste bo­li­vien du XXe siècle, René Za­ba­leta Mer­cado ainsi que le phi­lo­sophe mar­xiste An­tonio Gramsci pour jus­ti­fier le chan­ge­ment trans­cen­dantal qui, selon lui, constitue le point de ba­lan­ce­ment, entre un avant et un après, entre l’État co­lo­nial et le nouvel État Plurinational.

Li­nera a sou­ligné que Za­ba­leta a touché avec sa pensée une ma­nière no­va­trice de com­prendre la Bo­livie : l’État ap­pa­rent est un État illu­soire, qui ne peut se ré­sumer ni se syn­thé­tiser, ne peut ras­sem­bler l’ensemble de la po­pu­la­tion, sinon un petit groupe de pri­vi­lé­giés de la so­ciété. C’est cet État qui ne peut ar­river à ar­ti­culer la ter­ri­to­ria­lité, les ré­gions et qui ne re­pré­sente et unifie que des pe­tits groupes isolés, frag­mentés, du ter­ri­toire, de la patrie.

« L’État ap­pa­rent était éga­le­ment pour Za­ba­leta cet État qui ne peut in­té­grer les modes de vie, la culture et les formes d’organisation po­li­tique de la société ».

Cet État par­tiel et par­tial laisse donc de côté, à la marge les autres sec­teurs so­ciaux, les autres ter­ri­toires, les autres ré­gions et les autres formes d’action politique.

García Li­nera a as­suré que du­rant la pé­riode s’étendant de 1825 à 2005, la Bo­livie était un État ap­pa­rent, car « il ex­cluait avant tout la ma­jo­rité in­di­gène » rap­pe­lant que la Bo­livie est un pays où la po­pu­la­tion in­di­gène est ma­jo­ri­taire et cet état de fait de­meu­rera pour en­core de nom­breuses années.

« Cette ma­jo­rité in­di­gène n’a pas été in­té­grée, sa culture niée, dans es héros, ses tra­di­tions, ses modes d’action po­li­tiques, sa pré­sence et sa ci­toyen­neté. La ci­toyen­neté qu’à ins­tauré la Ré­pu­lique Li­bé­rale a été la ci­toyen­neté de caste, de renom et cen­si­taire » a-t-il sou­ligné qua­li­fiant cette ac­tion comme la pre­mière faille « tec­to­nique » de l’État.

Ac­tion qui, a-t-il cer­tifié, a per­foré la struc­ture de la Ré­pu­blique Li­bé­rale de­puis sa nais­sance dans un ré­gime que l’on nomme com­mu­né­ment « co­lo­nia­lisme et ra­cisme, qui a ca­rac­té­risé l’État de­puis 1825 à 2005, année de l’investiture du pre­mier man­da­taire du pré­sident Morales.

Dans ce contexte per­ni­cieux, Li­nera a dé­claré que la Bo­livie doit s’orienter vers un État in­té­gral, que le phi­lo­sophe mar­xiste Gramsi dé­finit comme l’État dans le­quel il y a une cor­res­pon­dance entre la so­ciété ci­vile, les ci­toyens, les ré­gions, les tra­vailleurs, les classe so­ciales et la re­pré­sen­ta­tion po­li­tique étatique.

« C’est cet ap­pa­reil gou­ver­ne­mental qui unit et syn­thé­tise tous les sec­teurs so­ciaux, les classes au groupe na­tional, ré­gional, aux col­lec­ti­vités et à l’État in­té­gral, en­tier, qui est celui où le lea­der­ship est moral, in­tel­lec­tuel et po­li­tique, per­met­tant l’union de tous. »

Dans ce sens, Li­nera a dé­claré que la Bo­livie était sur le point de vivre un nou­veau destin, un nouvel État, qui ne sera plus co­lo­nial, car il ga­rantit l’égalité, qui ne sera plus pa­tri­mo­nial car il dis­tribue les ri­chesses, qi ne sera plus cen­tra­lisé, car il ga­rantit l’autonomie et qui enfin ne sera plus un État men­diant car il ga­rantit la sou­ve­rai­neté matérielle.

« En Bo­livie, cette har­monie entre so­ciété et État, la dé­co­lo­ni­sa­tion, dé-patrimoniale, n’est pas en­core ef­fec­tuée. Cela était im­pos­sible pour les vieilles classes do­mi­nante, car elles vi­vaient de ce même co­lo­nia­lisme et pa­tri­mo­nia­lisme. Ce sont les classes po­pu­laires qui ont dû le faire, les mou­ve­ments in­di­gènes, et cela n’est pas rien car cela change la na­ture même de l’Etat ».

Le vice-président a éga­le­ment sou­tenu que la conso­li­da­tion de l’État in­té­gral mè­nera né­ces­sai­re­ment à un État so­cia­liste. Pour Li­nera, le so­cia­lisme est le bien –être, « c’est mettre en commun la ri­chesse, c’est seule­ment faire ce qu’ont faits nos an­cêtres iid­gènes mais à une échelle plus im­por­tante, avec les tech­no­lo­gies et la mo­der­nité productive »

Le vice-président a re­connu que ce pro­cessus ne sera pas fa­cile et prendra sû­re­ment des dé­cen­nies : « peut être des siècles, mais il est clair que les mou­ve­ments so­ciaux ne peuvent ar­river au pou­voir sans s’inscrire dans un ho­rizon so­cia­liste et com­mu­nau­taire pour être construit avec la vo­lonté de l’ensemble du peuple, avec pour bases le bien-être et le bien-vivre ».

Rubén Sandi

Source : Agence Bo­li­vienne d’Information

http://www.larevolucionvive.org.ve/…

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