Québec solidaire et les peuples amérindiens

Par Mis en ligne le 23 novembre 2009

a) Les dix peuples amé­rin­diens et le peuple inuit qui ha­bitent aussi le ter­ri­toire du Québec n’ont ja­mais re­noncé à leur sou­ve­rai­neté, ni par traité ni au­tre­ment. Ils s’affirment donc tou­jours comme des peuples sou­ve­rains. Au fil des ans et des crises, l’Assemblée na­tio­nale du Québec a dû les re­con­naître comme na­tions. Plu­sieurs d’entre eux oc­cupent de vastes ter­ri­toires sur les­quels les non-autochtones sont très peu pré­sents. Tou­te­fois, la ma­jo­rité des Au­toch­tones ha­bitent aujourd’hui en ter­ri­toire ur­bain, prin­ci­pa­le­ment à Montréal.

b) Pour l’ensemble des peuples au­toch­tones, leur sou­ve­rai­neté si­gnifie qu’ils ont le libre choix de leur avenir et qu’il s’agit là d’un droit in­hé­rent. Il nous faut re­con­naître cette réa­lité et éviter d’avoir une po­li­tique de « deux poids, deux me­sures ». Le peuple qué­bé­cois ne peut re­fuser aux autres peuples ce qu’il re­ven­dique pour lui-même. Si son exis­tence même, comme peuple, lui confère le plein droit à l’autodétermination, la même chose de­vrait s’appliquer dans le cas des peuples au­toch­tones. Il ne s’agit pas là d’une ques­tion de nombre, mais de droit fondamental.

c) Le droit à l’autodétermination des peuples au­toch­tones peut s’exercer de di­verses fa­çons : l’autonomie gou­ver­ne­men­tale en re­pré­sente une ; l’indépendance aussi, bien qu’aucun des peuples au­toch­tones ne porte pré­sen­te­ment de projet à cet effet. Des re­la­tions éga­li­taires avec les peuples au­toch­tones n’en né­ces­sitent pas moins le rem­pla­ce­ment de l’a priori de « l’intégrité ter­ri­to­riale » du Québec par une tout autre no­tion, celle de la né­ces­saire co­ha­bi­ta­tion sur un même ter­ri­toire de peuples sou­ve­rains pou­vant dis­poser li­bre­ment de leur avenir. Cette po­si­tion de­vrait per­mettre des re­la­tions plus har­mo­nieuses, puisque basée sur le res­pect et la confiance mu­tuelle. Une telle re­con­nais­sance devra évi­dem­ment avoir des ré­per­cus­sions bien concrètes, ter­ri­to­riales et autres, per­met­tant de ré­parer les in­jus­tices dont sont tou­jours vic­times les peuples au­toch­tones et as­su­rant leur plein dé­ve­lop­pe­ment so­cial, culturel, éco­no­mique et po­li­tique. Les né­go­cia­tions à cet effet de­vraient se faire dans le res­pect de chacun et de cha­cune, y com­pris des po­pu­la­tions non au­toch­tones ha­bi­tant sur les ter­ri­toires concernés. En ce sens, la lutte contre le ra­cisme dont sont vic­times les au­toch­tones de­meure un des en­jeux clés d’une réelle re­con­nais­sance de leurs droits.

d) La vi­sion éco­lo­gique que porte Québec so­li­daire, devra co­lorer toute né­go­cia­tion fu­ture. Les dis­cus­sions ne se­ront as­su­ré­ment pas les mêmes si l’occupation d’un ter­ri­toire est consi­dérée comme une res­pon­sa­bi­lité que nous de­vons par­tager, au­toch­tones comme non au­toch­tones, plutôt que comme une façon d’exploiter et de mar­chander des res­sources jusqu’à leur épui­se­ment comme le per­mettent de nom­breux États et comme le font plu­sieurs entreprises.

Ré­so­lu­tion adoptée au 5e congrès, 22 novembre

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