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Publications et événements

Nouveaux Cahiers du socia­lisme

Numéro 16

L’accès à la justice, quelle Justice ?

 

En mémoire du cama­rade François Cyr (1952-2012), avocat, chargé de cours uni­ver­si­taire, pro­fes­seur de cégep, mili­tant poli­ti­que et syn­di­cal et membre du Collectif d’analyse poli­ti­que, édi­teur des Nouveaux Cahiers du socia­lisme. François avait pour projet de pro­duire un dos­sier sur la jus­tice au sein des NCS pour dénon­cer la dété­rio­ra­tion des droits des tra­vailleurs et des tra­vailleu­ses au cours des der­niè­res décen­nies et le rôle com­plice – inhé­rent pour lui – du pou­voir judi­ciaire dans ce pro­ces­sus.

Afin d’amorcer la réflexion sur l’accès à la jus­tice, le Comité sur l’accès à la jus­tice de l’Association des juris­tes pro­gres­sis­tes a dans un pre­mier temps orga­nisé un col­lo­que d’une jour­née, le 7 novem­bre 2015 à l’UQAM, auquel ont par­ti­cipé 130 per­son­nes de dif­fé­rents milieux sociaux. Les Nouveaux Cahiers du socia­lisme ont géné­reu­se­ment accepté de publier les actes du col­lo­que, tout en nous offrant d’enrichir les thèmes abor­dés. Le Comité pour­sui­vra cette réflexion lors du Forum social mon­dial du mois d’août pro­chain à Montréal où l’un des ate­liers por­tera sur le thème de « La jus­tice, l’État et la démo­cra­tie ».

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Articles récents

Appel de Porto Alegre pour la solidarité mondiale des peuples
22 janvier 2017
Conjonctures et actualités

Nous, mem­bres du Conseil inter­na­tio­nal du FSM, réunis à Porto Alegre à l’occasion du Forum social des résis­tan­ces, affir­mons notre soli­da­rité avec les mil­lions de per­son­nes qui ont répondu, à Washington et dans plus 600 villes du monde, à l’appel de la marche des femmes contre Trump et le trum­pisme.

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Article 2
Octobre 1917 à l’épreuve de l’histoire
1917-2017 Centième anniversaire de la révolution soviétique en Russie
18 janvier 2017
Conjonctures et actualités

 


2017 marque le cen­tième anni­ver­saire de la révo­lu­tion sovié­ti­que en Russie. Pendant plu­sieurs années et notam­ment pen­dant la longue période durant laquelle a dominé la « pensée unique » néo­li­bé­rale et conser­va­trice, cet évè­ne­ment mar­quant dans l’histoire a été « évacué » des débats et même de l’enseignement de l’histoire. Parallèlement, selon les intel­lec­tuels de ser­vice de ce grand virage, la révo­lu­tion sovié­ti­que est deve­nue le point de départ du « tota­li­ta­risme », d‘une « guerre des civi­li­sa­tions » entre l’« Occident » moderne et les peu­ples « bar­ba­res ». Depuis, la situa­tion a quel­que peu changé. Devant l’impulsion des grands mou­ve­ments popu­lai­res des 15 der­niè­res années, la flamme de l’émancipation renaît. Et aussi, de plus en plus, on regarde der­rière avec un autre œil : qu’est-ce qui s’est réel­le­ment passé en 1917 ? Pourquoi cette révo­lu­tion qui a « ébranlé le monde », selon l’expression consa­crée de John Reed, s’est trans­for­mée ? Quelles sont les leçons qui s’en déga­gent ? Qu’est-ce qu’en ont dit les prin­ci­paux pro­ta­go­nis­tes ?


 

La révo­lu­tion d’Octobre a pro­fon­dé­ment marqué l’histoire du XXe siècle (1). Elle a sus­cité de nom­breu­ses polé­mi­ques, des jus­ti­fi­ca­tions et des pro­cla­ma­tions idéo­lo­gi­ques, des images d’Épinal et des condam­na­tions sans appel qui se confon­dent, pour de nom­breux obser­va­teurs, avec la réa­lité. La per­pé­tua­tion de ces repré­sen­ta­tions ancrées dans l’événement fon­da­teur que fut la prise du Palais d’hiver contri­bue à mas­quer, dans l’esprit de beau­coup, la réa­lité. Ainsi, en 1917, ce qui pré­do­mi­nait était le bou­le­ver­se­ment géné­ral (armée, police, appa­reil d’État, milieux éco­no­mi­ques, opi­nions et per­cep­tion de la vie poli­ti­que) et un chaos qui allait pro­fon­dé­ment peser sur les choix des bol­che­viks. À plu­sieurs repri­ses d’ailleurs, ce qui se joue sur la scène sovié­ti­que n’a pas de rap­port avec le décor et les dis­cours. Conséquence : une his­toire pleine de sur­pri­ses car elle a pour cadre un espace por­teur de crises, où les fac­teurs de décom­po­si­tion ont agi avec une vio­lence par­ti­cu­lière et où les fac­teurs de recom­po­si­tion ont pris des formes sur­pre­nan­tes. Tout sys­tème, pré­sent ou passé, doit être ana­lysé du point de vue de ses forces vives, de sa capa­cité ou non à se réfor­mer, et donc à trou­ver une nou­velle vita­lité en aban­don­nant une orien­ta­tion dan­ge­reuse. Les idéo­lo­gies sont sou­vent aveu­glan­tes, car elles pra­ti­quent l’autocélébration : elles amè­nent les êtres humains à oublier que le régime sous lequel ils vivent et qu’ils consi­dè­rent comme plus sou­hai­ta­ble a com­mencé à fonc­tion­ner selon d’autres règles, sous l’action de fac­teurs éco­no­mi­ques et sociaux dis­sol­vants, capa­bles de le vider de sa sub­stance et de n’en lais­ser sub­sis­ter que les appa­ren­ces. Une telle situa­tion peut être com­pa­rée à un théâ­tre où le décor et l’action n’ont rien à voir. Le décor est celui d’une autre pièce, appar­te­nant à une autre époque ; quant à l’action qui se joue, elle mène tout à fait ailleurs.

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Retour en force de la droite et questions pour la gauche !
13 janvier 2017
Conjonctures et actualités

Un peu par­tout en Amérique latine, les gou­ver­ne­ments de gauche élus au cours de la der­nière décen­nie sont en dif­fi­culté, devant une droite qui s’organise. Comment com­pren­dre ce retour en force dans plu­sieurs pays ?

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Éloge de la manifestation
12 janvier 2017
Conjonctures et actualités

Romancier et cri­ti­que d’art mar­xiste, John Berger est mort tout récem­ment. Ce texte est paru ini­tia­le­ment, en anglais, dans New Society le 23 mai 1968. Il a été repro­duit sur le site de la revue Contre-Temps. La tra­duc­tion est de Sylvestre Jaffard

Il y a 70 ans (le 6 mai 1898) des tra­vailleurs, hommes et femmes, ont mani­festé en masse dans le centre de Milan. Il serait trop long de rela­ter ici les évé­ne­ments qui les y avaient menés. La mani­fes­ta­tion fut atta­quée et dis­per­sée par l’armée com­man­dée par le géné­ral Beccaris. À midi, la cava­le­rie char­gea dans la foule ; les ouvriers sans armes essayè­rent de construire des bar­ri­ca­des ; la loi mar­tiale fut décla­rée et, pen­dant trois jours, l’armée com­bat­tit des gens désar­més. Les chif­fres offi­ciels des vic­ti­mes indi­què­rent que 100 ouvriers avaient été tués et 450 bles­sés. Un poli­cier avait été tué acci­den­tel­le­ment par un soldat. Il n’y avait pas de vic­ti­mes parmi les mili­tai­res. (Deux ans plus tard Umberto Ier fut assas­siné parce qu’il avait féli­cité publi­que­ment le géné­ral Beccaris, le « bou­cher de Milan », après le mas­sa­cre). J’ai essayé de com­pren­dre cer­tains aspects de la mani­fes­ta­tion du Corso Venezia du 6 mai, pour une nou­velle que je suis en train d’écrire. Ce fai­sant, je suis par­venu à cer­tai­nes conclu­sions à propos des mani­fes­ta­tions qui sont peut-être sus­cep­ti­bles de s’appliquer de façon plus géné­rale.

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Article 1
Relire la révolution russe
1917-2017 : Centième anniversaire de la révolution soviétique en Russie
11 janvier 2017
Conjonctures et actualités

2017 marque le cen­tième anni­ver­saire de la révo­lu­tion sovié­ti­que en Russie. Pendant plu­sieurs années et notam­ment pen­dant la longue période durant laquelle a dominé la « pensée unique » néo­li­bé­rale et conser­va­trice, cet évè­ne­ment mar­quant dans l’histoire a été « évacué » des débats et même de l’enseignement de l’histoire. Parallèlement, selon les intel­lec­tuels de ser­vice de ce grand virage, la révo­lu­tion sovié­ti­que est deve­nue le point de départ du « tota­li­ta­risme », d‘une « guerre des civi­li­sa­tions » entre l’« Occident » moderne et les peu­ples « bar­ba­res ». Depuis, la situa­tion a quel­que peu changé. Devant l’impulsion des grands mou­ve­ments popu­lai­res des 15 der­niè­res années, la flamme de l’émancipation renaît. Et aussi, de plus en plus, on regarde der­rière avec un autre œil : qu’est-ce qui s’est réel­le­ment passé en 1917 ? Pourquoi cette révo­lu­tion qui a « ébranlé le monde », selon l’expression consa­crée de John Reed, s’est trans­for­mée ? Quelles sont les leçons qui s’en déga­gent ? Qu’est-ce qu’en ont dit les prin­ci­paux pro­ta­go­nis­tes ?


 

En 1917, les gran­des puis­san­ces se dres­sent les unes contre les autres dans une foire d’empoigne inter impé­ria­liste. Dans les tran­chées, c’est une véri­ta­ble bou­che­rie où cou­lent des flots de sang pro­lé­taire et popu­laire écla­bous­sant un corps social pour­ris­sant. Pourtant pres­que par­tout, l’opinion popu­laire est pro guerre, empor­tée par une fer­veur natio­na­liste mani­pu­lée par la droite et l’extrême droit. Pire encore, ce patrio­tisme mal placé est endossé par les prin­ci­paux mou­ve­ments socia­lis­tes. Certes, il y a des excep­tions : ici et là, des mou­ve­ments, des intel­lec­tuels, quel­ques partis de gauche, rechi­gnent, mais sans grand impact. Sauf en Russie.

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L'entente de Vancouver acceptée par les provinces :
Qu’arrivera-t-il au Régime de rentes du Québec?
L’Organisation des retraité-es de l’entretien du transport de Montréal

Depuis de très nom­breu­ses années, le mou­ve­ment syn­di­cal, des asso­cia­tions de per­son­nes âgées et de retrai­tés, des regrou­pe­ments de femmes se sont coa­li­sés pour récla­mer auprès des gou­ver­ne­ments des amé­lio­ra­tions au régime de pen­sion du Canada (RPC) et à son équi­va­lent ici au Québec, le régime de rentes du Québec (RRQ). Faut savoir que ces deux régi­mes mis en place au milieu des années 60 ver­sent des pres­ta­tions (pen­sions) équi­va­len­tes à envi­ron 25% des reve­nus sur les­quels des coti­sa­tions ont été ver­sées. Bien que les béné­fi­ces du RPC (régime de pen­sion du Canada) et de la RRQ soient assez simi­lai­res, les coti­sa­tions à la RRQ sont un peu plus éle­vées. Le RPC n’est pas le régime de pen­sion de la sécu­rité de vieillesse, mais bien l’équivalent du Régime de rentes du Québec (RRQ) dans les autres pro­vin­ces au Canada.

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Réforme du mode de scrutin
Trudeau est-il en train de paver la voie au vote préférentiel ?
19 décembre 2016
Conjonctures et actualités

Lors de l’entrevue qu’il accor­dée à Radio-Canada récem­ment le pre­mier minis­tre Justin Trudeau a réitéré l’engagement que son gou­ver­ne­ment ferait adop­ter une réforme du mode de scru­tin à temps pour la tenue des élec­tions de 2019 comme le Parti libé­ral l’avait promis lors de la der­nière cam­pa­gne élec­to­rale. Le chef du gou­ver­ne­ment contre­dit ainsi des décla­ra­tions que lui même, ainsi que la minis­tre de la réforme élec­to­rale, Maryam Monsef, avaient faites il y a quel­ques semai­nes.

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Entretien avec Gilbert Achcar (1)
Les dessous de la crise en Syrie
Propos recueillis par Pierre Beaudet (2)
18 décembre 2016
Conjonctures et actualités

 

PB – La crise en Syrie a éclaté au moment où au Moyen-Orient et en Afrique du Nord sur­gis­sait le « prin­temps arabe ». Il y avait un fond commun de reven­di­ca­tions démo­cra­ti­ques, ainsi que des mou­ve­ments popu­lai­res rela­ti­ve­ment spon­ta­nés, non vio­lents. En quoi la situa­tion en Syrie s’est-elle déve­lop­pée d’une manière spé­ci­fi­que ?

GA – Le sou­lè­ve­ment syrien de 2011 s’inscrit plei­ne­ment dans ce qui a été appelé le prin­temps arabe. Il n’en dif­fère en rien du point de vue de ses raci­nes pro­fon­des, socia­les, éco­no­mi­ques et poli­ti­ques. Comme l’ensemble des pays de la région, la Syrie est un pays qui a connu une aggra­va­tion des condi­tions éco­no­mi­ques au cours de la der­nière décen­nie, très mar­quée, notam­ment dans les zones rura­les. Parallèlement, dans les villes, le chô­mage a for­te­ment aug­menté, consé­quence d’un phé­no­mène de dés­in­dus­tria­li­sa­tion. Entre-temps, les mesu­res néo­li­bé­ra­les dans le domaine de l’économie ont pro­vo­qué une énorme concen­tra­tion de la richesse dans la famille régnante. Le cousin du pré­si­dent actuel est l’homme le plus riche de la Syrie et contrôle une partie majeure de l’économie syrienne.

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Il serait pourtant plus facile d’instaurer un scrutin proportionnel que de négocier des accords de libre-échange
12 décembre 2016
Conjonctures et actualités

Comme il fal­lait s’y atten­dre le gou­ver­ne­ment Trudeau ne rem­plira pas l’engagement de réfor­mer le mode de scru­tin pour les pro­chai­nes élec­tions qui a été un des prin­ci­paux élé­ments de la pla­te­forme de son parti lors de la cam­pa­gne élec­to­rale de 2015. Le pre­mier minis­tre l’avait lui-même laissé enten­dre au Devoir il y a quel­ques semai­nes et la minis­tre Maryam Monsef, res­pon­sa­ble de la réforme élec­to­rale, l’a confirmé il y a quel­ques jours au moment du dépôt de son rap­port par le comité par­le­men­taire mul­ti­par­tite mis sur pied afin de consul­ter la popu­la­tion au sujet de la réforme élec­to­rale.

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Pourquoi Cuba est-elle devenue un problème difficile pour la gauche ?
30 novembre 2016
Conjonctures et actualités

Boaventura de Sousa SantosCette ques­tion peut paraî­tre étrange, et cer­tains diront que la for­mu­la­tion inverse serait peut-être plus exacte : pour­quoi la gauche est-elle deve­nue un pro­blème dif­fi­cile pour Cuba ? Au cours du XXe siècle, en effet, la révo­lu­tion cubaine a occupé une place incon­tour­na­ble au sein de la pensée et de la pra­ti­que de la gauche. Cela semble d’autant plus vrai que l’on porte moins le regard sur la société cubaine, en elle-même, et plus sur la contri­bu­tion de Cuba en matière de liens entre les peu­ples, tel­le­ment les actes de soli­da­rité inter­na­tio­na­liste posés par la révo­lu­tion cubaine au cours des 50 der­niè­res années ont été nom­breux. On peut dire que l’Europe et l’Amérique du Nord ne seraient pro­ba­ble­ment pas autre chose que ce qu’elles sont sans la révo­lu­tion cubaine. Mais il n’en a pas été ainsi dans le cas de l’Amérique latine, de l’Afrique et de l’Asie, c’est-à-dire dans les régions de la pla­nète où vit 85% de la popu­la­tion mon­diale. Au cours des cinq der­niè­res décen­nies, la soli­da­rité inter­na­tio­na­liste four­nie par Cuba a porté sur les domai­nes les plus divers, entre autres, sur les domai­nes poli­ti­que, mili­taire, social et huma­ni­taire.

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